Après les féminines la saison passée, ce sont les garçons de Case Cressonnière qui rentrent à la Réunion avec un trophée national, celui de Nationale 2 masculine. Les autres finales ont été remportées par les clubs métropolitains, avec une mention spéciale pour Celles-sur-Belle, auteur du doublé championnat-Coupe de France.

Dans la première finale de la journée, celle de Nationale 3 masculine, la réserve du Dijon Métropole Handball s’est imposée face au Geldar de Kourou (40-26), la première équipe guyanaise à disputer une finale nationale depuis plus de dix ans. Pourtant, l’écart final est trompeur puisqu’à la pause, les Dijonnais ne menaient que de cinq buts (19-14). S’ils avaient fait l’écart à la fin du premier quart pour prendre huit longueurs d’avance, les Métropolitains n’avaient pas su maintenir le rythme avant la mi-temps. Mais, portés par Mathis Jourdin et Matthieu Blaise, auteurs de neuf buts chacun, ils ont accéléré au retour des vestiaires, laissant leurs adversaires sans réaction. Avec dix longueurs d’avance à quinze minutes de la fin, les joueurs de Hugo Couderc pouvaient gérer sereinement la fin de match. « Ces jeunes ont fait une super saison cette année, ils ont gagné quasiment tous leurs matchs et rempli l’objectif de remonter en N2. Aujourd’hui, c’était la cerise sur le gâteau, une façon de les garder concentrés sur la fin de saison, et ils ont joué à 100% » souriait l’entraineur bouguignon tandis que son homologue guyanais Benjamin Sulemaro voulait retenir le positif de cette semaine en région parisienne : « Aujourd’hui, on était un peu fatigué, on a aussi manqué de constance et de maitrise et à ce niveau, on le paye cash. Sur la fin, j’ai demandé aux garçons de prendre du plaisir et d’être fiers de ce qu’ils avaient fait. Amener une équipe guyanaise à ce niveau représente énormément et on espère revenir l’année prochaine pour aller chercher le titre. »

La deuxième finale de la journée, celle de Nationale 2 féminine, a suivi une physionomie similaire. Si les vice-championnes ultramarines de Case Cressonnière ont tenu le choc une mi-temps face à Colombelles, avec seulement deux buts de débours à la pause (14-16), elles n’ont pas pu tenir le rythme pendant soixante minutes. « On était en manque de rythme en début de match, on n’avait pas joué depuis longtemps. Il y aussi eu beaucoup de crispation, mais le handball n’a pas disparu, on a eu les armes pour surmonter cela », notait l’entraineur normand Paul Vardon. Et les armes que son équipe a montré, ce sont surtout la défense et les arrêts de gardiennes. Des parades, Victorine Lepresle en a réalisé quinze au total et, dans son sillage, Colombelles a fait le trou en cinq minutes en début de seconde période, en inscrivant un 4-0. Suffisant pour voir la fin du match avec sérénité, les Réunionnaises montrant quelques signes de fatigue bien compréhensibles. « D’autant qu’on est arrivé ici avec deux joueuses en moins et qu’on a encore deux blessées supplémentaires en début de semaine. Et face à une belle équipe, qui joue bien au handball, avec la fatigue, c’est difficile d’être lucide », soulignait Didier Ranguin, le technicien réunionnais, dont les joueuses n’auront pas réussi à rééditer l’exploit de l’année passée, où elles avaient terminé championnes de Nationale 1. « On sait que les saisons sont longues mais on a encore envie de revenir l’année prochaine. » Vainqueures 36 à 28 au final, les joueuses de Colombelles mettent un point final à une saison parfaite, avec un titre de Nationale 2 dans la poche, ainsi qu’une montée à l’étage supérieur.

Après avoir remporté la finale de la coupe de France fédérale il y a trois semaines, les filles de Celles-sur-Belle ont soulevé le trophée de Nationale 1 féminine ce samedi à Colombes // Photo FFHandball – Icon Sport

La performance de la journée est venu, comme la saison passée, du club réunionnais de Case Cressonnière. La section féminine avait remporté la finale de Nationale 1 la saison passée. Les garçons les ont imité en soulevant le trophée de Nationale 2 masculine, en s’imposant face au Chesnay en finale (34-29). Et le moins qu’on puisse dire, c’est que les joueurs en jaune et noir n’ont pas volé leur succès, tant ils ont dominé la rencontre. Portés par un fantastique Loic Sam-Caw-Freve dans la cage, auteur de dix-sept arrêts, Cresson a accéléré en seconde période après un premier acte serré, conclu sur un score de parité (16-16). Bien en place en défense, les Réunionnais ont pris quatre buts d’avance au retour des vestiaires, agrandissant leur avantage au fur et à mesure des minutes pour atteindre un maximum de huit buts à dix minutes de la fin. « Ca a été un match frustrant pour nous. On manquait de rythme et de rotations mais pourtant on avait les solutions. Mais on n’a sans doute pas eu la grinta qu’il fallait pour gagner une finale, face à une très belle équipe », soupirait après coup Denis Polydore, l’entraineur francilien. De son côté, Karyl Clicharana, l’entraineur de Case Cressonnière, ne cachait pas sa joie après que son club ait perdu ses cinq dernières finales nationales : « On a fait un gros boulot physique dès le mois de janvier pour arriver prêts ce weekend. On a quand même joué quatre matchs en deux jours, ce n’est pas rien. Mais on a montré un état d’esprit incroyable, même encore ce soir, quand on prend un carton rouge très tôt dans la rencontre. C’est super intéressant. »

En revanche, les Martiniquaises de l’Arsenal du Robert n’ont rien pu faire face à la tornade Celles-sur-Belle en finale de Nationale 1 féminine. Les métropolitaines ont pris les choses en main dès les premières minutes, en se reposant sur une grosse défense. Grâce aux ballons récupérés, elles ont pu accélérer en contre-attaque, et ce faisant, elles comptaient déjà cinq buts à la pause (15-10). Jamais les championnes ultra-marines n’ont été en capacité de retourner l’affaire après le repos. Lesly Briemant et Lorine Perrot ne sont pas faites prier pour enfoncer le clou, alors que les joueuses de l’Arsenal étaient punies de leur indiscipline par les arbitres. Après une fin de match à sens unique, Celles-sur-Belle l’emporte 35 à 21, un écart lourd au vu de la physionomie de la rencontre, qui était une revanche de la finale de nationale 2 de 2023, remportée par l’Arsenal du Robert. « Le club a su se reconstruire après la rétrogradation et on gagne la Coupe de France et le titre national l’année des 50 ans du club. Ce sont de beaux symboles qui viennent cloturer une saison historique pour le club », souriait l’entraineur tourangeau Maxime Martin après la victoire. « Ce soir, on avait le sentiment qu’en mettant du rythme pendant soixante minutes, on arriverait à les décrocher, et on ne s’était pas trompé. » De son côté, l’entraineur martiniquais Rodolphe Gina déplorait que ses filles aient « manqué d’essence en deuxième période. On se doutait que cela allait arriver, face à une très belle équipe. Nos joueuses n’ont pas démérité, elles ont tout donné, mais après quatre matchs en deux jours, c’était trop compliqué pour elles. »

Par Pierrick Tange

résultats des finalites nationales

Samedi 13 juin (Complexe sportif Marie-José Pérec, Colombes)
10:30 – Finale Nationale 3 Masculine : Geldar de Kourou (Guyane) vs Dijon MHB 26-40 (14-19) Feuille de match
13:00 – Finale Nationale 2 Féminine : Case Cressonnière (Réunion) vs CL Colombelles 28-36 (14-16) Feuille de match

15:30 – Finale Nationale 2 Masculine : Case Cressonnière (Réunion) vs Le Chesnay 34-29 (16-16) Feuille de match

18:00 – Finale Nationale 1 Féminine :  Arsenal du Robert (Martinique) vs Celles-sur-Belle 21-35 (10-15) Feuille de match