Très investi dans le sport-santé, le club de Marcy L’Etoile s’est rapproché de l’association HOPE qui accompagne les femmes dans leur reconstruction après un cancer, à travers l’équithérapie, l’expression artistique et donc, désormais, le Handfit.
Après 30 ans, on ne court plus après la perfection, on se contente de cultiver l’authenticité, et l’AS Marcy Charbonnières Handball, le club de Marcy-l’Etoile créé en 1992, est devenu expert en la matière. « Nous sommes un petit club familial du nord-ouest de Lyon, hors Métropole, résume Thibaut Desjonqueres, le vice-président, parfaitement implanté sur cinq ou six communes alentour. Nous jouissons d’une grande notoriété parce que nous proposons de nombreuses animations en lien avec l’éducation, l’insertion, la citoyenneté, la santé aussi. Un club un peu à l’ancienne, sans salarié, mais avec une soixantaine de bénévoles très actifs. Ici, on ne joue pas la montée chaque week-end, mais on cherche à valoriser l’engagement collectif. »
Le Handfit est l’un des biais utilisé. Depuis 2015, l’ASMC propose cette pratique « plaisir-santé-bien-être » sous la houlette de Pascal Desmaris, initié par Laëtitia Fiori dans le cadre des formations proposées par la FFHandball. « J’ai été l’un des premiers dans le Rhône, indique-t-il, et on a très vite eu l’opportunité d’être référencé « Santé » et « Bien être » dans les Dispositifs d’Accompagnement vers les Pratiques d’Activités Physiques Auvergne Rhône-Alpes. »
Le projet que le club a présenté à la FFHandball est né d’une rencontre. « J’ai traversé l’épreuve du cancer à trois reprises, raconte Joëlle Mazuel. Je me suis retrouvée prise en charge au centre Léon Bérard à Lyon, et j’avais à coeur de pratiquer une activité physique adaptée. J’ai essayé le Handfit à Villeurbanne. J’ai tout de suite accroché. Pascal était là. On a échangé quelques mots. Il pleuvait ce jour-là et comme je n’habite pas très loin de Marcy-L’Etoile, il m’a ramené devant ma porte. Nous avons beaucoup discuté, et il m’a proposé de venir au club. J’ai rempilé l’année d’après, et la suivante… »
Joëlle Mazuel est bénévole de l’association HOPE qui accompagne les femmes dans leur reconstruction pendant et après un cancer, et les aide à retrouver une meilleure qualité de vie après un traitement. Un jour, elle a participé à un programme proposé par l’association en Haute-Savoie, et fortement apprécié l’aide apportée par l’équithérapie et les nombreux ateliers artistiques proposés. « J’étais fatiguée ce jour-là, sourit-elle, mais j’ai vécu un moment absolument extraordinaire au contact des chevaux. Avec la fondatrice, nous avons évoqué l’idée de créer des antennes en région. Je me suis engagée, et nous avons fondé l’antenne de Lyon. »
On imagine aisément la suite. Joëlle et Pascal ont décidé de proposer le Handfit aux adhérentes du programme HOPE. « Pascal est venu à Virigneux, dans la Loire, explique Joëlle, où Corinne Moretton a fondé l’Equidoise, une association qui récupère des chevaux blessés, abandonnés ou oubliés, avant de les soigner, les écouter et les réhabiliter. Elle les répare, et ils nous réparent à leur tour… Il a très vite été conquis. »
Voilà donc comment le club a fait, une fois encore, évoluer son offre de pratique. « Nous avons proposé cinq séances l’année dernière, révèle Pascal Desmaris, une sixième est programmée le 8 mars. Les retours sont excellents. L’activité libère les hormones de bien-être, créé du lien aussi. »
Chacun est unanime pour souligner les bienfaits de la collaboration. « Les journées avec les chevaux sont assez émouvantes, reconnaît Pascal Desmaris, il y a beaucoup d’affectif. » « Je travaille dans l’inclusion par le sport, ajoute Thibaut Desjonqueres, et je suis évidemment particulièrement sensible à ce que le club porte très haut cette dimension sport santé. »
Le mot de la fin est pour Joëlle Mazuel, présente, au côté de Pascal Desmaris, à la Maison du handball en septembre dernier pour recevoir le deuxième prix lors de la soirée du Trophée des Clubs. « Le Handfit, dit-elle, est une pratique ludique, à la portée de tout le monde, mais quand même exigeante physiquement. C’est un sport très complet en fait. J’ai appris le jeu collectif, j’ai vaincu ma peur du ballon. Mais j’ai surtout reçu un accueil très chaleureux de la part du club, et je crois que tous ensemble, nous permettons à certaines femmes de sortir de leur isolement, de combattre la fatigue, ou le stress, et de se sentir mieux, tout simplement. »