Depuis sept ans, le club aveyronnais anime ses séances de BabyHand pour faire découvrir le monde et valoriser les différences à travers une approche mêlant culture et sport.

Au mois de septembre, des globe-trotteurs sont partis à la découverte du patrimoine de la ville, le viaduc ou la tour des rois d’Aragon. En octobre, des moussaillons ont terrassé le crabe géant. En ce mois de novembre, des barbiers en herbe se sont familiarisés avec l’art du rasage pendant que Monsieur Mo cherchait des moustaches pour les équipes de France. D’autres thèmes seront bientôt exploités autour de Noël, du nouvel an chinois, de la journée mondiale des abeilles, et même de celle du pyjama…

Le SOM Handball Millau fourmille d’idées et le Puits-de-Calès ressemble à une caverne aux trésors chaque samedi matin. Depuis 2018, le club aveyronnais anime en effet sa section BabyHand avec une imagination débordante afin d’éveiller les tout petits à travers le sport et des activités ludiques. « L’idée, précise Virginie Fabre, est de développer la motricité, le langage, mais surtout d’impliquer les parents dans chaque séance. Les enfants ont besoin de repères. Ce que je trouve chouette, d’ailleurs, c’est qu’ils lâchent parfois les leurs, vont en chercher d’autres qui deviennent alors de nouveaux repères. Ça devient autre chose qu’une simple parentalité familiale. »

Virginie Fabre est l’instigatrice de ce projet plébiscité lors de la soirée du Trophée des Clubs, alors qu’un autre projet autour du HandFit avait déjà obtenu le deuxième prix national en 2023. Technicienne de développement au Groupement Employeurs Territoire Occitanie depuis décembre 2018, elle a été mise à disposition du Comité de l’Aveyron et donc du SOM où elle développe les pratiques sociales, encadre des équipes, élabore et porte divers projets, dont ceux à destination des tout petits, un monde qu’elle pratique depuis toujours puisqu’elle était auparavant directrice d’ALSH. « Rien de tout cela ne serait possible sans l’implication des jeunes du club à mes côtés, précise-t-elle, ni l’intérêt et l’investissement des parents et des enfants. »

Si elle adore évidemment le handball, Virginie Fabre aime tout autant la lecture, et le livre est un accessoire au moins aussi important que le ballon lors de chaque séance. Pour Octobre Rose, la séance a par exemple été imaginée autour de l’album jeunesse Ma maman est une pirate, un moyen d’aborder avec douceur et imagination le sujet du cancer. « Ça permet de découvrir et exprimer les émotions en lien avec l’histoire, dit-elle, de faire passer un message d’espoir et de résilience à travers la symbolique du pirate. On présente le thème avec une formule type : « aujourd’hui, on va jouer comme des pirates courageux qui parfois ont peur, mais trouvent la force ensemble. Il y a plusieurs ateliers comme l’île aux émotions, la traversée en bateau, les boulets de canon, puis un retour au calme avec une petite phase de massage. »

Souvent, parents et enfants étirent encore la séance en parcourant l’un des ouvrages laissés à disposition dans un espace dédié. Découvrir le monde et valoriser les différences à travers une approche mêlant culture et sport, explorer la diversité des cultures, des personnes et des parcours de vie, voilà l’idée qu’elle défend sans cesse. « L’un des plus beaux compliments que l’on m’ait fait, sourit-elle, émane d’un parent qui m’a dit regretter être né trop tôt, sans quoi il serait forcément venu au BabyHand. »

Il aurait été sensibilisé au thème de la violence éducative ordinaire, à celui de la maladie chez les enfants à l’occasion de la Journée mondiale du pyjama. « Tout le monde vient en pyjama, raconte Virginie Fabre, et on organise une course en sac de couchage, une bataille d’oreillers, des choses toujours très ludiques. Et puis on recrée un petit lit, un coin cosy avec des livres, et on fabrique des masques de nuit en papier. »

Il aurait appris des milliers de choses, partagé des milliers de moments. Depuis 2019, l’opération « Tous à nos chaussettes dépareillées », aborde par exemple la trisomie 21. Il y a aussi Hand’lloween. « Handy » sauve la planète. La fête de la musique. La découverte des pompiers. La plage. La rentrée scolaire avec « Handy ». La journée du patrimoine. Et toujours cette collaboration avec une librairie locale, la librairie Caumes, avec des séances l’an passé organisées autour de 7 milliards de visages de Peter Spier, et Infinit de Miriam Tirado, pour comprendre que l’amour ne s’arrête jamais.

L’amour, Virginie Fabre et ses équipes le distribuent chaque samedi matin. Avec toujours ce souci d’impliquer les parents, et d’aller vers la lecture. Elle va mettre en place un système avec un coffre dans lequel ils pourront déposer des livres ou des jouets pour enrichir le coin calme. Elle veut initier un atelier motricité début janvier. Organiser le Troc du BabyHand une fois par mois. Correspondre avec les enfants de Châteaurenard grâce à la complicité qu’elle a nouée avec Julie Dubertrand. Avec ceux de Bad Salzuflen, la commune allemande avec laquelle Millau est jumelée. « Et puis, conclut-elle, pourquoi ne pas mener une réflexion sur les plus petits encore. Je vois des parents venir avec des petits frères ou des petites sœurs qui rampent et, par mimétisme, essaie de reproduire les gestes de leur aîné. J’imagine des séances plus courtes pour capter leur attention, mais je suis persuadée qu’il y a quelque chose à développer. »