« Il n’y a qu’une réponse à la défaite, et c’est la victoire« , disait Winston Churchill. Comme un appel à ne jamais renoncer. Il ne fait aucun doute que les Françaises, que l’on a quittées frustrées, déçues, blessées, mercredi soir dans les travées de l’Arena de Novi Sad au terme de leur quart de finale perdu face à la Pologne (21-22), n’ont aucunement l’intention de baisser les bras.
Nina Kanto, leader incontestable, n’avait pas attendu longtemps, alors, pour se tourner, déjà, vers l’avenir. « Il y a beaucoup d’enseignements à tirer de ce tournoi et de cette ultime défaite« , confiait la pivot tricolore avec lucidité ajoutant que « tout n’était pas à jeter« . Loin de là. Si les Femmes de Défis ont sans aucun doute produit leur moins bonne partition du Mondial à l’occasion du quart de finale, elles avaient, auparavant, réalisé un parcours convaincant après seulement quelques semaines de travail en commun sous la baguette d’Alain Portes. On comprend évidemment l’impatience aiguisée par l’émulation qui émane d’un rendez-vous aussi grisant qu’un championnat du Monde. La déception d’avoir, certainement, manqué une belle occasion de taquiner le podium. Mais il ne faut pas s’empresser. Ni tirer de conclusions hâtives.
Une aventure humaine
Les quinze jours serbes auront permis aux Bleues d’Alain Portes de s’apprivoiser. De partager une première expérience précieuse au plus haut niveau. D’éveiller, déjà, l’enthousiasme du public. « On a fait rêver les gens, sourit Nina Kanto. Et on s’est fait rêver aussi« . Un rêve stoppé brutalement par la Pologne mais qui en appelle d’autres. Mercredi soir, avant de se séparer quelques heures plus tard à Roissy, les Françaises ont continué à partager, ensemble, l’aventure. « Plusieurs joueuses ont pris la parole pour dire le bonheur ressenti pendant ce Mondial« , rapporte le DTN Philippe Bana. L’aventure humaine a finalement plus d’importance que le résultat final. « C’est un ciment« , reprend le directeur technique national de la FFHB. A l’aube du 21ème rendez-vous planétaire, personne n’aurait risqué de pronostiquer quoique ce soit au sujet des Tricolores. Débarquées dans un contexte particulier, après la récente prise de fonction d’Alain Portes, l’intégration de jeunes joueuses (Grâce Zaadi, Gnonsiane Niombla, Dounia Abdourahim, Koumba Cissé), l’absence de cadres (Camille Ayglon, Claudine Mendy) et des leaders sur le retour après des blessures (Allison Pineau, Mariama Signaté). Si la défaite est arrivée au moment le moins opportun, elle n’enlève rien au parcours réalisé par les Femmes de Défis. Impeccables dans un groupe redoutable, les Françaises ont réalisé un carton plein au premier tour et ont surtout dominé les Pays-Bas, la Corée du Sud et le Monténégro. Elles ont affiché des valeurs exemplaires de solidarité, d’engagement et d’implication. On les a vues prendre du plaisir, pas seulement à conquérir des succès, mais à jouer tout simplement et à vivre les unes à côté des autres. Les premiers fruits de l’arrivée d’Alain Portes à qui les joueuses portent une confiance et un respect sans fard ont mûri en Serbie. Autant de paramètres, d’évidences qui ne laissent planer aucun doute. Oui, demain, les Bleues répondront à cette défaite face à la Pologne par des victoires.