Elles sont dix-huit à avoir rejoint le pays hôte du Mondial lundi. Seize d’entre-elles débuteront la compétition samedi face à la République démocratique du Congo samedi (17 heures). Qui sont les Femmes de Défis de l’ère Alain Portes et dans quelles dispositions se trouvent-elles ? Portraits instantanés et commentés par le sélectionneur français.

Amandine Leynaud – n°12 – Gardienne de but
?Revenue aux affaires au crépuscule du printemps après une grave blessure au genou, la gardienne des Bleues et du club macédonien du Vardar a retrouvé son niveau de jeu. Si elle confesse qu’elle n’est pas encore à l’apogée de son art, c’est au terme d’une préparation étincelante qu’elle va disputer ses quatrièmes championnats du Monde. « Elle a le calme de la fille sûre d’elle, note Alain Portes. Elle peut faire gagner l’équipe. J’attends d’elle qu’elle fasse douter l’adversaire. Qu’elle rassure par sa sérénité.« ??

Cléopâtre Darleux – n°16 – Gardienne de but
?Depuis les championnats d?Europe de 2008 en Macédoine, elle forme avec Amandine Leynaud la paire de gardiennes françaises des championnats internationaux. Expatriée au Danemark, à Viborg, depuis 2012, l’ex-Brestoise dispose de qualités indéniables et d’une constance à toute épreuve. « Dans un style différent de celui d’Amandine, elle a elle aussi le niveau international. Elle me fait penser à Joanne Dudziak, championne du Monde en 2003. C’est une fille sur qui on peut compter. Qui offre beaucoup de garanties et qui est très intelligente. La paire qu’elle forme avec Amandine m’offre de n’avoir aucune inquiétude sur le poste.« ??

Amélie Goudjo- n°2 – Pivot
?Absente dans les rangs tricolores depuis les JO de 2012 à Londres, Amélie effectue son retour en bleu. Impressionnante d’efficacité au tournoi Razel-Bec Paris Ile-de-France où elle s’est imposée comme patronne de la défense, la doyenne des Femmes de Défis devrait nourrir les Françaises de sa riche expérience. « Elle peut être tantôt sûre d’elle, tantôt envahie par le doute. Mais c’est une joueuse posée, qui connait sa valeur. »??

Nina Kanto – n°4 – Pivot
Pensionnaire de Metz depuis plus de 10 ans, Nina continue son parcours au sein des Femmes de Défis avec bientôt 200 sélections. Cadre indiscutable, c’est la guerrière par excellence, toujours prête à offrir son corps à la patrie. « Une grande, grande joueuse ! Elle est complête, dure au mal. C’est le leader par excellence. Elle ne fait pas cette carrière par hasard. »??

Julie Goïorani – n°19 – Pivot?
Elue meilleure pivot de D1 en 2012 à 24 ans, Julie Goïorani représente la relève des pivots. A Toulon Saint-Cyr Var HB depuis 2012, la Nîmoise va vivre ses premiers championnats du Monde avec les Bleues. « Elle est de chez moi ! Son accent me fait sourire. Elle a encore une grosse marge de progression mais c’est une fille très positive qui a déjà beaucoup progressé. »??

Siraba Dembélé – n°17 – Ailière
?Siraba Dembélé, c’est l’exemplarité incarnée. Un diamant poli, pétillant. Partie à l’étranger en 2012, elle a depuis découvert d’autres cultures : celle du Danemark et depuis septembre, de la République de Macédoine. Des richesses qui nourrissent un peu plus une jeune femme épanouie. Et c’est dans une forme olympique qu’elle va débuter la compétition. »Siraba? Ma capitaine ! Je me permets de tenir ses propos parce que je l’ai choisie pour le rôle. Et, en plus de le tenir à la perfection, elle prend une vraie dimension internationale. C’est une très grande joueuse. »??

Paule Baudouin – n°9 – Ailière
?En équipe de France depuis 2004, Paule Baudouin forme avec Siraba Dembélé l?un des duos d?ailières gauches les plus performants au monde. A elles deux, elles comptabilisent plus de 1000 buts avec les Bleues. La joueuse de Metz, meilleure buteuse de la LFH en 2012-2013, apportera cette année encore sa combativité et son efficacité sur les jets de sept mètres. « Elle a beaucoup de talents et transmet énormément d’enthousiasme. C’est comme sur le poste de gardienne, à l’aile gauche, on est plutôt vernis ! Je suis parfois embêté de ne pas pouvoir mettre Paule et Siraba en même temps sur le terrain !« ??

Audrey Deroin – n°18 – Ailière
?Ailière droite de Toulon Saint-Cyr depuis 2010, « Darwin » a fêté au Tournoi Razel-Bec IDF sa 100ème sélection avec les Bleues le week-end dernier. La gauchère arrive en forme sur le Mondial et formera avec l’expérimentée Maakan Tounkara, un binôme solide. « Elle est très attachante et? toujours en activité ! Très curieuse. C’est une qualité, même si parfois ce tempérament l’empêche d’être suffisamment posée.« 

??Maakan Tounkara – n°11 – Ailière
?La joueuse du Fleury Loiret HB, absente en compétition internationale depuis juin 2009, aura sûrement à c?ur de montrer ses qualités. De retour dans l?équipe d?Alain Portes, Maakan apportera aux Femmes de Défis sa vivacité et son impact sur les montées de balles. « C’est une femme adulte. Qui savoure ce qu’elle vit mais qui veut être performante et qui ne veut pas se contenter d’être là. »??

Mariama Signaté – n°24 – Arrière
?Handballeuse depuis l?âge de 5 ans, « Maya » impressionne par ses qualités physiques et sa force de frappe. A Issy Paris HB, elle fait un très bon début de saison mais va débuter le Mondial alors qu’elle revient tout juste d’une période de convalescence. « Elle est logiquement pleine de doutes car de retour de blessure. C’est une joueuse atypique et exceptionnelle. J’espère qu’elle va se rassurer et nous apporter beaucoup. »??

Grâce Zaadi – n°10 – Arrière
?A seulement 20 ans et une petite poignée de sélections, Grâce montre déjà l?étendue de son talent avec Metz et avec les Bleues. Généreuse dans l?effort et dans l?impact physique, elle dispose également d?une très bonne vision du jeu. Bref, une demi-centre dans les règles de l?art.? « Je pourrais dire que c’est la joueuse de demain mais elle est déjà très performante aujourd’hui. Elle est pétrie de talent et dispose d’une marge de progression énorme. Et puis, c’est une fille très agréable à vivre. »

??Allison Pineau – n°7 – Arrière
?Elue meilleure demi-centre des deux derniers mondiaux, et meilleure joueuse du monde en 2009, « Bingo » est la dépositaire du jeu français. Elle est souvent là pour tenir les matchs dans les temps faibles et les moments difficiles, comme demi-centre ou arrière. Recrutée au Vardar Skopje avec Amandine Leynaud et Siraba Dembélé pour former une « dream-team » en vue de la Ligue des champions, elle se présente pour ses quatrièmes Mondiaux avec les Bleues dans des conditions particulières. Blessée à la cheville en octobre, elle se remet juste et aura sans doute besoin d’un peu de temps pour exprimer tout son talent. « C’est la joueuse française que tout le monde met en avant à justes raisons. Un peu entamée par sa blessure d’octobre, elle a pourtant une vraie confiance en elle et a bien l’intention de tout mettre en oeuvre pour revenir au top rapidement. »

??Alexandra Lacrabère – n°64 – Arrière
?Prenant son rôle d?arrière droite au sérieux, Alexandra est une joueuse polyvalente. Buteuse, penseuse? Après un premier tiers de saison exceptionnel, Alexandra arrive en Serbie beaucoup plus en forme qu’il y a un an. « Elle est très douée. Connaît très bien le handball et elle est belle à regarder jouer ! En plus d’être efficace. »??

Gnonsiane Niombla – n°29 – Arrière
?Femme de défis seulement depuis mars 2013, elle est capable de marquer sans l?aide de personne grâce à un double-appui destructeur. L?arrière gauche et demi-centre du Fleury Loiret Handball vivra sa première compétition internationale, mais sera un atout majeur pour l?équipe. « Le mot qui me vient c’est explosive. Douce en apparence mais qui aime le contact et le combat. Elle aussi, comme Grâce (Zaadi), tellement curieuse qu’elle va progresser très vite et devenir un leader de l’équipe. »

??Alice Lévêque – n°14 – Arrière
?Sélectionnée par intermittence chez les Bleues, Alice a fait une entrée remarquée au tournoi Razel-Bec Paris Ile-de-France, notamment en défense où elle s?est avérée intraitable. En forme avec son nouveau club de l?Union Mios Biganos-Bègles, elle aura sans doute l?occasion de prouver son talent dans ce Mondial. « Quand elle était jeune, on disait qu’elle serait la future star du handball féminin français. C’était sans doute beaucoup de pression. Maintenant qu’elle a terminé ses études et entamé une nouvelle aventure dans un nouveau club, ça a peut-être créé un déclic. Elle a encore des lacunes mais surtout de grandes qualités. A court terme, si on parvient à masquer les lacunes, elle pourrait faire un très bon Mondial. »??

Koumba Cissé – n°6 – Arrière?
La toute dernière arrivée avec les Femmes de Défis est capable de jouer arrière droite ou ailière. Souvent présentée comme un « diamant à polir », elle dispose de qualités physiques indéniables qu?elle met au service de son club de Fleury Loiret Handball. « Elle était un peu surprise d’être là, conviée au championnat du Monde. Mais c’est un véritable potentiel physique et elle dispose de qualités nécessaires pour être une bonne joueuse de niveau international. Passeuse, défenseur, buveuse : elle est complète. Et contrairement à ce qu’elle croit, son petit gabarit n’est pas un handicap. Je crois même que c’est une arme. »?

?Dounia Abdourahim – n°20 – Arrière
?De la même génération que Grâce Zaadi avec qui elle est très copine, Dounia a très vite pris ses repères au sein de la maison bleue. Joueuse polyvalente, elle ne figure pas, pour le moment, sur la liste des 16 qui disputera le premier tour. Mais l’occasion est belle pour elle de vivre l’aventure de l’intérieur et d’emmagasiner de l’expérience. ? »Elle bluffe tout le monde. Physiquement, elle a l’air un peu frêle, mais est capable de faire beaucoup de choses et se montre toujours très courageuse. Elle compense son manque de physique par une hyper activité. Je ne doute pas de sa réussite future.« ???

Audrey Bruneau – n°15 – Arrière
?Elle a déjà goûté au bonheur d’une médaille mondiale avec l’argent de 2011. Enorme potentiel, la joueuse de Fleury tarde à révéler au grand jour tous les espoirs placés en elle. Comme Dounia Abdourahim, elle n’a pas été retenue sur la liste des 16 qui entameront le Mondial samedi. Mais se tient prête. « C’est en effet une joueuse à fort potentiel. Mais qui est trop gentille. Le jour où elle sera plus agressive même vis à vis d’elle-même, elle pourra être une grande joueuse. »