Au lendemain de la victoire face à Issy Paris HB (30-24) et de son premier titre de championne de France avec Fleury Loiret HB, Gnonsiane Niombla est une jeune femme comblée? Et une capitaine très sollicitée. Au c?ur de la tournée des sponsors du club du Loiret, la Femme de Défis a tout de même trouvé quelques minutes pour confier sa joie.

Tu t?es réveillée ce matin avec quel sentiment : de la joie ou du soulagement ?

Je suis heureuse et soulagée du devoir accompli. Nous avons effectué une bonne saison et notre titre est mérité.

Disputer la finale retour à domicile est un avantage certain mais jouer devant son public peut aussi représenter une forme de pression ?

On ne pouvait pas perdre devant notre public. Je suis persuadée que le match retour à domicile est hyper important. J?ai le souvenir d?avoir perdu la finale de la LFH 2013 lors du retour à Metz. Alors oui, cela donne un avantage psychologique indéniable et le public a aussi un effet sur les adversaires. Hier, nous avons mis le feu et nous avons su garder cet avantage.

Comment est accueilli ce premier titre à Fleury-lès-Aubray ?

Nous sommes super heureuses et les gens sont vraiment contents de nous voir, de nous retrouver pour partager cette joie. Ce lundi nous effectuons la tournée de nos partenaires et il y a un réel engouement. Je crois que le public et nos supporters se retrouvent dans certaines de nos valeurs.

En quoi la récente finale européenne perdue face aux Danoises de Midtjylland a-t-elle été un atout dans la conquête du titre ?

Il n?y a pas seulement eu cette finale. Tous les matches de haut niveau et à enjeu nous ont sûrement permis de man?uvrer cette très bonne équipe d?Issy Paris. Dans un match de haut niveau, il y a des moments clefs et l?expérience permet de mieux les gérer.


Coupe de France l?an passée, Coupe de la Ligue et le titre de LFH cette saison, Fleury-Loiret est-il en train de s?installer ?

Comme Metz à un moment donné, nous sommes la grosse écurie qui fait peur. Notre équipe est en train de poser sa marque de fabrique avec ces belles performances.


Désormais l?avenir sera? (elle coupe)

Il est génial. Le club a un très beau projet et nous allons disputer la Ligue des champions. Nous allons essayer de progresser avec, même s?il y aura quelques départs, un collectif renforcé.

Tu n?es plus tout à fait une jeune joueuse et forcément tu as plus de responsabilités avec le rôle de capitaine ?

Dans un mois (le 9 juillet) je fêterai mes 25 ans et je le vis très mal (rires). Avec une mission de puncheuse, de chef d?orchestre, j?ai bénéficié d?une marge de man?uvre un peu plus importante pour m?exprimer au côté de joueuses d?expérience. Ce rôle de capitaine, je l?ai pris à bras le corps au sein d?un super collectif, au milieu d?une bande de copines. Mais cela ne veut pas dire que c?est toujours tout beau, tout rose. Lorsqu?on s?entraîne mal, que le coach n?est pas content ou que nous sommes dans un période délicate, c?est normal de se dire les choses. Et on a toujours su faire face à la négativité.

Dès demain tu vas devoir à nouveau enfiler le bleu de chauffe avec les Femmes de Défis. Es-tu prête pour cette période internationale avec la double opposition face à la Slovénie ?

Mais j?ai anticipé (sourire). Mon sac est prêt depuis mercredi dernier car je savais qu?il faudrait jongler. Je ne voulais pas perdre de temps et garder toute mon énergie au moment de retrouver le groupe demain. Je m?attends à deux matches de haut niveau face à une très belle équipe slovène. Je pense que si on joue bien, comme nous avons pu le faire lors de la Golden League, cela devrait passer. Il faudra bien négocier le premier match dimanche à Brest.

Penses-tu déjà aux J.O. ?

Participer aux J.O. représente un rêve. Le seul fait d?y penser me guide dans les moments où cela va moins bien. À un an des Jeux, ce n?est pas le moment de se relâcher. Nous devrons être performantes pour aller chercher ce graal.


Enfin une question qui va peut-être te fâcher : as-tu effectué un travail physique particulier pour éviter les crampes qui te handicapent parfois en fin de match ?

En fait cela n?est pas lié au travail physique que je réalise avec application. C?est indépendant de ma volonté : c?est génétique. Nous recherchons plusieurs solutions afin que cela survienne le moins possible.