Du 23 au 28 juin à Zagreb, dix ans après leurs premiers pas sur la scène européenne, les Bleus disputent le premier championnat du monde de leur histoire. Les matchs de l’équipe de France sont à suivre en exclusivité sur HandballTV.
Il y a dix ans tout juste, le Beach français dessinait ses premières traces dans le sable, porté par des pionniers, des passionnés et une conviction, celle que la France pouvait prétendre à une place dans ce monde féérique.
Il y a dix ans tout juste, Rémi Desbonnet et quelques-uns de ses complices, dont l’indémodable Benjamin Gallego, s’apprêtaient pour leur premier Euro, à Zagreb déjà, sans bien mesurer qu’ils posaient là un jalon symbolique.
Sur le sable, le temps s’efface au rythme des envolées, des rotations et des exploits, mais certaines histoires méritent que l’on s’y attarde un petit peu plus que ces deux fois dix minutes. Celle des Bleus est de celles-là, et cette décennie de construction pour atteindre le sommet raconte toute leur abnégation, leur humilité et l’immense générosité de chacun des acteurs.
Cette qualification historique récompense, oui, une décennie d’efforts, de travail, de structuration et de développement. Depuis le lancement du projet, joueurs, entraîneurs et dirigeants ont œuvré pour faire grandir cette discipline spectaculaire, exigeante et en pleine expansion, guidés par Eric Quintin, le plus fervent des messagers. Année après année, les Bleus ont ainsi gagné en expérience sur la scène européenne, franchissant progressivement les étapes qui les séparaient du plus haut niveau mondial. Jusqu’à s’en approcher enfin au bénéfice d’un match inoubliable face au Portugal l’an passé à Alanya, arraché 17-16 aux shootouts. « Il ne faut surtout pas minimiser la portée de la performance, rappelle d’ailleurs l’entraîneur Paul Mourioux, parce que si nous avons effectivement trouvé parfois le temps un peu long, nous ne sommes encore que des novices dans un monde qui pratique depuis bien plus longtemps que nous. »
Un monde que le Brésil, vainqueur de cinq des dix premières éditions, et la Croatie, lauréate à quatre reprises, dont les deux dernières, dominent sans répit, un monde que toutes les nations convoitent, et pas seulement les plus traditionnelles. Dans le groupe de la France, l’Australie, championne d’Océanie en février dernier, a par exemple déjà disputé sept Championnats du monde, et Oman, le Champion d’Asie, deuxième adversaire des Bleus ce mardi, a même organisé une édition, celle de 2012. « Ce sont des nations que nous n’avons jamais affrontées, rappelle Paul Mourioux, mais que nous devrons dominer pour exister au tour principal. Il faudra donc rapidement appliquer notre stratégie et nous concentrer sur nos points forts. » Ces points forts concernent le mouvement, l’élan et la fluidité, la marque de fabrique des Bleus qui privilégient aussi une défense qui vise à mettre sous pression le porteur de balle. Les Bleus ne sont pas les plus grands ni les plus costauds, alors ils prônent ce jeu vivant, porté par l’intelligence collective et l’envie de toujours aller de l’avant.
Ils sont évidemment attendus mardi par la Croatie qui n’a peur de personne sur le sable de Jarun, au coeur de la capitale. Les Croates, sur le podium des six dernières éditions, n’ont aucun autre projet que celui de rejoindre leurs amis brésiliens au palmarès, et les « vétérans », Ivan Juric (39 ans), Ivan Dumencic (35 ans), MVP du dernier Mondial en Chine, et Valentino Valentakovic (33 ans) ont bien compris que c’était l’ultime occasion pour eux d’y parvenir.
Les Bleus auraient bien sûr aimé disposer de toutes leurs forces vives, du gardien Robin Kerdudo, et du pivot Jordan Yamdjeu pour appréhender cette compétition différemment. Mais ils se sont préparés sans relâche, à Lacanau notamment, et avancent désormais avec la confiance nécessaire pour prétendre aux quarts de finale. « La compétition est un monde très ingrat, rappelle Paul Mourioux, et ce n’est pas celui qui travaille le plus qui gagne automatiquement. Au-delà de la nécessité de bien jouer, il va pourtant falloir gagner, et donc mettre sur la table tous les ingrédients nécessaires, de manière réfléchie, pesée. »
C’est en tout cas un nouveau et palpitant chapitre qui s’ouvre ce mardi à Zagreb. Le monde attend les Tricolores, mais le contraire est vrai aussi parce que, si cette qualification marque l’aboutissement d’un long chemin, elle dessine surtout le début d’une nouvelle aventure portée par une poignée de rêveurs et une infinie passion.
LE PROGRAMME – France a masculine
Tour préliminaire
Mardi 23 juin
13 heures : France – Australie
21 heures : France – Oman
Mercredi 24 juin
13 heures : Croatie – France
Tour principal et matches de classement
25 et 26 juin
Quarts de finale, demi-finales et matches de classement
27 juin
Finale, et match pour la troisième place
28 juin
LE GROUPE – France a masculine
GARDIENS : Lucas Pégurier-Boiron (GFCA Handball). SPÉCIALISTES : Baptiste Dubois (Montpellier Handball); Marius Inocencio (Union Sud Mayenne/Lacanau Ocehand); Horace Quintin (CS Vésulien Haute-Saône). AILIERS DROITS : Lawrence Akakpo (Vitrolles Handball); Paco Nichelatti (GFCA Handball). PIVOTS : Axel Deschamps (GFC Ajaccio Handball) ; Corentin Oudard (Andernos Handball Nord Bassin/Lacanau Ocehand). DÉFENSEURS : Benjamin Gallego (USAM Nîmes Gard/Lacanau Ocehand); Alexis Gilme (Courbevoie Handball).
LE STAFF – france a masculine
Sélectionneur : Patrick Teyssier. Entraîneur : Paul Mourioux. Entraîneur des gardiens : Daouda Karaboué. Analystes Vidéo/logistique : Thomas Brunel, Vincent Pons. Préparatrice physique : Solène Tossut. Médecin : Dominique Savelli. Kinésithérapeute : Franck Lagniaux. Chef de délégation : Nicolas Marais. CTN Beach Handball : Eric Quintin.