«Le monde ne sera pas le même sans toi »? Nina Kanto, enfant de Yaoundé, la ville aux sept collines, n?a pas trouvé le sommeil la nuit dernière. Nelson Mandela est décédé. Le pivot de l?équipe de France n?a su étouffer sa tristesse. «Il était l?un des derniers symboles vivants de l’espoir pour la fraternité et la paix, dit-elle. Il a sacrifié sa vie pour les autres.» Ses coéquipières sont tout aussi émues. Pas seulement celles viscéralement liées à l?Afrique. Mariama Signaté est née à Dakar, au Sénégal; Paule Baudouin à Saint-Denis de parents camerounais comme la jeune Grâce Zaadi, Siraba Dembélé et Maakan Tounkara sont originaires du Mali, Amélie Goudjo de Nantua d’une famille béninoise, Koumba Cissé a des origines sénégalaises, Gnonsiane Niombla ivoirienne et Dounia Abdourahim de Djibouti. Elles revendiquent toutes leurs racines, mais sont d?abord sensibles aux messages de liberté, de fraternité. D?amour. «Il incarnait des valeurs chères à mon coeur, dit Paule Baudouin, notamment le rejet des stigmatisations. Sa disparition n?est pas seulement un deuil pour l?Afrique, non?» Siraba Dembélé, la nouvelle capitaine des Bleues, est admirative de cet homme qui a «sacrifié, voué son existence pour lutter en faveur de l?égalité.» «Et il a mené cette lutte jusqu’à son dernier souffle», ajoute-t-elle. «Je retiens son charisme, son aura, insiste Nina Kanto. La sagesse de cet homme a bien souvent calmé ou stabilisé des situations critiques.»
« L’espoir que le Monde puisse changer »
Les yeux de Nelson Mandela se sont fermés pour toujours. Ceux des joueuses de l?équipe de France sont grands ouverts. Comme tous les sportifs à travers la planète, unanimes dans l?hommage, elles sont sensibles à cette disparition, louent ses combats, s?interrogent sur le sens à donner à leur vie. «Ce qu?il représente, soupire Nina Kanto, me donne espoir que ce monde de brutes avides de pouvoir puisse changer. La guerre est partout, pour tout et n?importe quoi, et ça me fait très peur pour l?avenir. » Mais la pivot des Bleues est forte. Peut-être parce que des Hommes de cette même profondeur lui ont ouvert les yeux. «Sans ces êtres d?exception, jure-t-elle, je ne serais pas celle que je suis aujourd?hui. De Martin Luther King à Rosa Park en passant par Malcolm X, je leur dois beaucoup et les porte dans ma chair. » Nelson -Madiba- Mandela s?est éteint. Mais le mythe est éternel. Le mythe d?un homme courageux, profondément bon, farouchement digne. «Nous devons nous inspirer de sa sagesse, de sa détermination et de son engagement pour nous efforcer de rendre le monde meilleur», a dit Ban Ki-moon, le secrétaire général de l?ONU. C?est effectivement un noble dessein?