Retraitée des parquets depuis le 8 juin 2025, intronisée au Hall of Fame de l’équipe de France le 11 janvier dernier, Cléopatre Darleux-Mingam est aussi l’heureuse maman d’une deuxième fille née le 6 février. L’actualité de l’ancienne gardienne des Bleues rebondit à nouveau avec l’annonce vendredi passé de Gérard Le Saint, président du Brest Bretagne Handball : Cléopatre sera prochainement la directrice sportive du club breton qui joue les premiers rôles sur tous les tableaux.

L’annonce de ton futur poste a fait grand bruit. Tu réalises qu’il s’agit d’une position importante dans le club féminin qui possède le budget le plus élevé sur la scène nationale ?

Oui, bien sûr. Je ne suis pas surprise, parce que je connais le milieu et je connais le club. Donc je sais que c’est un poste important. Cela étant, je crois que c’est un poste qui me correspond bien. J’estime avoir certaines compétences, en tout cas une légitimité pour occuper un rôle de directrice sportive. Évidemment, je ne prétends pas tout maîtriser. Il y a encore beaucoup de choses que je ne connais pas, et j’ai encore à apprendre, notamment à travers des formations. Mais je suis prêt à progresser et à m’adapter.

Au-delà de la connaissance du très haut niveau et du milieu du handball, qui sont des évidences, que t’apporte la formation au CDES (centre de droit et d’économie du sport) de Limoges ?

En fait, c’est vraiment le côté pratique qui est intéressant. Nous avons beaucoup d’intervenants avec un gros réseau de managers. Du coup, on a énormément de partage d’expérience. Il y a aussi toute la partie technique. Donc je pense que j’arriverai au club avec des clés pour ce poste-là. Il y a des sportifs issus d’autres sports. Je trouve que c’est hyper enrichissant et ça va vraiment m’apporter beaucoup.

Quand prendras-tu tes fonctions ?

Le 1er juin.

Le 1er juillet prochain et pour la première fois un coach étranger sera à la tête du BBH, le Slovaque Tomas Hlavaty. As-tu déjà échangé avec lui ?

Pour l’instant, je n’ai pas encore échangé avec lui. Ma nomination est toute récente et les premiers contacts arriveront dans les semaines à venir.

Comptes-tu t’inspirer de fonctionnements, d’expériences vécues dans les 6 clubs professionnels où tu as évolué ?

Alors, il n’est pas écrit, mais je l’ai bien en tête. Toute ma carrière et mon vécu me serviront énormément dans ma prise de fonction future, parce que j’ai vécu beaucoup de scénarios différents. Le BBH est un club qui fonctionne très bien et il y aura forcément des petites choses à améliorer. L’objectif est que le club soit encore meilleur.

Lorsque tu étais athlète, étais-tu parfois sollicitée pour donner un avis sur le recrutement d’une future partenaire ?

Oui bien sûr lors des discussions au quotidien, dans les différents clubs où je suis passé. Il m’est arrivé d’appeler des agents, des clubs et des joueuses. Je me sens plutôt à l’aise avec cela. Le fait d’avoir arrêté il y a à peine un an, j’ai un réseau actif de joueuses, d’agents. C’est un avantage.

Peut-on oser la comparaison avec le parcours de Thierry Omeyer, aussi gardien et Alsacien, devenu aussi rapidement manager général, au Paris Saint-Germain HB ?

Oui mais tu es le premier à faire ce parallèle. Je suis déjà allé le voir au moment où j’étais consultante pendant le dernier Mondial. Il m’a très gentiment ouvert les portes de son bureau, situé dans les locaux de beIN Sports. J’ai discuté avec lui sans savoir où je serai aujourd’hui. Thierry est un exemple, d’abord en tant que joueur, et j’ai envie de m’appuyer sur ceux qui sont passés par là, qui ont un parcours similaire et de l’expérience. Je pense également à Grégory Lorenzi, le directeur sportif du stade Brestois, passé aussi par la formation de Limoges, qui est un bel exemple. J’ai envie de m’inspirer de ce type de parcours.

L’actualité du BBH est riche avec le quart de finale de Ligue des Champions disputé samedi face à Bristita puis le 3 mai prochain avec le déplacement décisif à Metz. Comment vas-tu vivre ces grands rendez-vous ?

Je serai présente au match retour ce dimanche. Ce sont des moments importants pour le club, donc je serai derrière l’équipe avec le désir que les filles atteignent le Final Four. Pour le match à Metz, je serai derrière l’équipe, avec l’envie qu’elles aillent au bout et qu’elles décrochent le titre. Même à distance, je reste très impliquée.

Quel est ton regard sur la nouvelle formule de la LFH, avec la mise en place des playoffs ?

Je pense que c’est une bonne chose. Aujourd’hui, il y a deux équipes vraiment au-dessus du lot, et derrière, c’est plus ouvert à partir de la 3e place avec des équipes qui émergent. Les playoffs peuvent apporter davantage d’incertitude et créer des matchs à fort enjeu. Ça peut aussi renforcer l’attractivité du championnat féminin, donc je suis plutôt favorable à cette évolution.

Avant de tourner la page, est-ce que tu as le sentiment d’avoir accompli tous tes rêves de sportive ? Est-ce que tu es pleinement satisfaite de ta carrière ?

Oui, je suis très sereine avec ça. J’ai eu la chance de vivre une belle carrière, sans regrets. Il y a eu des hauts et des bas, mais tout ça m’a fait grandir et m’a beaucoup appris. Ce sont des expériences qui vont me servir pour la suite. Quand je regarde en arrière, je suis heureuse de ce que j’ai accompli.

Et aujourd’hui, avec ta vie personnelle et votre seconde fille Cassiopée ?

Aujourd’hui, je suis très heureuse. Avec mes deux filles et mon mari, c’est une période incroyable. Ça permet aussi de prendre du recul sur tout ce que j’ai vécu. Quand on est dans le haut niveau, on enchaîne sans vraiment se rendre compte, on est dans un rythme très intense. Avec le recul, je mesure aussi les sacrifices et l’importance de l’entourage. Je suis très reconnaissante.

As-tu déjà repris une activité sportive, même de manière légère ?

Oui, doucement. Je reprends tranquillement chez moi. On se rend vite compte que le corps a changé (rires). Quelques douleurs, un peu de rouille… Mais l’idée, c’est de retrouver du plaisir. J’aimerais reprendre un sport collectif – mais pas le handball -, mais en loisir, pour continuer à bouger sans la contrainte du haut niveau. Les sports de raquette et le crossfit m’intéressent aussi.