Le capitaine des Experts, Jérôme Fernandez, se confie sur la préparation olympique des Bleus, qui débute ce lundi à La Toussuire.

Le capitaine des Experts, Jérôme Fernandez, se confie sur la préparation olympique des Bleus, qui débute ce lundi à La Toussuire. Après deux semaines de vacances en famille, le Toulousain est prêt à replonger dans l’aventure olympique et entend bien défendre à Londres le titre suprême conquis à Pékin en 2008.

« -Jérôme, comment se sont passées ces deux semaines de coupure ?
-J’ai pu passer un peu de temps en famille, partir une semaine au soleil à Ibiza, et faire quelques travaux de maison à Toulouse pour finir. En quinze jours, il fallait réussir à faire un break au niveau psychologique, tout en veillant à ne pas entamer le capital physique. Alain Quintallet, le préparateur physique, nous avait donc laissé un petit programme de maintien en forme. Ce fut donc des vacances studieuses, mais il fallait que ce soit des vacances… D’autres sont partis comme moi à l’étranger pour se déconnecter du handball, avant de se réinvestir pour tout l’été.

-Quel va être le menu de cette préparation olympique ?
-On va commencer par un stage physique à la Toussuire. On ne touchera pas le ballon, mais on travaillera le foncier, la musculation, et on aura des activités de plein air en haute montagne. On sait qu’on va en baver ! Ensuite en Andorre, ce sera un stage uniquement axé sur le handball, mais là encore en altitude, pour que cela porte ses fruits physiquement lors des JO. On enchaînera avec Strasbourg et Dunkerque pour les matches de préparation.

-Y a-t-il une tentation de répéter la préparation de 2008, qui avait forcément été bonne puisque vous étiez rentrés de Pékin avec l’or ?
-Le staff a voulu faire un mix entre ce qu’on avait fait il y a quatre ans et qui avait bien fonctionné, et des choses nouvelles. Car il faut aussi apporter du changement, pour ne pas qu’on ait l’impression de revivre la même chose.

« Quelque chose que je connais déjà, mais qui va autant me faire vibrer »

-Vous n’aurez que trois matches de préparation avant les Jeux, est-ce suffisant ?
-Oui, je le pense. Nos trois matches de préparation seront très studieux. Le tirage au sort des JO nous a placés dans une poule qui va nous permettre de monter en puissance, vu l’ordre des matches. Nous n’avons pas les mêmes obligations que le Danemark, la Croatie ou l’Espagne, qui devront batailler davantage en début de tournoi dans l’autre groupe.

-Comment abordez-vous vos quatrièmes Jeux Olympiques d’affilée ? On imagine que ce n’est plus la même approche qu’en 2000 à Sydney…
-Avec beaucoup de fraicheur. Ce sont surement mes derniers Jeux. J’ai très envie de participer et d’apporter, et en même temps j’ai davantage de recul et d’expérience par rapport à l’évènement. A Sydney, c’était un peu l’inverse, c’était la découverte. Là, je vais vers quelque chose que je connais déjà, mais qui va autant me faire vibrer. C’est ça qui est magique avec les Jeux…

-L’Euro du mois de janvier est-il oublié ?
-Oui ! Dans ma tête en tout cas, il est déjà rangé dans le même coin que l’Euro de 1998 à Bolzano, avec ces quelques compétitions où l’on n’a guère brillé. Maintenant, il faut prendre conscience qu’on a eu la chance de vivre des choses exceptionnelles ces dernières années, mais qu’on est retombés dans une situation plus normale. Cet Euro va nous redonner du peps. Je ne pense pas qu’il laissera des traces, mais au contraire qu’il nous a renforcés en tant qu’équipe. Car c’est dans la difficulté qu’on se construit.

-La préparation olympique est aussi l’heure des choix pour le sélectionneur… Comment cela va-t-il influer sur le groupe ?
-Cela fait partie du jeu, on en a tous l’habitude. C’est vrai qu’il n’y a que 14 places pour les Jeux, mais rien n’est jamais acquis avant chaque compétition. Ceux qui vont rester sur la touche pourraient être titulaires dans n’importe quelle autre sélection. Même un joueur qui est l’un des meilleurs d’Europe à son poste n’est pas sûr d’aller aux Jeux, tant le niveau est élevé dans cette équipe. Mais c’est comme ça…

-Qu’avez-vous pensez du tirage au sort des JO ?
-J’aurai aimé avoir soit la Croatie, soit le Danemark, soit l’Espagne dans notre groupe, pour qu’il y ait deux gros de chaque côté. Ce tirage va nous permettre de monter en puissance, mais on sait qu’aux Jeux Olympiques, tout se joue sur le quart de finale. Là, on sait que le quart sera difficile, peut-être plus que si les deux groupes avaient été équilibrés. »