A l’occasion de son ultime sortie de la saison, avant de se retrouver de nouveau en préparation estivale, l’équipe de France féminine poursuit son tour de France. Les joueuses d’Olivier Krumbholz étaient passées par la Lorraine (Metz et Nancy) face à l’Allemagne en septembre. Puis par l’Ouest, avec Rennes et Nantes, contre la Pologne en octobre, en amont du championnat d’Europe. Depuis le début de l’année, elles sont retournées à l’Est (Strasbourg) et en Bourgogne Franche-Comté (Montbéliard) pour défier la Suède. Ce vendredi soir, elles étaient dans le Centre de la France, à Limoges, où elles ont décroché un nouveau succès aux dépens du Brésil (22-18). Rendez-vous maintenant mardi 11 avril (21h10) au Vendespace de Mouilleron pour clôturer en beauté !
Le sept de départ : Au gré des forfaits et des absences, Olivier Krumbholz devait composer avec un effectif inédit. En plus de Cléopatre Darleux (protocole commotion) et Béatrice Edwige (genou), absentes de longue date, Laura Glauser et Grâce Zaadi Deuna étaient ménagées, alors que Laura Flippes faisait défaut de dernière minute. Confiance était maintenue à Hatadou Sako dans les bois. Orlane Kanor, la capitaine Estelle Nze-Minko et Océane Sercien-Ugolin composaient la base arrière. Alicia Toublanc, Coralie Lassource et Pauletta Foppa sur la base avant.
Sans Kouyaté et en manque de confiance
La journée avait bien mal commencé pour l’équipe de France féminine. Avant de prendre la route de Limoges, depuis son cocon de la Maison du handball, lors de sa traditionnelle séance matinale, la délégation tricolore enregistrait en effet un sacré coup dur. De retour déjà de deux sérieuses blessures, Aïssatou Kouyaté s’écroulait brutalement, victime d’une rupture totale du tendon d’Achille. Un sérieux contre-temps de plus pour la gauchère brestoise, qui va devoir s’armer de patience et de courage pour revenir encore plus forte. Une option de moins pour le sélectionneur, qui rappelait à la rescousse la Nantaise Orlane Ahanda. Cette dernière arrivait tout juste avant le début de match pour prendre place dans les tribunes. Elle devait assister impuissante à la pénible mise en route de ses compatriotes. Des Françaises certainement encore traumatisées par la blessure de leur partenaire, en manque de repère, de confiance, et particulièrement impactées par l’enthousiasme adverse. Car les Brésiliennes, certes moins réputées que leurs glorieuses aînées, championnes du monde 2013, n’ont pas fait le voyage dans l’Hexagone en victimes expiatoires. Elles le démontraient d’emblée, dans le sillage de Moreschi, Cardoso et Rodrigues, pour prendre nettement les devants (2-6, 8e) et profiter pleinement des maladresses locales. Heureusement, Coralie Lassource sonnait la révolte et compilait quatre buts en huit minutes afin de remettre les pendules à l’heure (6-6, 16e). Le jeu français restait tout de même très approximatif et les Auriverde en profitaient pour garder la main jusqu’à la mi-temps (11-13).

Les valeurs sûres défense – montée de balle
Au retour des vestiaires, si l’engagement et la volonté des Bleues ne se démentaient plus, les mauvaises passes et les tirs au-dessus restaient d’actualité. Le Brésil n’en demandait pas tant pour reprendre et maintenir un capital de trois unités au tableau d’affichage (12-15, 35e). Au gré aussi derrière de cinq minutes sans la moindre réalisation de part et d’autre. Mais on sentait bien que la défense tricolore était sérieusement montée en charge et cela allait rapidement se traduire sur le terrain. Les partenaires de l’inusable Ana Rodrigues marquaient aussi le coup physiquement et devaient concéder un gros quart d’heure sans le moindre pécule. La sanction était immédiate face aux valeurs historiques de cette équipe de France. Dans le sillage de Pauletta Foppa, la puissance et l’intensité des Bleues faisaient la différence. À partir d’une défense faussement à plat et diablement coulissante, la France inversait la tendance entre les 41e et 50e minutes. Un 6-0 du meilleur effet, alimenté donc par Pauletta Foppa, et relayé par Cholé Valentini, Djazz Chambertin et Tamara Horacek (18-15). Portées par le public de Beaublanc à son tour fabuleux, les partenaires d’Estelle Nze-Minko n’allaient plus lâcher leur proie. A défaut d’être flamboyantes, ou au moins totalement connectées en attaque, les Françaises ont rassuré sur la transmission de leurs valeurs défensives originelles, en dépit des absences et des nombreux réglages opérés. Une très bonne base de travail pour la suite des évènements. Ce sera dès ce mardi 11 avril (21h10) du côté de la Vendée et toujours face à ce Brésil. On peut compter sur Olivier Krumbholz, son staff et ses joueuses, pour répéter encore leurs gammes d’ici là, continuer à apporter de la nouveauté et de l’audace dans leurs plans offensifs. Avec en point de mire une 8e victoire consécutive en match de préparation à la maison cette saison. Un autre gage de performance et de régularité.
Hugo Chatelain

Déclarations :
Olivier Krumbholz : Un match difficile, pénible même par moment, avec une fin quand même plus intéressante. Nous avons fini par trouver la bonne profondeur en défense pour leur poser des problèmes et les user physiquement. À défaut de bien jouer, nous avons fait preuve de vertus morales, c’est déjà pas mal. En dépit aussi de performances individuelles extrêmement contrastées, entre des filles à leur niveau, et d’autres en grande difficulté. On pêche beaucoup dans la base arrière, c’est difficile actuellement, cela manque de sérénité comme le démontre nos nombreuses pertes de balle. Il y a plein de choses que nous allons améliorer je pense dans les 2-3 jours à venir. Et l’on fera,je l’espère, un bien meilleur match mardi prochain. Le groupe est remanié et de jeunes joueuses subissent actuellement la pression. On manque de contre-informations, de feintes, en attaque pour les arrières. Et notamment dans la relation avec Pauletta Foppa, il y a une passe sur deux qui n’est pas bonne. On va travailler les relations à deux et aussi mentalement, car les filles commencent déjà à prendre la pression de ce qu’il y a devant elle, et particulièrement cet objectif extrêmement haut pour les Jeux olympiques de 2024. Il y a du chemin à faire dans la tête pour se libérer. On va faire un point jeu après ces deux évènements et sans doute évoluer certaines situations en attaque. De toute façon, il va falloir faire preuve d’audace, dans nos stratégies offensives comme défensives.
Tamara Horacek : Je vais retenir ce soir les deux mi-temps, car un match se construit sur soixante minutes. Nous avons eu du mal ce soir à se mettre dans le rythme, nous avons cherché nos repères. On s’est posé trop de questions et on voulait trop bien faire, surtout en attaque. Puis en seconde mi-temps, nous avons resserré la défense et recommencé à monter les ballons. Nous les avons eu à l’usure. Je suis contente à titre personnel, mais il ne suffit pas de faire un match, il faut être constante. On doit se faire plaisir dans ce genre de match devant notre public exceptionnel. Il faut passer par là pour avancer. Un projet offensif ne se construit pas en une semaine de stage. Il faut voir sur du long terme et au gré des affinités que nous sommes en train de créer. Sans oublier notre âme sur la défense et la course. C’est ainsi encore que l’on a usé notre adversaire ce soir. La blessure d’Aïssatou fût dure à digérer ce matin. On voulait aussi se faire plaisir car nous sommes conscientes de l’importance de vivre le moment présent. Nous avons de la chance de vivre notre métier et notre passion.
Pauletta Foppa : Je retiens que le Brésil est une équipe qui joue longtemps, qui manœuvre énormément. Cela nous a posé des problèmes en première mi-temps. Mais heureusement nous avons rectifié le tir et pris le dessus en seconde période. C’est un match à l’usure, face à des puncheuses et des filles très combatives. C’est vrai que c’est frustrant au pivot lorsque les ballons n’arrivent pas. Je me dis que nous sommes dans une phase de travail et qu’il faut passer par là, le temps que les arrières assimilent les courses et ne se posent plus de questions. On doit prendre notre mal en patience, même si cela se voyait qu’il y avait beaucoup de solutions derrière et sur les ailes. Ce soir, malgré tout, nous avons rendu les coups que l’on prenait, nous leur avons posé des problèmes, avec ce que l’on aime le plus, c’est-à-dire courir et creuser l’écart sur le jeu rapide… C’est comme ma grande sœur Aïssatou, je sais ce qu’elle a enduré déjà par deux fois avec ses blessures. C’est une battante et elle reviendra, au gré de son parcours et son histoire, en dépit des difficultés et des galères.
Statistiques :
France – Brésil : 22-18 (11-13)
Palais des sports Beaublanc à Limoges – 4 500 spectateurs
Arbitres : Mmes Urszula Lesiak et Malgorzata Lidacka (Pologne)
France
Entraîneur : Olivier Krumbholz
Gardiennes : Sako (30′, 3 arrêts sur 16 dont 0/1 jet de 7m) – Depuiset (30 minutes, 5/10 arrêts dont 1/2)
Toublanc (0/1) – Valentini (5/8) – C. Lassource (4/4) – Chambertin (1/3) – Sercien-Ugolin (1/4) – Kanor (1/6) – Horacek (5/6 dont 2/2) – D. Lassource – Foppa (4/5) – Nze-Minko (0/1) – Vautier – Ondono – Granier – Bouktit (1/1)
Exclusions temporaires : Horacek (37e), Kanor (48e), Valentini (50e), Granier (58e)
Brésil
Entraîneur : Alvaro Herdeiro
Gardiennes : Moreschi (tout le match, 12/33 arrêts dont 0/2 jet de 7m)
Fernandes (3/9) – Frossard – Rodrigues (2/5) – Araujo (2/2) – Cardoso (6/10 dont 4/5) – Guarieiro – Da Rocha (1/1) – Brasil (3/4) – Arounian (1/2) – Lopes – Matieli – Costa (0/2) – Bolzan (0/2)
Exclusions temporaires : Guariero, Da Rocha et Costa

LA SÉLECTION DE 19 JOUEUSES :
Gardiennes : Floriane ANDRE (Neptunes de Nantes) – Camille DEPUISET (Metz HB) – Hatadou SAKO (Metz HB)
Ailières gauches : Coralie LASSOURCE (Brest Bretagne HB) – Chloé VALENTINI (Metz HB)
Arrières gauches : Djazz CHAMBERTIN (OGC Nice HB) – Orlane KANOR (Rapid Bucarest) – Claire VAUTIER (JDA Dijon)
Pivots : Sarah BOUKTIT (Metz HB) – Pauletta FOPPA (Brest Bretagne HB) – Oriane ONDONO (Neptunes de Nantes)
Demi-centres : Léna GRANDVEAU (Neptunes de Nantes) – Tamara HORACEK (Metz HB) – Estelle NZE-MINKO (Cap – Györ)
Arrières droites : Orlane AHANDA (Neptunes de Nantes) – Déborah LASSOURCE (Paris 92) – Océane SERCIEN-UGOLIN (Vipers Kristiansand)
Ailières droites : Lucie GRANIER (ES Besançon) – Alicia TOUBLANC (Brest Bretagne HB)
LE STAFF :
Entraîneur : Olivier KRUMBHOLZ
Adjoint : Sébastien GARDILLOU
Entraîneure des gardiennes : Amandine LEYNAUD
Préparation physique : Pierre TERZI
Médecin : Cindy CONORT
Kinésithérapeutes : Cezare COCUZZA, Célestin DAILLY et Pierre GILLET
Analyste vidéo : David BURGUIN et Christophe CAILLABET
Psychologue : Pascal NIGGEL
Communication et relation médias : Diane PROUHET
Directeur Technique National : Pascal BOURGEAIS
Chef de délégation : Rémy LÉVY
PROGRAMME :
Vendredi 3 mars à Strasbourg : France – Suède : 24-18 (12-6)
Dimanche 5 mars à Montbéliard : France – Suède : 24-22 (13-10)
Dimanche 2 avril au dimanche 14 avril 2023 :
Vendredi 7 avril, à Limoges Beaublanc : France – Brésil 22-18 (11-13)
Mardi 11 avril, à Mouilleron-le-Captif Vendespace, 21h10 : France – Brésil
Lundi 3 juillet au Dimanche 16 Juillet 2023 :
Stage de préparation physique à Capbreton.
Lundi 17 juillet au Dimanche 23 juillet 2023 :
Stage en Norvège dans les Iles Lofoten
Norvège – France : 20 juillet (entraînement)
Norvège – France : 20 juillet
Dimanche 8 octobre au dimanche 15 octobre 2023 :
Qualifications à l’EHF EURO 2024 [Dates, horaires et adversaire à venir]
Dimanche 19 novembre au mercredi 29 novembre 2023 :
Préparation IHF Mondial 2023 [Dates, horaires et adversaire à venir]
Jeudi 30 novembre au dimanche 17 décembre 2023 :
Mondial IHF 2023 [Danemark, Norvège, Suède]