La JDA Dijon Handball a remporté l’European League féminine ce weekend, en battant Thüringer au terme d’une finale au scénario complètement fou. Menées de neuf buts à la mi-temps (10-19), les Bourguignones ont renversé la vapeur après le repos pour l’emporter 29-25 et soulever le premier trophée européen de l’histoire du club.

« C’est ça la JDA, une équipe qui ne lâche rien ! » En quelques mots, l’ailière de Dijon Nina Dury a l’art de résumer tout un weekend. Ballottée, secouée dans tous les sens, que ce soit par Esztergom en demi-finale ou Thüringer en finale, la caravelle bourguignonne a pourtant réussi ce qu’elle n’avait jamais fait dans son histoire : soulever une coupe d’Europe. « Ce titre, il représente beaucoup pour moi car je suis d’ici et je n’ai joué que dans ce club. Je pense qu’on envoie un message à l’Europe, et on va désormais pouvoir placer la ville de Dijon sur la carte du handball européen », continue l’ailière gauche. Elle, comme ses coéquipières, a du aller puiser loin dans ses réserves pour l’emporter. Déjà samedi soir, dans la deuxième demi-finale, les filles de Clément Alcacer avaient frôlé la correctionnelle. Menées de deux buts à l’entrée du money-time, elles avaient dû leur salut à l’entrée dans la cage de Ann-Cathrin Giegerich, pourtant blessée au dos. Mais ses trois arrêts en dix minutes avaient remis ses coéquipières sur de bons rails et leur avait permis de finalement l’emporter 33 à 30.

Mais si ce scénario avait, déjà, fait se lever le Palais des Sports de Dijon, que dire de celui de la grande finale de dimanche ? Tout d’abord, un premier acte complètement raté, en partie à cause – il faut le reconnaitre – de la gardienne de Thüringer Laura Kuske. A elle seule, elle compilait à la pause huit parades à plus de 60% d’efficacité. Et les Dijonnaises ne trouvaient les chemins des filets qu’à six petites reprises, dont quatre dans le jeu. « Et pourtant, le public a toujours été là, il nous a portées sur chaque but même si on était loin derrière. Il faut remercier tous ces gens d’avoir cru en nous », continue Dury, qui confiait n’avoir que peu dormi la nuit dernière. « Franchement, quand tu es à -9 à la mi-temps et que tu as dormi que deux heures, ça fout un peu les boules. On n’a pas beaucoup eu de temps pour récupérer, encore ce matin, on a fait pas mal de vidéos de Thüringer, je crois qu’on avait toutes envie qu’un tel effort vaille le coup », continue-t-elle, quelques secondes après que sa coéquipière Adriana Holejova ait reçu le trophée de MVP du weekend.

Nina Dury a fini meilleure buteuse de la finale avec neuf buts // Photo FFHandball – Icon Sport

Alors, au vestiaire, les joueuses de Dijon et leur staff se sont dit les choses. « Je ne sais pas trop, je n’étais pas dans le vestiaire », souriait la gardienne Manuella Dos Reis après coup, tandis que Nina Dury se souvenait : « On ne s’est jamais dit que c’était fini, on s’est dit dans le vestiaire que si y’en avait une d’entre nous qui pensait que c’était fini, elle n’avait pas sa place dans cette équipe. » Alors, petit à petit, elles ont semé leurs petits grains de sable dans la machine allemande. Un but par là, une récupération par ci, une contre-attaque de Nina Dury ou de Maureen Gayet pour faire rétrécir l’écart. Jusqu’à égaliser, à onze minutes du terme, puis passer devant dans la foulée. Plus jamais Thüringer ne reviendra, l’équipe allemande saoulée de coups jusqu’à s’écrouler. « Franchement, ce qu’on fait en deuxième période, c’est exceptionnel », continue Dury, qui admettra ne pas avoir réalisé l’exploit « jusqu’à la 59ème minute, quand je lève la tête pour regarder le score et on est à +3. » Au coup de sifflet final, les Dijonnaises peuvent laisser exploser leur joie. Après une troisième place aux Finals de l’European League la saison passée, elles montent cette fois sur la plus haute marche du podium. « C’est complètement dingue », dit, hilare, Claire Vautier, avant que Nina Dury n’appuie : « Le club et la ville se bougent et ont fait les efforts pour organiser ce Final Four. On leur devait de garder le trophée à la maison. »

Ce trophée, justement, pourrait n’être que le premier de la saison pour la JDA Dijon. Ils restent aux Dijonnaises deux matchs en Ligue Butagaz Energie pour sécuriser leur troisième place au classement ainsi qu’une Finale de Coupe de France dimanche prochain, à l’Accor Arena de Paris, face à Metz Handball. « On va surtout essayer de bien récupérer, j’avoue que je n’y pense pas encore du tout », tempère Nina Dury. Qui ne cache pas son ambition de glaner un deuxième titre cette saison : « C’est sûr qu’un tel weekend donne beaucoup de confiance à tout le monde. Au moins, si les Messines mènent de neuf buts à la mi-temps en finale, elles sauront qu’on ne lâchera rien ! Parce que c’est ça, la JDA ! »