Paul Mourioux, l’entraîneur des Bleus revient sur la dernière semaine de préparation avant le Championnat du monde qui débutera le 23 juin prochain en Croatie.

« Quel bilan tires-tu de cette semaine à Lacanau ?

Ce fut une semaine intense et de grande qualité. Je suis plutôt agréablement surpris de l’engagement, l’investissement de la part de tout le groupe. Lors du Tournoi EBT, mais également par la suite, lorsque huit joueurs nous ont rejoint pour peaufiner notre projet de jeu.

A Vesseaux, comme à Lacanau, vous n’avez pas été mis en difficultés puisque vous n’avez concédé qu’un seul set en finale du Tournoi…

Nous aurions souhaité affronter des équipes plus expérimentées, mais ça n’a pas été possible. Maintenant, je suis convaincu que nous avions ce besoin de nous construire dans une espèce de confort, de sérénité. J’espère que nous pourrons puiser dans ce parcours la dose de confiance nécessaire pour aborder le Mondial de la meilleure des manières.

Justement, vous débuterez le tour préliminaire face à l’Australie, puis Oman, une excellente manière de vous situer après cette préparation.

C’est clair que nous serons vite fixés sur notre capacité à exister avant, je l’espère, de jouer notre carte au tour principal. Nous verrons alors si nous sommes capables de hausser notre niveau, mais surtout si nous avons la fraîcheur mentale et physique pour prétendre aux quarts de finale.

Pour en revenir au stage, qu’as-tu surtout cherché à travailler ?

Nous nous sommes appliqués à retrouver à l’entraînement l’intensité que nous avions eue pendant le Tournoi avec un niveau d’engagement et de fatigue forcément différents. Et puis nous avons bien sûr continué à mettre notre jeu en place avec un accent sur le rythme. Nous souhaitons privilégier le jeu rapide et dynamique, la vitesse d’exécution afin de mettre en valeur les qualités techniques et athlétiques de nos joueurs. C’est surtout vrai au niveau de la défense, une défense atypique, qui repose sur l’engagement, l’audace et l’intensité.

Ce sont ces critères qui ont guidé tes choix à l’instant de la sélection ?

Bien sûr, mais le moment du choix est toujours un moment compliqué avec les émotions qui traversent les uns et les autres. Un moment aussi fort que l’investissement de chacun pendant la semaine. Il y a de plus en plus de qualité dans le groupe France, de plus en plus d’homogénéité, et une vraie dynamique qui s’est installée grâce à cette concurrence. J’ai privilégié le projet collectif tout en gardant une ouverture vers le futur.

Ce moment du choix est-il un moment que tu redoutais particulièrement ?

Bien sûr. Les joueurs ne sont pas professionnels. Certains ont bloqué des congés, d’autres ont fait le choix de nous suivre plutôt que de participer aux finales européennes qui se déroulent actuellement à Trapani, en Italie. C’est aussi mon boulot de faire des choix. J’ai fait des choix tactiques. Seulement tactiques.

Dont celui de ne partir qu’avec un seul gardien…

Raphaël (Peres) a progressé de jour en jour au contact de Daouda Karaboué, mais Lucas (Pegurier-Boiron) présente toutes les garanties avec son expérience et la stabilité qu’il a affichée tout au long de la préparation. Il nous a montré qu’il était capable de tenir deux matches par jour en ayant un rôle majeur. Un seul gardien, c’est aussi la possibilité de trouver d’autres équilibres avec les joueurs de champ.

Justement, comment as-tu mûri ta réflexion ?

Nous n’avons qu’un seul pivot avec Axel (Deschamps), et nous avons souhaité aligner Corantin (Oudard) qui montre depuis deux ans qu’il est capable de postuler. L’autre choix sur le poste d’ailier est plus tactique, puisqu’un gaucher peut nous offrir des options différentes. C’est pourquoi nous avons préféré Paco (Nichelatti) à Seb (Desbonnet) qui réalise pourtant des performances de très haut niveau, mais qui manque peut-être d’un peu de confiance et de relâchement.  

Il y a dans cette équipe une vraie stabilité par rapport à la saison dernière…

C’est vrai, et c’est aussi un message que l’on souhaite faire passer. On demande des choses de plus en plus précises aux joueurs de l’équipe de France. Pour les réaliser, pour être joueur de Beach international, il faut jouer au Beach le plus possible. On voit que ceux qui pratiquent moins n’ont pas la même régularité.

L’investissement des joueurs a-t-il différent avec la perspective du Mondial ?

Je l’imagine, parce que disputer le premier championnat du monde de notre histoire est un moment exceptionnel qu’il ne faut surtout pas banaliser, mais nos joueurs sont impliqués dans le projet depuis un moment déjà, et ça s’est vu au cours de la semaine. »

LE PROGRAMME – France a masculine

19 au 21 juin 2026 : stage de préparation à la Maison du handball à Créteil

21 au 29 juin 2026 : Mondial IHF à Zagreb (Croatie)

LE GROUPE – France a masculine

GARDIEN : Lucas Pégurier-Boiron (GFCA Handball). SPÉCIALISTES : Baptiste Dubois (Montpellier Handball); Marius Inocencio (Union Sud Mayenne/Lacanau Ocehand); Horace Quintin (CS Vésulien Haute-Saône). AILIERS DROITS : Lawrence Akakpo (Vitrolles Handball); Paco Nichelatti (GFCA Handball). PIVOTS : Axel Deschamps (GFC Ajaccio Handball) ; Corentin Oudard (Andernos Handball Nord Bassin/Lacanau Ocehand). DÉFENSEURS : Benjamin Gallego (USAM Nîmes Gard/Lacanau Ocehand); Alexis Gilme (Courbevoie Handball).

LE STAFF – france a masculine

Sélectionneur : Patrick Teyssier. Entraîneur : Paul Mourioux. Entraîneur des gardiens : Daouda Karaboué. Analystes Vidéo/logistique : Thomas Brunel. Préparatrice physique : Solène Tossut. Médecin : Dominique Savelli. Kinésithérapeute : Franck Lagniaux.