Après plusieurs semaines de préparation, l’équipe de France U21 masculine va débuter l’EHF EURO mercredi en Roumanie. Elle y aura fort à faire dès le début de la compétition, dans un groupe où elle croisera le fer avec le l’Allemagne, championne du monde U19, le Portugal et la Grèce, mais espère bien intégrer les premières places afin de se qualifier pour le championnat du monde 2027.
C’est l’heure de vérité pour Guillaume Joli, le staff de l’équipe de France U21 masculine et leurs troupes. Ils ont embarqué vendredi, direction la Roumanie, où ils vont disputer le championnat d’Europe. Une compétition toujours plus relevée, où cette génération a eu du mal à figurer ces dernières années. A titre d’exemple, les Bleuets n’avaient pas passé l’écueil du tour principal au championnat du monde U19 l’été passé et avaient terminé douzième au championnat d’Europe U18 il y a deux ans. Preuve de la densité de la compétition européenne, où des nations comme le Portugal, la Suisse ou la Hongrie viennent s’ajouter aux traditionnels Danemark, Allemagne et Espagne comme concurrence pour les Tricolores. « Le niveau s’est considérablement relevé ces dernières années, et arriver dans le dernier carré est désormais une véritable performance. La différence de niveau entre les places de cinq à douze est infime et quelques détails peuvent faire perdre plusieurs places », souligne le sélectionneur Guillaume Joli. Il y a deux ans, sous la houlette de Yohann Delattre, les U20 avaient terminé à une anonyme dixième place de l’EHF EURO. Mais ont-ils les moyens de faire mieux cette année ?
Le tirage au sort, en tout cas, n’a pas été clément avec l’équipe de France. Placée dans le pot 2 lors du tirage au sort, elle a hérité de l’Allemagne, championne du monde U19 en titre, du Portugal – finaliste de l’EHF EURO U20 il y a deux ans -, et de la Grèce, encore assez inexpérimentée à ce niveau de compétition. « Pour moi, les Allemands sont favoris de la compétition, ils sont champions du monde en titre et cette génération 2006 ne les a jamais battus. Ils me semblent, avec le Danemark, avoir une longueur d’avance sur tout le monde », décrypte Guillaume Joli. Ses joueurs ont pu mesurer l’écart qui leur restait à parcourir pour rattraper la Mannschaft à l’Airport Trophy, en préparation, où ils ont sèchement été battus par les Allemands (21-28), après s’être inclinés face à la même équipe en janvier (25-29).. « Le Portugal n’a pas encore fait de gros résultats, mais c’est une nation qui travaille bien et qui monte en puissance. La génération précédente a fait finale du Mondial l’été passé et de l’Euro il y a deux ans. Pour moi, c’est un véritable outsider, à même de nous poser des soucis« , continue le sélectionneur, qui connaît également la sélection grecque pour en avoir croisé la route lors qu’il entrainait la génération 2006 en U17 : « Ca joue beaucoup à sept, c’est assez physique. C’est une équipe comme ça qui bénéficie du resserrement du niveau au championnat d’Europe pour créer la surprise. »

La mission pour les U21 est assez simple : finir dans les deux premiers de leur poule pour accéder au tour principal et espérer accrocher un ticket pour les phases finales. « Il faudra, pour cela, battre la Grèce qui me parait nous être inférieure, mais aussi faire un résultat face à l’Allemagne et/ou face au Portugal, ce qui n’est pas une mince affaire », prévoit Guillaume Joli, dont l’effectif s’est envolé vers la Roumanie sans Mathis Barelle et Tristan Gourguechon, tous les deux absents sur blessure. Il a en revanche sélectionné neuf joueurs qui étaient sur le terrain en Egypte avec les U19 l’été passé, dont la paire de gardiens Riss-Schultz, le capitaine Salomon Sonko-Basin et trois de ses quatre ailiers. « On n’a pas assez de marge et on n’est pas assez stable dans la performance pour s’autoriser de penser qu’on est déjà qualifié. Battre l’Allemagne serait un vrai exploit, compte-tenu de qu’ils ont montré face à nous depuis plusieurs années. Mais plus une série dure, plus elle a de chances d’être stoppée », sourit le sélectionneur, paraphrasant là Claude Onesta.
L’objectif fixé aux joueurs est simple : se qualifier pour le prochain championnat du monde U21, ce qui signifie finir dans les seize premiers de la compétition. « C’est un objectif intermédiaire, mais je sais que les garçons visent plus haut, au moins une place en quart de finale », dévoile l’ancien ailier, dont le groupe était ressorti particulièrement frustré du championnat du monde U19 l’été passée. Ils avaient manqué l’accessit pour les phases finales pour un petit point, avant de se remettre d’aplomb pour aller chercher la neuvième place. Mais avant de penser aux éventuels quarts de finale, il faudra d’abord passer au tour principal, puis se défaire de deux autres équipes parmi la Suisse, les Îles Féroé et la Serbie, qui boxe dans la meme catégorie que les Bleus. « On a une partie de tableau très dense, où seule l’Allemagne semble se détacher », termine Joli. En préparation, ses joueurs ont alterné le chaud, en battant l’Espagne, et le moins bon, face à l’Allemagne, justement. Avant de terminer, samedi, par une victoire face à la Roumanie, le pays-hôte (32-29). Désormais, il n’y a plus le temps de tergiverser, il faut foncer.
LE GROUPE convoqué
Gardiens : Timothé RISS (Dunkerque Grand Littoral) ; Wilson SCHULTZ (Pays d’Aix Université)
Ailiers gauches : Yoni PEYRABOUT (HBC Nantais) ; Noé THUILLIER (Limoges Hand 87)
Arrières gauches : Kenissa TRIAU-BETARE (Saran Loiret Handball)
Demi-centres : Alexandre BARADAT (Cesson Rennes, aussi arrière gauche) ; Sacha DURASNEL (Mainvilliers-Chartres Handball) ; Thomas OMEYER (Paris Saint-Germain Handball) ; Lucas RICHARD (SCO Angers)
Pivots : Victor GILDAS (Chambéry Savoie HB) ; Vincent GRESS HAYET (Saran Loiret HB) ; Cyprien SOL (Fenix Toulouse Handball) ; Salomon SONKO-BASIN (Saran Loiret Handball)
Arrières droits : Antoine CURCIO (Saint-Raphaël Var Handball) ; Samuel DUPUY (Saran Loiret HB) ; Tiago MARTIANO-KREMER (US Creteil HB)
Ailiers droits : Théo DUCAP (Paris Saint-Germain HB) ; Loan FELIX-ANDRIEU (Chambéry Savoie HB)
PROGRAMME ET RÉSULTATS de l’EHF EURO U20
EHF EURO U20M en Roumanie : du mercredi 8 au dimanche 19 juillet
Groupe A : Allemagne, Portugal, France, Grèce
Groupe B : Serbie, Suisse, Iles Féroé, Turquie
Groupe C : Islande, Espagne, Autriche, Lettonie
Groupe D : Danemark, Norvège, Croatie, Macédoine du Nord
Groupe E : Suède, Roumanie, Israël, Bosnie-Herzégovine
Groupe F : Hongrie, Slovénie, Tchéquie, Pologne
Tour préliminaire (à Cluj-Napoca, Roumanie)
Mercredi 08 juillet : Allemagne – France à 16h00 (heure française)
Jeudi 09 juillet : France – Grèce à 11h00 (heure française)
Samedi 11 juillet : Portugal – France à 16h00 (heure française)
Tour principal
Les deux meilleures équipes se qualifient avec les deux meilleures équipes du groupe B (Serbie, Suisse, Îles Féroé, Turquie).
Matchs les 13 et 14 juillet
Tableau final
Les deux meilleures équipes de chaque groupe progressent vers les quarts de finale (16 juillet), les vainqueurs se qualifient pour les demi-finales (17 juillet) puis la finale (19 juillet).
LE STAFF
Sélectionneur : Guillaume JOLI / Entraineurs adjoints : Jérémy ROUSSEL – Nathan HUBAUD / Expert des gardiens de but : Yohann PLOQUIN / Préparateur physique : Arnaud GAILLARD / Médecin : Éric RENAUD / Kinésithérapeute : Thomas SPINARDI / Chef de délégation : Alexis HUAULME