– « Didier, c’est devenu une délicieuse habitude, cette rentrée des classes avec les Bleus. Avez-vous vécu celle-ci différemment ?
C’est en effet toujours très plaisant de se retrouver même si cette fois, c’est assez spécial parce qu’il y a beaucoup de blessés. Du coup, on découvre un collectif rajeuni qui doit faire ses preuves. Et puis, des matches de qualification, on avait perdu l’habitude d’en disputer. Mais je crois que c’est une bonne chose parce que la Fédération rencontrait parfois des difficultés à trouver des adversaires pour jouer des matches amicaux. Personne ne voulait venir pour se prendre une pilule. Là, on se voit proposer des matches sérieux. La semaine s’est passée à merveille. Et je me réjouis toujours de voir les sourires sur les visages, le plaisir de retrouver les copains. Tout le monde est toujours heureux d’être réuni. Moi le premier, j’avais hâte de voir mes amis, pour qu’on se raconte nos débuts de saison, pour partager le quotidien de chacun.
Beaucoup de choses ont changé pour vous depuis Londres, puisque vous avez retrouvé la France après plusieurs années passées en Espagne. Vous réacclimatez-vous bien au pays ?
Oui ! S’adapter, on est obligé (rires). Plus sérieusement, le PSG Handball, c’est un projet d’envergure, avec de grands joueurs. Dans ma vie quotidienne, même si j’ai quitté l’Espagne, je suis Français, j’ai changé de ville, mais pas de culture ni de langue. Même s’il est vrai qu’il faut s’habituer au rythme de Paris…
« EN ARRIVANT A PARIS, J’AI FAIT MON TOURISTE, J’AI PRIS LE BATEAU-MOUCHE »
Vous avez beaucoup voyagé… Vivre à Paris est une première pour vous. Est-ce bien la plus belle ville du monde ?
Je n’y avais en effet jamais vécu. Oui, je pense que c’est la plus belle ville du monde, je ne m’ennuie jamais. C’est moins zen qu’ailleurs, certes. Ca vit à mille à l’heure. C’est un peu particulier. Malgré tout, je ne me sens pas stressé. Tous les joueurs sont logés au même endroit, à Boulogne. Quand je suis arrivé, j’ai fait mon touriste ! J’ai même fait le circuit bateau-mouche sur la Seine (rires) !
Vous avez intégré un club qui a totalement changé de visage à l’intersaison, et vous voilà leader incontesté du championnat. Pensiez-vous obtenir si rapidement de tels résultats ?
On s’y attendait un peu. Peut-être pas à ce point, mais à avoir de bons résultats, oui. Cela aurait été une déception et un échec de voir Paris perdre des matchs. On ne dit pas qu’on va tout révolutionner. Maintenant, on endosse un statut de favori. J’espère que la course va bien se terminer, elle est encore longue. Tout peut encore arriver. Par exemple, le déplacement à Dunkerque avec trois blessés dans nos rangs pourrait, en cas de défaite de notre part, relancer le championnat. Le statut de favori, il faut l’assumer. Si on en n’est pas capable, c’est qu’on ne mérite pas le titre.
Plus personnellement, pensiez-vous qu’après sept journées, vous auriez inscrit 11 buts sur 13 tentatives en championnat sans oublier le douzième inscrit jeudi dernier avec les Bleus ?
Depuis toutes ces années passées sur les terrains, j’ai quand même déjà marqué des buts ! Au début de ma carrière, je jouais arrière… mais c’est vrai que cette année, je prends plaisir à faire des contre-attaques. C’est juste pour participer au jeu de transition, c’est la cerise sur le gâteau. Je ne vais pas dire que ça ne me fait ni chaud ni froid. Depuis 1997, je fais deux matches par semaine. Là, je n’en ai qu’un, donc je peux courir (rires) !
« LE CHAMPIONNAT DE FRANCE EST LE DEUXIEME MEILLEUR D’EUROPE »
A Ciudad Real, vous avez côtoyé parmi les plus grands joueurs du monde. Paris est aujourd’hui un savant mélange de talents avec Abalo, Mikkel Hansen, vous. Est-ce malgré tout différent ?
C’est vrai que c’est un peu la même configuration. Avec un projet monté de toute pièce comme à Ciudad Real en 2003-2004. C’est quelque chose de grand. On a les moyens d’être performant très tôt. Mais de grands joueurs ne sont pas toujours synonymes de grande équipe. Il faut travailler pour apprendre à se comprendre, à conjuguer les talents. Pour moi, le championnat français est désormais le deuxième meilleur championnat d’Europe. En Espagne, hormis Barcelone et Madrid, il n’y a plus grand chose. En France, les forces sont mieux réparties, équilibrées. La preuve, Nantes nous a sortis en Coupe de la Ligue. Il y a eu beaucoup de retours de joueurs évoluant depuis plusieurs années à l’étranger et de très bons joueurs étrangers qui ont signé également, c’est très encourageant.
Justement, en parlant de grand joueur étranger, le prodige danois Mikkel Hansen a désormais la chance d’évoluer à vos côtés. L’inverse est-il également vrai ?
C’est évidemment réciproque. C’est une vraie chance de jouer ensemble. Il fait un très beau début de saison, ce qui explique en partie les résultats du PSG Handball. C’est un jeune joueur qui a beaucoup de respect pour les anciens. Il ne revendique rien si ce n’est de bien jouer à chaque match.
Parlons un peu d’avenir. Et de reconversion… Des envies ?
Je veux rester dans le handball et entrer dans le monde des entraîneurs. Quand tu as joué 17 ans au plus haut niveau, je crois sans prétention que tu as ton mot à dire. Il y a des recettes, des expériences à partager. Cette volonté de transmission des savoir-faire, c’est très important. Mettre des joueurs de haut niveau comme entraîneurs ne peut être que bénéfique en France. J’envisage aussi de faire profiter ma Guadeloupe natale de cette expérience. Eddy Couriol, président de la Ligue, souhaite que nous fassions des échanges et qu’il y ait un suivi dans la formation des joueurs guadeloupéens. Quand j’aurai du temps pour voyager, je m’y rendrai afin de proposer des formations de cadres sur place.« LA FIN DE CARRIERE DE GINO M’A MIS UN COUP AU MORAL »
Au fait, qu’en est-il de votre exploitation d’oliviers ?
Mes olives vont bien ! (Rires). Elles sont en Espagne, elles ne bougent pas et on s’occupe bien d’elles en mon absence. C’est vrai que le transfert de Ciudad Real à Madrid l’an passé avait compliqué un peu les choses. Maintenant, je suis à Paris. Je déciderai de ce qu’on en fera en temps voulu. Je suis allé y faire un tour pendant la petite trêve il y a quelques semaines. C’est un lieu où je me ressource. Je suis malgré tout un peu nostalgique de tout ça.
Votre copain Guillaume Gille a annoncé la fin de sa carrière internationale il y a quelques semaines. Pensez-vous, vous aussi, à fermer le livre de votre carrière de joueur à quelques mois d’un Mondial en Espagne qui doit vous tenir à c?ur ?
Cela m’a mis un petit coup au moral quand Guillaume s’est retiré. Gino et moi, on est ensemble depuis 1996 et l’Euro espoir en Roumanie. Voir un joueur avec qui j’ai partagé tant d’émotions et tant d’aventures arrêter, ça veut aussi dire que je n’en suis pas loin non plus ! Gino a été discret, il nous a écrit une lettre. Je me suis en effet interrogé… Je suis persuadé qu’il vaut mieux s’arrêter quand on le décide plutôt de se faire sortir de force. Ma décision est prise. Même s’il ne faut jamais dire jamais, sauf exception exceptionnelle (rires), je mettrai un terme à ma carrière à la fin de la saison. D’ici-là, il me reste beaucoup de perspectives et de moments à vivre. Le championnat, le Mondial en Espagne… Et si la fin de cette saison doit être mon crépuscule en tant que joueur, je veux croquer dedans avec envie. Je veux tout vivre, pourquoi pas les Jeux Méditéranéens qui auront lieu en juin. Je n’ai qu’une ambition : vivre chaque instant pleinement, pour n’avoir aucun regret. »
LA FICHE D’IDENTITE
Didier DINART
Surnom : Did’
Né le : 18/01/1977 à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe)
Numéro : n° 3 – Pivot
1,97 m – 104 kg
Sélections en équipe de France : 369
Nombre de buts inscrits en équipe de France : 162
DINART EN DIX DATES
1996 – Première sélection en Bleu face à la Croatie
1998 – Devient champion de France pour la première fois
2001 – Remporte le titre de Champion du Monde avec les Costauds à Bercy
2003 – Remporte la Ligue des Champions avec Montpellier
2003 – Rejoint le club espagnol de Ciudad Real
2006 – Est sacré champion d’Europe avec les Bleus et champion d’Europe des clubs avec Ciudad Real.
2008 – Remporte sa quatrième Ligue des Champions et devient Champion olympique à Pékin
2011 – Savoure un troisième titre mondial avec les Experts en Suède
2012 – Fête une nouvelle couronne olympique à Londres.
2012 – Signe au PSG Handball