De retour de l’entraînement dans la banlieue de Moscou, quelques minutes après avoir signé officiellement son contrat d’une durée d’un an avec le Zvezda, Alexandra Lacrabère s’est confiée en exclusivité sur les choix qui l’ont motivée à rejoindre la Russie et sur ses premières impressions.– « Alexandra, tu viens de signer ton contrat avec le Zvezda, quand es-tu arrivée en Russie ?
Je suis ici depuis le 28 août. Il me tardait d’être là ! Même si je dois admettre que quand j’ai posé le pied ici, je me suis quand même dit « mais qu’est-ce que je fais là ! » (rires). C’est loin, très loin de chez moi ! Je n’ai pas encore d’appartement, je vis à l’hôtel pour le moment. Et c’est assez comique. Même pour faire les courses : tout est en russe. Il faut un certain temps pour faire comprendre que tu veux deux cuisses de poulet au supermarché !
Comment as-tu vécu cette trêve estivale un peu particulière entre le titre avec Arvor29, les JO et ton départ pour la Russie ?
J’ai assez mal vécu la fin de l’histoire avec l’Arvor29. J’ai cherché un club mais c’était compliqué. Tout s’est un peu précipité. Il y a eu les Jeux, j’ai alors préféré me concentrer sur Londres. Je savais simplement que je ne voulais pas rester en France. Alors, pourquoi la Russie ?
Le club m’a contactée. Et je crois que c’est un jeu qui me convient. C’est un club au sein duquel je peux progresser dans tous les secteurs. Je vais évoluer avec des joueuses de prestige et de talent comme Postnova ou Nikolic (ex-Arvor29). La Russie est très bien classée au niveau international, c’est une culture à part. Dès le premier entraînement, j’ai été impressionnée. Nous étions très nombreuses. Et je peux vous dire que c’est dur. Il ne rigole pas avec le travail physique !
Tu es la première joueuse française à rejoindre le championnat russe qui est assez hermétique de coutume ? Tu es une pionnière !
C’est vrai. Il me tardait de venir. La Russie, ça peut faire peur à tout le monde, parce que les gens associent ce pays à Yevgeni Trefilov (l’entraîneur de la sélection nationale russe) qui hurle sur le banc. Mais les entraîneurs sont détendus. c’est une fausse image. C’est vrai que c’est difficile de se dire qu’on va être éloigné de ses proches, mes parents, mes neveux et nièces… Je le savais. J’ai eu un coup de blues la veille du départ, mais je sais pourquoi je suis là.
Quelles seront les ambitions de ton nouveau club – ainsi que les tiennes – cette saison ?
La Ligue des Champions ! Je le dis depuis longtemps. Je veux la gagner. Le Zvezda l’a remportée en 2008 et il a les armes pour disputer le titre.
Tu vas vite revenir en France pour disputer le tournoi Wild Card à Paris (le 22 septembre) !
Oui ! Ca sera un plaisir. On y va évidemment pour décrocher le billet pour la Ligue des Champions.
Quand débute le championnat en Russie ?
Le week-end prochain ! Ca sera mon premier match ! Je n’ai pas fait de rencontre amicale ! (rires).
Ils ont écrit ton nom en cyrillique sur ton nouveau maillot ?
(Rires) Non, non ! C’est bien écrit Lacrabère. Sur mon passeport, c’est en cyrillique ! Et là, je ne comprend rien !
Tu as déjà appris quelques mots en russe ?
Oui ! Je sais dire merci… Et aussi… J’ai oublié le reste ! Mais je pense que je vais prendre des cours ! – »