La JDA Bourgogne Dijon Handball dispute dans son palais des sports Jean-Michel Geoffroy son deuxième Final Four d’affilée. Après avoir échoué l’an passé face à Thüringer en demi-finale, l’équipe de Clément Alcacer croit cette fois en ses chances.
Ce n’est pas une statistique que l’on a envie de retenir. Les clubs français, masculins et féminins, ont participé à 17 Final Four depuis que cette formule sanctionne les saisons européennes. Et ils n’en ont remporté que deux : celui de Cologne, en 2018, et celui de Baia-Mare en 2021. Montpellier en Ligue des Champions masculine, et Nantes en Ligue européenne féminine sont en effet les seuls à être parvenus au bout de l’aventure. « C’est un rendez-vous toujours très particulier, reconnaît Estelle Nze Minko qui a participé aux cinq dernières éditions de celui de Ligue des Champions à Budapest, autant dans son format que dans son approche, en fin de saison, avec des adversaires capables de se transcender le temps d’un week-end. »
Sauf que Dijon a le privilège d’accueillir l’Europe dans son palais des sports Jean-Michel Geoffroy. Il s’agit d’une grande première pour le handball féminin français puisque seuls les garçons du H ont déjà organisé un tel événement à Nantes, au palais des sports de Beaulieu en 2013 et à la Trocardière de Rezé en 2016. Si l’on occulte évidemment la finale de la Coupe d’Europe Intervilles de 1957 au Vél’ d’Hiv, et les cinq finales de la Coupe d’Europe des Clubs champions de Coubertin entre 1959 et 1966.
Dijon sait tout ça. Sait aussi qu’à part Besançon et Nantes, aucune autre équipe féminine n’a emporté l’une des trois grosses coupes d’Europe. Mais l’année dernière, les joueuses de la JDA ont disputé à Graz les EHF Finals de la Ligue Européenne, et Christophe Maréchal, le directeur sportif du club, envisage cette première expérience comme un réel avantage. « Nous n’avions pas réalisé une belle demi-finale face à Thüringer, rappelle-t-il, mais nous avions trouvé les ressources pour aller chercher la troisième place face aux Allemandes de Blomberg. Je pense que l’on saura tirer les enseignements de ce parcours. »
Le premier élément de réponse sera connu le 16 mai, en toute fin d’après-midi. Les joueuses de Clément Alcacer seront en effet opposées aux Hongroises d’Esztergom, le club d’Emma Jacques, sans doute le moins expérimenté des quatre protagonistes. « Oui, sourit Clément Alcacer, mais Esztergom dispose néanmoins de jeunes joueuses championnes d’Europe U19 en 2023 et vice-championnes du monde U20 en 2024(Lea Faragó, Fanni Horváth, Emília Varga), et il serait vraiment désolant de tomber dans ce genre de piège. Chaque adversaire a ses qualités comme ses défauts, même si Thüringer dispose avec Johanna Reichert d’une joueuse qui a marché sur la compétition. »
Il n’empêche. Dijon ne se retrouve pas là par hasard. Également qualifiée pour la finale de la Coupe de France à l’Accor Arena de Paris-Bercy, la JDA a des arguments à opposer aux autres comparses, et notamment à Viborg, que Claire Vautier et ses partenaires ont terrassé à la BioCirc Arena. « L’an passé, insiste Clément Alcacer, nous découvrions tout à chaque match, notamment à Graz où les filles, nous nous en sommes rendu-compte en revoyant les images, ressemblaient à des lapins dans la lumière des phares. Mais nous avons payé pour voir. Et évoluer à domicile, devant la famille, les amis, nos supporters, est une chance incroyable qui va forcément nous offrir un petit supplément d’âme. De façon plus pragmatique encore, nous n’aurons pas de déplacement à effectuer, nous pourrons dormir chez nous la veille et l’avant-veille, et nous aurons absolument tous nos repères. »
Le souci est que Dijon n’avance pas avec toutes ses forces vives. En délicatesse avec son dos, l’expérimentée gardienne allemande Ann-Cathrin Giegerich n’a pas la pleine possession de ses moyens. La capitaine Sarah Valero, elle, pourrait bien effectuer son retour, mais elle n’a plus joué depuis le mois de février, remplacée au poste de pivot par Kenza Bougherch. Enfin, victime d’une fracture de la clavicule, la demi-centre Nadia Mielke-Offendal est forfait.
Mais la dynamique du club bourguignon reste intéressante. Les jeunes championnes U20 (Lilou Pinta, Nina Dury) ont emmagasiné une certaine expérience, et le récent passage de Claire Vautier et Maureen Gayet en équipe de France apporte une plus-value à une équipe qui doit encore, et c’est évidemment paradoxal, songer à valider une place en coupe d’Europe la saison prochaine. « Nous ne sommes que 5e en Championnat, rappelle Christophe Maréchal, et le challenge en Coupe de France sera compliqué face à Metz, alors que la Coupe d’Europe n’offre pas de billet automatique. »
Mais elle peut, en revanche, offrir une formidable bouffée d’oxygène, comme celle qui avait accompagné Pascale Roca, Isabelle Piel, Delphine Cendré et leurs copines en 1993 face au Rapid Bucarest. La fameuse finale dirigée par Caroline Steimetz qui venait de remplacer Dragan Zovko au pied-levé. Les conditions d’accueil en Roumanie avaient perturbé les Dijonnaises, tout comme le départ de la Biélorusse Tatiana Yeraminok, qui s’était enfuie par une fenêtre avant le match… Mais les temps ont changé, et la JDA sait désormais à quoi s’attendre…
PHASE FINALE
Final Four à Dijon – Palais des Sports Jean-Michel Geoffroy
Samedi 16 mai – Demi-finales :
15h00 : Thüringer HC – Viborg HK
18h00 : JDA Bourgogne Dijon HB – Mol Esztergom
Dimanche 17 mai : Finales
À 15h00 : places 3 et 4
À 18h00 : places 1 et 2