Pour la première fois de son histoire, l’équipe de France féminine U17 disputera les Jeux olympiques de la jeunesse organisés au mois de novembre prochain à Saly, au Sénégal.

L’été s’étire doucement, comme une lumière qui refuse de disparaître, parce que certaines rentrées ont un goût particulier, mélange de nostalgie, de promesses et d’épopées. Dans deux mois tout juste, les demoiselles de Yann Joannel participeront en effet aux Jeux olympiques de la jeunesse sur le sable de Saly, dans la région de Thiès, sur la Petite Côte, à 80 kilomètres au sud de Dakar. Une première pour la FFHandball, désignée par le CNOSF pour disputer cette quatrième édition -celle de 2022 a été annulée- du 31 octobre au 13 novembre prochains.

Pour les jeunes Françaises, médaillées lors des Championnats d’Europe 2024 (2e) et 2025 (3e), Saly sera bien plus qu’un simple tournoi. Ce sera une aventure autant humaine que sportive, une parenthèse unique dans une carrière, mais aussi peut-être le début d’une histoire.

Créés lors de la 119e session du CIO au Guatemala en 2007, les JOJ, chers à Jacques Rogge, l’ancien président de l’instance, ressemblent à une porte d’entrée vers l’Olympisme, un laboratoire idéal pour l’IHF qui souhaite intégrer le Beach Handball au programme olympique. Les dirigeants de la Fédération internationale auraient d’ailleurs aimé que la discipline apparaisse comme sport de démonstration à Paris 2024. Le formidable showcase organisé par la FFHandball sur le site de la Maison du handball à Créteil avait donné un aperçu convaincant. Hassan Moustafa concentre désormais toutes ses forces sur Brisbane où il aimerait exposer tous les charmes du Beach Handball.

Ces JOJ, en attendant, sont les « petits frères » des Jeux olympiques, avec une philosophie cependant différente puisqu’ils servent autant à former et à inspirer les jeunes athlètes qu’à désigner des champions. Contrairement aux Jeux olympiques, l’objectif affiché est fortement axé sur l’éducation. Ils servent ainsi à tenter d’enrayer le déclin de la pratique sportive chez les jeunes, tout en combattant la croissance de l’obésité, mais aussi à promouvoir des valeurs comme l’excellence, l’amitié et le respect, et à sensibiliser à un mode de vie sain, au respect de l’environnement et à une pratique propre et transparente du sport.

2700 sportifs et 800 officiels issus de 207 délégations sont attendus pendant les 12 jours de compétition. Cette quatrième édition accueille à nouveau le Beach Handball parmi les 25 sports représentés, comme en 2018 à Buenos Aires où 24 équipes issues de 17 pays et des cinq continents s’étaient disputées le titre. Chez les filles, les Argentines l’avaient emporté et des joueuses comme Lucila Balsas, Gisella Bonomi ou encore Zoe Turnes, MVP du Mondial du mois de juin à Zagreb remporté par les Kamikazes, s’étaient révélées.

Les Bleuettes aimeraient bien suivre ce même chemin, même si le dernier Mondial achevé à la 5e place rappelle toute la difficulté de la tâche. Sorties confiantes du tour préliminaire avec notamment un probant succès sur l’Allemagne, elles ont concédé deux revers frustrants à la Norvège et la Hongrie qui les ont écartées de la course à la médaille. « Mais les filles ont tout donné, assure Yann Joannel. Elles se sont accrochées face à l’Espagne en quart de finale, elles n’ont jamais baissé les bras. Au final, cette cinquième place récompense le caractère et l’investissement d’un groupe jeune et prometteur qui aura l’ambition de décrocher une médaille à Saly ».

Le tirage au sort, effectué le 22 juillet dernier à Bâle par la Fédération internationale de handball, a placé la France dans le groupe B, aux côtés de l’Uruguay, du Kenya et du Sénégal, le pays hôte, entraîné par Valérie Nicolas. Le groupe A réunit quant à lui l’Espagne, la Croatie, la Chine et le Mexique. Les Bleuettes se retrouveront le mardi 3 novembre à la Maison du handball à Créteil, et s’envoleront pour Dakar le jeudi 5. La première rencontre est programmée le 9 sur le sable de Saly, la finale se déroulera quatre jours plus tard, pourquoi pas sous les yeux d’Omar Sy, l’un des parrains de l’édition.

DÉCLARATIONS

Nicolas Marais (responsable du Pôle Beach Handball) : « C’est une très belle nouvelle pour nos jeunes filles. Après avoir disputé le championnat d’Europe cet été, elles participeront à une deuxième compétition prestigieuse cet été, un moment unique dans une vie. Je remercie d’ailleurs le CNOSF d’avoir proposé cette place à la FFHandball. »

Yann Joannel (entraîneur de l’équipe de France) : « C’est une très bonne nouvelle pour tout le monde. Pour les jeunes, d’abord, aussi pour la FFHandball qui s’est engagée à fond dans la discipline. Ces Jeux Olympiques de la Jeunesse constituent une magnifique vitrine pour le Beach, et un moyen supplémentaire pour le développer. »