Coéquipières à Itxako, en Espagne, Raphaëlle Tervel et Deonise Cavaleiro seront face à face ce soir à 22h45, dans le choc entre la France et Brésil. Confidences croisées entre l?ancienne Bisontine et celle qui évoluait au Havre ces deux dernières saisons?


Coéquipières à Itxako, en Espagne, Raphaëlle Tervel et Deonise Cavaleiro seront face à face ce soir, dans le choc entre la France et Brésil. La rencontre est capitale pour les deux nations qui visent la première place du groupe C. Confidences croisées entre l?ancienne Bisontine et celle qui évoluait au Havre ces deux dernières saisons?« Raphaëlle, Deonise, que signifie le match de ce soir pour votre équipe respective ?
Raphaëlle : Pour nous c?est le match le plus compliqué de ce premier tour. Le Brésil est, d?après moi, largement au-dessus de la Roumanie. On va jouer pour la première place du groupe. Je m?attends à un gros, gros combat physique. On sait qu?elles vont nous casser !
Deonise : (rires partagés) Les autres oui, mais entre nous deux, ça ira ! Je pense aussi que ce match va décider de la première place, et c?est le match le plus difficile pour nous également. On va tout faire pour le gagner. Il y aussi beaucoup de rivalité entre la France et le Brésil, surtout du côté français il me semble, car on vous a battues au Mondiaux 2005 et 2009?
Raphaëlle : Oui, et on en a un peu marre? C?est pour ça qu?on a décidé de venir vous battre chez vous !

Qui est favori d?après vous ?
Deonise : La France est mieux cotée que le Brésil. Elle possède de très bonnes joueuses à tous les postes, et une défense très dure. Mais puisque nous jouons à la maison, je dirais le Brésil.
Raphaëlle : Je suis d?accord, le Brésil est favori, disons jusqu?au coup d?envoi. Après?

Deonise, quel est votre objectif sur ce Mondial à domicile ?
Deonise : Le meilleur, ce serait une médaille. Sinon, terminer dans les cinq ou au moins dans les huit premiers. On va jouer match après match, et on verra. Mais on s?est bien préparées et on est prêtes. On a fait trente jours d?affilée de stage au Brésil au mois de juin, puis encore quinze jours en octobre à l?occasion des Jeux Panaméricains au Mexique. Et on s?est retrouvées le 18 novembre pour terminer la préparation.

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On imagine que vous avez toutes les deux préparé ce match avec une grande attention?
Raphaëlle : Oui, cela fait déjà plusieurs jours que les vidéos des matches du Brésil tournent dans les chambres? (rires de Deonise) Moi j?ai une image du Brésil, c?est celle du match de Ligue des Champions du mois dernier entre Hypo (à Vienne, où jouent huit Brésiliennes) et Györ. Je pensais aller au ciné ce soir-là, et puis au dernier moment, je suis restée chez moi pour regarder. C?était un super match. Hypo a gagné avec un engagement extraordinaire, des filles surmotivées, surpuissantes en attaque, et avec énormément de volume en défense. Je me suis dit immédiatement : voilà ce qui nous attend contre le Brésil. Ca va envoyer de tous les côtés.
Deonise : Je pense qu?il va nous falloir beaucoup d?agressivité et de concentration pour gagner. Il ne faudra pas qu?on perde beaucoup de ballons, car la France est très rapide en montée de balles. Cela va se jouer sur un détail.

Deonise, que vous a apporté votre entraîneur danois, Morten Soubak ?
Deonise : Une autre philosophie, une autre manière de travailler. Il cherche le meilleur de chacune à chaque moment, et on joue de façon plus collective qu?auparavant. On a beaucoup gagné en régularité. Avant, le Brésil pouvait battre la Russie et perdre le lendemain contre une nation de seconde zone. Aujourd?hui, on est capable d?enchaîner les victoires.

Que signifie ce championnat du Monde pour le développement du handball au Brésil ?
Deonise : On cherche à travers le Mondial la reconnaissance des Brésiliens. C?est pour ça qu?on veut aller le plus loin possible, pour développer notre sport. Ici, on ne connaît le handball que par l?intermédiaire de l?école, jusqu?au collège. Le niveau senior n?existe presque pas, il n?y a pas d?argent, pas de sponsors, et les gens ne viennent pas voir les matches. C?est pour ça que les Brésiliennes vont jouer en Europe. Mais je pense qu?il y a aura du monde dans la salle pour le match de ce soir contre la France, plus que lors de notre premier match (entre deux et trois mille personnes, vendredi face à Cuba).

Vous connaissez bien toutes les deux le championnat de France. Que pensez-vous de son développement ?
Deonise : Pour moi, c?est sinon la meilleure, la deuxième ou la troisième ligue au monde. A cause du niveau des équipes, du niveau de jeu, et des structures. C?est un championnat très compétitif, le meilleur dans lequel j?ai joué.
Raphaëlle : Pas mal de choses ont changé depuis que je suis partie, il y a six ans. Il n?y avait alors que deux clubs au sommet, Metz et Besançon. La professionnalisation a beaucoup apporté. Le championnat est bien plus homogène aujourd?hui, beaucoup plus qu?en Espagne où, avec Itxako, on est assez largement devant les autres.

Vous êtes coéquipières à Itxako depuis cet été. Comment allez-vous gérer le fait d?être opposées ce soir ?
Deonise : Cela arrive souvent, c?est la vie du handball?
Raphaëlle : Moi j?aime bien en général, ça me donne une petite motivation supplémentaire de jouer contre les Espagnoles ou d?autres copines de club? »