Vingt-quatre jeunes de 6 à 9 ans de l’école de handball du HC Blaisois ont été initiés de façon ludique à la lutte contre le harcèlement et les violences physiques et psychologiques.
Des moqueries ou des mots méchants. Des surnoms vilains. Des rumeurs colportées. Le harcèlement peut prendre différentes formes. Il peut être verbal. Physique. Psychologique ou émotionnel. Racial ou ethnique. Scolaire évidemment. C’est d’ailleurs pour ce dernier qu’a été créée la journée nationale de lutte contre le harcèlement à l’école, un moment fort du calendrier qui s’inscrit dans une politique éducative structurée de prévention et de sensibilisation.
Le HC du Blaisois n’a pas attendu cette journée de novembre pour rappeler certains principes dans sa charte de bonne conduite. Le licencié s’engage ainsi à respecter les personnes qu’il côtoie dans le cadre de sa pratique, et ce principe est évidemment inattaquable. « Mais, indique Cédric Hazera, à l’origine et porteur du projet, il est parfois bon de le rappeler, et de trouver les moyens d’initier les plus jeunes à cette thématique de harcèlement et, d’une façon plus large aux violences physiques et psychologiques. D’encourager les notions de respect et d’empathie. »
Depuis deux ou trois ans, le club du Loir-et-Cher a coutume de répondre aux Appels à Projets de la FFHandball. Il a d’ailleurs remporté un prix régional dans la catégorie BabyHand autour du sommeil, avant de soulever le trophée national avec cette initiative intitulée « Au hand, comme dans la vie, le harcèlement, c’est fini. » « Avec tous les éducateurs du club, raconte Cédric Hazera, nous avons souhaité imaginer de petits jeux en lien avec le handball afin de sensibiliser les jeunes de 6 à 9 ans. L’idée était d’utiliser des mots simples, de proposer des exercices suffisamment ludiques pour les intéresser et bien faire passer le message. »
Trois ateliers ont ainsi été organisés dans le gymnase Montprofond de la Chaussée-Saint-Victor, dans le bassin de vie de Blois. « Le premier, dévoile Cédric Hazera, s’intitulait : déménagement sous pression. Il était axé sur la déstabilisation, avec un coup d’arrêt à l’action toutes les trois secondes, comme pour signifier que l’enfant était victime de harcèlement ; Le deuxième insistait sur la confiance envers son ou sa partenaire. Il fonctionnait par binômes avec un enfant les yeux bandés. Le non-voyant était déstabilisé par des obstacles, et ne pouvait s’en sortir qu’avec l’aide de son camarade. Le troisième, enfin, permettait d’éviter ensemble les obstacles. Il servait à démontrer qu’on peut se sortir de toutes les situations par le collectif. »
Les vingt-quatre enfants de l’école de hand ont adoré la séance animée par quatre éducateurs diplômés avec le soutien des U18 féminines, et évidemment mieux compris cette notion de harcèlement après cette heure de jeu. « Ils ont surtout compris que harceler un adversaire n’est pas forcément négatif au handball, sourit Cédric Hazera, mais que ça peut l’être dans la vie de tous les jours. Il a d’ailleurs été important de faire des parallèles incessants entre le quotidien, à l’école ou à la maison, et le handball dans l’entraide, la cohésion et l’esprit de groupe. »
Aborder ce thème au travers du handball a aussi permis de libérer la parole et de faciliter les connexions entre les garçons et les filles par exemple, les plus jeunes et les un peu moins jeunes… « Ça les amène à mieux se découvrir, confirme Cédric Hazera, et nous avons déjà imaginé d’autres thématiques afin de renforcer le mieux vivre ensemble. »