À la sortie de la crise sanitaire, lorsque le monde sportif cherchait à reprendre son souffle, Gravelines a tourné son regard vers la mer. Sur le sable de Petit-Fort-Philippe, entre les embruns et le vent du Nord, l’aventure du Beach Handball a commencé.

C’était juste une initiative de relance au sortir de la crise sanitaire, « un moyen de recréer du lien, d’en finir avec l’enfermement », sourit Delphine Bulot. Six ans après, c’est devenu un véritablement événement populaire à destination de tous les publics, les scolaires comme les licenciés et même les simples curieux attirés par le cadre majestueux de la plage de Petit-Fort-Philippe, mais surtout l’enthousiasme contagieux des « beachers » comme celui des dizaines de bénévoles réquisitionnés pour l’occasion.

Depuis 2021, la présidente de l’US Gravelines Handball attend « mes cinq jours de pur bonheur » avec impatience. « Tout le monde lâche prise, constate-t-elle, il n’y a pas cet esprit de compétition, pas d’animosité, simplement le plaisir de partager, au bord de la mer, sous le soleil, une activité ludique et spectaculaire. »

Très vite, le tournoi a effectivement trouvé son identité, faite de passion, de générosité et d’engagement. Pendant ces fameux cinq jours, le sable efface les hiérarchies, ralentit les certitudes et récompense l’audace.

Les écoles du territoire ont très vite adhéré au projet porté par le club, en collaboration avec le Comité Nord et le service des sports de la Ville. La saison passée, lors de la 5e édition, ils étaient quelque 650 élèves du primaire à tenter des 360° et des kung-fu sur le sable gravelinois. Les licenciés aussi, et tous les autres, ceux des maisons de quartier ou d’associations diverses, avides de mouvement et de liberté. « Au total, près de 1300 personnes participent au Tournoi, se félicite Delphine Bulot, et de nombreuses équipes nous sollicitent chaque année, de Belgique, de la région Grand Est… »

L’événement prend effectivement de l’ampleur. Le nombre d’équipes engagées ne cesse de progresser et l’événement attire des clubs venus de toute la région, puis d’horizons plus lointains. La qualité de l’organisation, l’accueil des bénévoles, le cadre exceptionnel et l’engagement de l’USG Handball contribuent à bâtir cette réputation. Il prend tellement d’ampleur qu’il a été récompensé à deux reprises, en 2024 et 2025, lors de la soirée du Trophée des Clubs de la FFHandball. « Notre démarche n’est pas ponctuelle, rappelle Delphine Bulot, elle s’inscrit dans le temps avec un réel impact sur le territoire. Elle permet de fédérer et d’animer l’écosystème de la performance sociale. »

Les primes perçues lors de ces soirées ont permis de financer les transports des élèves, puis leurs goûters, et même des tee-shirts aux couleurs du club, ainsi que du matériel complémentaire pour continuer d’améliorer la qualité de l’événement. Longtemps, en dépit des nombreuses aides extérieures, le club a peiné à boucler son budget. Il dégage aujourd’hui des bénéfices qu’il peut réinvestir dans le projet.

Parce que Delphine Bulot a envie de voir plus grand encore. Elle est passionnée. Déterminée. Une cinquantaine d’équipes se succèderont sur les terrains de Petit-Fort-Philippe dès ce mercredi 24 juin. Les scolaires d’abord. Puis les +16 ans et les adultes le samedi, les U11, U13 et U15 le dimanche. Mais, pour renforcer davantage ce projet, elle défend l’idée d’installer un terrain de Beach attenant à la salle Frédéric Petit. Cette initiative permettrait de créer une synergie entre les activités en salle et en extérieur, offrant ainsi une continuité dans la pratique du handball tout au long de l’année. Le goût du partage, toujours…