Championne olympique, championne du monde, Chloé Valentini est désormais victorieuse de la Ligue des Champions avec Metz HB. Maman d’une petite Lou depuis septembre dernier, Chloé revient sur cette saison exceptionnelle.

Est-ce ta plus belle victoire de maman ?

C’est facile : oui ! Je suis hyper fière de nous, hyper fière de chaque joueuse, du staff, du président. On parle rarement de toutes les personnes qui travaillent autour du club, mais je pense aussi aux kinés, au préparateur physique, à tous ceux qui œuvrent dans l’ombre. Je pense à Léa, à Greg. Aujourd’hui, c’est vraiment la victoire de tout un groupe qui travaille depuis plusieurs années.

Justement, comme dans chaque saison, il y a eu des événements à gérer. Certaines joueuses ont connu – ou connaissent – des grossesses, ce qui a conduit le staff à faire des choix, parfois des impasses, pour arriver au meilleur niveau au moment décisif. Est-ce aussi un enseignement : être capable d’accompagner une femme dans sa maternité tout en continuant à atteindre les objectifs sportifs ?

En toute transparence, après la Coupe de France, l’équipe est partie directement à Plan-de-Cuques sans repasser par Metz. J’avais demandé à Manu (Mayonnade) que, sur ces deux dernières semaines de compétition, avec le déplacement pour la Coupe de France puis celui de Budapest, je ne pouvais pas m’absenter dix jours de la maison et laisser ma petite aussi longtemps.

Je lui ai donc demandé de me laisser rentrer chez moi après la Coupe de France. En revanche, je lui ai dit que je laisserais ma fille à Metz pour le Final Four à Budapest. On en a beaucoup discuté. Je lui ai expliqué que j’avais besoin d’être honnête avec moi-même parce que je savais que ma fille ne serait pas présente à Budapest et que c’était encore quelque chose de compliqué à gérer pour moi.

J’avais aussi besoin d’être totalement concentrée sur l’équipe et sur la compétition. Si ma fille avait été présente, mon cœur de maman aurait forcément eu envie de la voir. Nous avons donc pris ces décisions ensemble.

C’est beau d’accepter que nous ayons des enfants ; cela fait partie de notre vie. Mais au-delà de ça, il faut comprendre que chaque personne est différente. Moi, je fonctionne comme ça, mais Laura (Schneider) ne pense peut-être pas de la même manière. Il faut s’adapter à chacune.

D’autant plus que tu as été très performante. Tu as joué 110 minutes et tu as pleinement contribué à la réussite de l’équipe. Sur le plan personnel, ce n’est pas seulement un retour dans le groupe, c’est aussi la démonstration que tu revenue à ton meilleur niveau ?

C’est difficile d’en parler, mais je crois que le plus important aujourd’hui, c’est surtout cette Coupe d’Europe qui est là.

J’ai accouché fin septembre et je suis revenue en janvier. J’ai traversé des moments de doute, des périodes très difficiles. Les gens pensent parfois que c’est facile, mais non, ça demande énormément de travail au quotidien, 24 heures sur 24.

Bien sûr qu’il y a de la concurrence. Il y en a partout, et cela fait partie de notre métier. J’ai travaillé dur pour être là aujourd’hui. Je n’ai pris la place de personne. J’ai simplement fait le maximum pour revenir au meilleur niveau.