Dispensé par l’IFFE, le module de formation des éducateurs socio-sportifs et de leurs employeurs s’inscrit dans la dynamique de professionnalisation. Elle vise à outiller les éducateurs, les dirigeants et les structures pour mieux concevoir, piloter, financer, évaluer et valoriser des projets socio-sportifs. Elle permet également de renforcer la connaissance des politiques publiques, des partenaires institutionnels, des dispositifs mobilisables et des méthodes de conduite de projet. Yohann Nadeau a participé au premier module de formation dispensée à la Maison du handball du 1er au 3 juin et livre son témoignage.
Quel est ton parcours qui fait qu’aujourd’hui tu as souhaité participer à cette formation ?
J’ai commencé à travailler il y a 25 ans au club de Poitiers, où j’ai été embauché en tant qu’éducateur sportif. Mes missions portaient à la fois sur l’aspect sportif et sur une dimension sociale qui, à l’époque, n’était pas encore aussi développée ou valorisée qu’aujourd’hui. Je suis intervenu dans les quartiers, dans des centres socioculturels, auprès de jeunes parfois en situation de décrochage. L’objectif était de faire de la continuité éducative et scolaire, ce qui correspondait à des actions assez classiques dans ce domaine. Depuis deux ans, j’ai rejoint le club de Châtellerault qui avait déjà mis en place des actions socio-sportives et souhaitait développer davantage ce volet. J’y travaille aujourd’hui en tant qu’éducateur socio-sportif.
Qu’est-ce qui a motivé ta participation à cette formation ? Est-ce une démarche personnelle ou celle du club ?
La première raison est réglementaire : cette formation répond à une obligation fixée par l’Agence Nationale du Sport dans le cadre de la reconnaissance de nos actions et de nos statuts. La seconde est plus personnelle. J’avais déjà quelques connaissances dans le domaine du socio-sport, mais elles n’étaient pas réellement formalisées. La seconde est que cette formation apporte une méthodologie, une structure et une réflexion qui permettent de prendre du recul sur nos pratiques. Elle nous aide à construire des projets cohérents et à dépasser le simple rôle d’éducateur sportif qui intervient auprès d’un public. On apprend à développer une véritable démarche de projet, avec une vision plus globale du socio-sport.
Au sein du club, interviens-tu principalement dans les quartiers prioritaires ?
Je travaille surtout auprès d’un public jeune. J’interviens effectivement dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville, mais aussi dans des dispositifs comme les cités éducatives ou les REP+. L’objectif est de favoriser la continuité éducative, de permettre aux jeunes de sortir de leur quartier et de découvrir leur environnement. Nous cherchons également à les orienter vers la pratique sportive en club, avec toutes les valeurs que véhicule le handball : l’esprit collectif, le respect, l’engagement et la solidarité.
Nous menons aussi des actions autour du sport-santé et du handicap. Nous faisons notamment de la sensibilisation à différents types de handicap, en particulier à travers le hand fauteuil.
Au club de Châtellerault, nous organisons chaque année les Rencontres Internationales de handball. L’an dernier, nous avons eu l’opportunité d’accueillir l’équipe de France fauteuil pour une rencontre face au Portugal. Cela nous a permis de développer encore davantage nos actions de sensibilisation autour du handicap et du para-handball.
Au-delà des apports des intervenants, quels bénéfices tires-tu des échanges avec les autres stagiaires ?
Nous venons d’horizons très différents, avec des parcours, des territoires et des expériences variés. Cette diversité est extrêmement enrichissante parce qu’elle permet de confronter nos idées et d’élargir notre réflexion.
Ces échanges contribuent également à développer un réseau de partenaires qui pourra être utile pour construire de futurs projets et renforcer l’impact de nos actions sur le terrain.
Sur le plan personnel, c’est aussi une expérience très enrichissante. Les rencontres que l’on fait au cours de cette formation nous poussent à nous remettre en question et à réfléchir à nos pratiques. Elles nous permettent de nous demander si ce que nous faisons est pertinent et comment nous pourrions l’aborder autrement.
On se rend compte que nous pouvons poursuivre des objectifs similaires tout en utilisant des méthodes différentes. Cette diversité des approches est particulièrement intéressante et constitue, à mes yeux, une véritable richesse.