Responsable de la cellule Recherche et Performance de la FFHandball et préparateur physique de l’équipe de France masculine, Olivier Maurelli évoque la préparation du premier congrès « Santé & Performance » organisé les 22 et 23 mai prochains à la Maison du handball.

En quoi consiste ce colloque ?

Il se déroulera les 22 et 23 mai et portera sur le jeune sportif. C’est une thématique centrale, notamment dans le cadre du renouvellement de notre élite. Nous allons aborder les dimensions physiques, médicales et psychologiques, avec l’objectif d’aider nos entraîneurs à mieux comprendre et accompagner les jeunes.

Nous traiterons à la fois du jeune sportif et de la jeune sportive, en proposant un état des lieux global, puis des solutions concrètes pour améliorer leur prise en charge dans les pôles espoir comme en club.

Sur quelle tranche d’âge travaillez-vous ?

Nous nous concentrons sur les 14-18 ans, qui correspondent à une période clé. Avant cela, les jeunes évoluent en club. À partir de 13-14 ans, ils intègrent les pôles espoir, puis nous les accompagnons jusqu’à leurs 17-18 ans.

Cette collaboration avec la commission médicale, sous l’égide de François Raoux, le médecin fédéral, est une évolution positive…

Oui, nous avons organisé pour la première fois un événement commun avec la commission médicale. Jusqu’à présent, nous fonctionnions plutôt avec la cellule recherche, chacun de son côté. Au fil des réflexions, j’ai proposé de ne pas multiplier les séminaires distincts – cellule recherche, entraîneurs, commission médicale – mais de créer un colloque commun. L’idée est de regrouper ces compétences au service de nos entraîneurs et d’un public extérieur. C’est ainsi qu’est né ce projet.

Le colloque est-il centré uniquement sur le handball ?

Pas uniquement. Nous allons d’abord dresser un état des lieux global des jeunes sportifs, sans nous limiter à une discipline. Ensuite, nous reviendrons spécifiquement sur le handball pour adapter ces enseignements à nos pratiques.

Une table ronde réunira également des représentants d’autres fédérations afin de comparer les approches. L’idée est d’échanger sur les méthodes mises en place ailleurs, ce qui fonctionne et ce qui peut être amélioré.

Qui participera à cette table ronde ?

Nous aurons des intervenants issus de plusieurs disciplines, notamment du tennis et du ski, avec une intervenante ayant travaillé en Suisse. Côté handball, Jacques Bertholet et Éric Baradat seront présents.

Cette table ronde, d’une durée d’environ deux heures, permettra de confronter les expériences et de faire émerger des pistes d’amélioration.

Comment s’organise le colloque ?

Nous avons prévu une vingtaine d’intervenants et environ quinze sessions sur les deux jours.

Le programme alterne entre :

– des conférences théoriques en amphithéâtre,

– des ateliers pratiques en gymnase ou en salle de musculation.

Parmi les thématiques abordées : la génération Z, la nutrition, le sommeil, le développement de la force ou encore la prévention des blessures, notamment à l’épaule.

Quel sera ton rôle pendant l’événement ?

L’ouverture sera assurée par les représentants institutionnels, puis par les responsables de la commission médicale et de la cellule recherche. De mon côté, j’interviendrai le samedi matin sur le développement de la force chez les jeunes, avec un atelier pratique. L’objectif est notamment de déconstruire certaines idées reçues sur la musculation et de montrer qu’elle peut être bénéfique, à condition d’être bien encadrée.

Combien de participants attendez-vous ?

Nous attendons environ 130 personnes. La majorité vient du handball, mais nous aurons également un public extérieur, avec une répartition d’environ 75 % / 25 %.

Avez-vous prévu des moments plus conviviaux ?

Oui, c’était important pour nous. Une soirée est organisée avec des collègues de l’INSEP, qui sont aussi musiciens, et qui viendront – gracieusement – jouer un concert. Nous proposerons également aux intervenants d’assister à la finale masculine de la Coupe de France, le samedi soir, entre Montpellier et Nantes.

En parallèle, en début de saison, vous avez lancé une série de webinaires. Quel bilan en tires-tu ?

Le bilan est très positif. Nous avons mis en place un webinaire par mois depuis octobre, avec une participation qui varie entre 10 et 60 personnes selon les sujets. Ces webinaires sont destinés en priorité à nos entraîneurs, mais aussi aux préparateurs physiques et aux kinés.

Ils sont enregistrés et disponibles en replay, ce qui permet à chacun de les consulter à son rythme.

Les retours sont très bons et le format est désormais bien installé.

Combien de webinaires avez-vous organisés jusqu’à présent ?

Nous en avons organisé neuf. Le dernier portait sur la nutrition.

Un dernier est prévu le 5 juin, consacré au travail spécifique en handisport. Et nous allons poursuivre l’expérience l’année prochaine avec une nouvelle série d’une dizaine de webinaires.

Tu as choisi de poursuivre ta mission avec l’équipe de France masculine. Qu’est-ce que cela change avec un nouveau sélectionneur ?

J’avais envie de continuer, notamment parce que la majorité du staff est restée et que je pense pouvoir encore apporter au groupe.

C’est vrai qu’il y avait une interrogation au départ, car j’avais une relation de confiance très forte avec Guillaume Gille qui m’avait fait venir en 2020. Avec Talant Dujshebaev, la relation est différente, plus récente, mais elle repose aussi sur une grande confiance. Mon rôle reste le même : apporter mon expertise, participer à la réflexion et aider à la prise de décision. Je conserve une vraie liberté d’analyse, et c’est essentiel pour moi.

Où en est aujourd’hui la cellule recherche et performance ?

Aujourd’hui, je la pilote principalement, avec le soutien précieux d’Aurélie Guillaumat et de plusieurs référents scientifiques. À court terme, nous sommes engagés dans des projets prioritaires de recherche avec l’Agence nationale de la recherche, en collaboration avec d’autres fédérations comme le rugby et le football. Ces projets devraient nous permettre de développer des solutions concrètes pour le terrain, avec des moyens supplémentaires.

Quels sont les objectifs à plus long terme ?

L’objectif est de renforcer la cellule, notamment avec du renfort humain. Aujourd’hui, nous accompagnons de nombreux publics : équipes nationales, jeunes, handisport, formation… Cela représente une charge importante. Même si tout fonctionne, avoir plus de ressources permettrait d’être encore plus efficace et de répondre davantage aux besoins. Pour ma part, je suis très heureux de poursuivre mon engagement avec la fédération. Je la remercie pour la confiance accordée. Cela me motive à m’inscrire dans la durée et à continuer à développer des projets pour l’avenir.