Le Hall of Fame des équipes de France a accueilli sept glorieux anciennes et anciens ce dimanche, après la victoire de l’équipe de France dans le Tournoi de France face à l’Islande (31-29). Une cérémonie riche en émotions dans un écrin exceptionnel, celui de l’Arena Paris La Défense.
Il fallait bien un cadre grandiose pour accueillir de tels noms du handball français. Et quoi de mieux que l’Arena de Paris La Défense pour faire entrer sept joueuses et joueurs qui ont honoré les équipes de France depuis plus de dix ans. Parmi eux, trois gardiens et gardiennes de but : Vincent Gérard, Amandine Leynaud et Cléopatre Darleux, et quatre joueuses et joueurs de champ : Nikola Karabatic, Siraba Dembélé-Pavlovic, Allison Pineau et Alexandra Lacrabère. « Depuis trente ans, ces athlètes fabriquent et font vivre nos rêves. Ils représentent quelque chose de très fort, la légende de notre sport, la lumière du handball » a rendu hommage Philippe Bana, le président de la Fédération.
Sous les yeux de Michaël Guigou, Olivier Girault, Daniel Narcisse et Thierry Omeyer, tous déjà intronisés au Hall of Fame par le passé, les lauréats n’ont pas caché leur émotion de voir leur exceptionnelle carrière reconnue par la fédération et les supporters. Tous les lauréats ont beau avoir remporté plusieurs titres olympiques, mondiaux ou continentaux dans leur carrière, revêtir la veste de Hall of Famer reste un moment à part.Ils ont rejoint ce soir les seize joueurs qui faisaient partie de ce cercle très fermé. Et ce ne sont pas un, ni deux, mais trois gardiens de but, deux femmes et un homme, qui ont été honorés à Nanterre. « Un poste qui nécessite beaucoup de travail et de courage, car le ballon, quand il est lancé au niveau international, il fait mal, souriait Olivier Krumbholz, déjà intronisé il y a quelques mois. Le handball français doit beaucoup à ses gardiens. »
Chez les filles, Amandine Leynaud a désormais intégré le staff des équipes de France féminine, mais elle n’oublie pas d’où elle vient : « C’est une immense fierté que d’être là, devant vous, dans une salle aussi impressionnante. J’ai vécu des moments exceptionnels, avec des gens exceptionnels et une équipe exceptionnelle, et j’essaye désormais de rendre au handball tout ce qu’il m’a donné. » Son ancienne coéquipière Cleopatre Darleux a tenu à se remémorer ses débuts dans le handball quand elle a été invitée à revêtir la veste du Hall of Fame : « La petite joueuse qui a commencé le hand à sept ans en Alsace n’aurait pas imaginé avoir une telle carrière, vivre de telles émotions, en club ou en bleu. C’est une immense fierté que d’être là. » Seul gardien masculin de cette cuvée 2026 du Hall of Fame, Vincent Gérard n’a pas hésité à partager un petit clin d’oeil à Thierry Omeyer et « aux gardiens chauves », avant de prolonger son hommage au handball national : « On a passé des moments inoubliables, il y a une vraie fierté d’avoir partagé quelques-unes des plus grands moments de notre sport. Voir que le handball arrive à remplir des salles de cette taille là, c’est génial. »
Les gardiens de but n’étaient pas les seuls à l’honneur lors de cette soirée. Trois joueuses de champ, anciennes de l’équipe de France féminines, ont été mises à l’honneur. Allison Pineau, ancienne capitaine, voulait retenir « l’image qu’on a pu donner du sport féminin, le message qu’on a envoyé aux petites filles, qui est de continuer à croire en leur rêves, de ne pas laisser tomber le sport quand elles sont adolescentes. » Siraba Dembélé, qui elle aussi a porté le brassard tricolore, a tenu à rendre hommage « à tous les dirigeants et les bénévoles des petits clubs, qui font que le handball continue à être tout en haut. Avec les filles qui sont avec moi ce soir, on a tout connu, il y a une vraie fierté d’avoir mis le handball tout en haut. » La gauchère Alexandra Lacrabère, elle, parlait d’un « point final dans sa carrière, ce moment, c’est vraiment l’ultime reconnaissance. Rio restera comme le meilleur moment de ma carrière, c’est là où je me suis senti le mieux et où les émotions ont été les plus intenses. »
Une cérémonie du Hall of Fame n’aura pas été complète sans l’intronisation de Nikola Karabatic. Triple champion olympique, quadruple champion d’Europe et du monde, le palmarès de l’ancien arrière des Bleus parle pour lui. Même si ta timidité l’a gagné au moment de rentrer sur le parquet nanterrien. « Je me suis déjà déshabitué à rentrer sur le terrain. Ca fait super plaisir d’être acclamé comme ça, forcément, » souriait-il. Sa première sélection, l’ainé des Karabatic l’a connue en 2002, quand il avait juste 18 ans. Vingt-deux ans plus tard, il a quitté l’équipe de France sous une ovation incroyable, au Stade Pierre Mauroy de Lille, après une défaite en quart de finale des Jeux Olympiques de Paris. « Je suis surtout fier d’avoir transformé la vision de mon sport, qui n’est plus vu comme un sport de préau mais comme celui avec le plus de trophées du sport collectif français. De mes 18 ans à aujourd’hui, le rêve ne s’est jamais arrêté. »

HALL OF FAME
Les sept nouveaux entrants
Alexandra Lacrabère : 256 sélections – 833 buts – 1 titre olympique – 1 titre mondial – 1 titre européen
Amandine Leynaud : 254 sélections – 1 titre olympique – 1 titre mondial – 1 titre européen
Siraba Dembélé-Pavlovic : 291 sélections – 848 buts – 1 titre mondial – 1 titre européen
Allison Pineau : 273 sélections – 696 buts – 1 titre olympique – 1 titre mondial – 1 titre européen
Cléopatre Darleux : 206 sélections – 1 titre olympique – 1 titre mondial
Nikola Karabatic : 365 sélections – 1303 buts – 3 titres olympiques – 4 titres mondiaux – 4 titres européens
Vincent Gérard : 160 sélections – 1 titre olympique – 1 titre mondial – 1 titre européen