L’équipe de France U21 masculine a terminé sa campagne à l’EHF EURO par une dernière victoire face à l’Allemagne dimanche (36-35 t.a.b.). Un succès qui lui permet de terminer cinquième d’une compétition qui l’aura vue progresser sur et en dehors du terrain.

« Franchement ? Je fais partie d’un staff heureux qui dirige une équipe heureuse, donc je suis heureux ! » Le sélectionneur de l’équipe de France U21 Guillaume Joli avait le sourire aux lèvres dimanche soir, quelques heures après que ses garçons aient été chercher la cinquième place à l’EHF EURO 2026, en battant l’Allemagne au bout du suspense (36-35 t.a.b.). « Cela faisait dix fois de suite que les Allemands battaient cette génération de jeunes Français. Ça commençait un peu à énerver tout le monde, et les garçons ont su s’arracher pour mettre fin à cette série », continue le sélectionneur. Les Français terminent donc cinquièmes d’une compétition remportée par la Hongrie, qui a battu la Suède en finale (34-32). Si les Scandinaves n’ont laissé aucune chance aux Tricolores en quart de finale (28-39), qu’est-ce qui sépare nos joueurs du gratin mondial de cette génération, où se trouvent également les Danois et les Slovènes ? « Nos joueurs manquent un peu de vice, de maturité dans certains moments. La différence principale avec les équipes qui sont en demi-finales est sans doute que nos joueurs jouent majoritairement en Nationale 1, quand nos adversaires jouent en première ou en deuxième division, ce qui leur apporte une certaine expérience dans les moments clés. »

Néanmoins, le bilan de la campagne européenne, et même de la saison 2025/26, est largement positif. Certains joueurs se sont révélés en deuxième partie de saison pour jouer un rôle prépondérant au championnat d’Europe, à l’image du demi-centre Sacha Durasnel. D’autres, présents depuis plus longtemps, ont parfaitement tenu leur rôle. On pense au capitaine Salomon Sonko-Basin, revenu après avoir manqué les deux premiers matchs de l’EURO, ou à Kenissa Triau-Betare, qui est monté en puissance au fur et à mesure de la compétition. « J’avais beaucoup insisté sur la notion de progression, et je suis complètement satisfait. Les garçons se sont rendus compte que les valeurs de solidarité, de combat, d’abnégation sont essentielles à ce niveau de compétition. On ne peut pas arriver à faire des résultats sans se battre et les garçons ont énormément avancé là-dessus », se félicite le sélectionneur, qui n’oublie pas non plus de valoriser la progression handballlistique de ces hommes : « On s’est appliqué à être le plus rigoureux possible et nous avons, par moments, su développer un handball de très haut-niveau. On peut regretter notre incapacité à tuer les matchs, comme les deux fois face à l’Allemagne où on domine largement mais où on se fait remonter. »

Le demi-centre Sacha Durasnel aura été une des satisfactions individuelles du championnat d’Europe // Photo FRH – EHF

Ce que les Bleuets ont pu manquer à cause de leur manque d’expérience, ils l’ont rattrapé grâce à leur force de caractère. Si on excepte le quart de finale face à la Suède, où le bateau français a coulé sans personne pour le remettre à flot, le reste de la compétition a été marqué par des combats acharnés, souvent décidés dans les dernières minutes. Et dans des batailles âpres et indécises, les Français ont su progresser pour valider leurs objectifs. « On avait plusieurs niveaux. Le premier était de se qualifier pour le Mondial, ce qu’on a validé assez rapidement. Ensuite, c’était les quarts de finale et le troisième de faire monter la France dans le ranking. On avait rêvé plus grand mais on finit au meilleur rang qu’on pouvait espérer sans être dans le dernier carré, et cela correspond – je pense – à notre juste place », résume Guillaume Joli, qui tient également à préciser que la majorité des grandes nations de handball terminent au final derrière l’équipe de France. « Quand on regarde dans le rétroviseur, on voit l’Espagne, l’Allemagne, le Portugal et l’Islande. C’est dire à quel point cet Euro était dense et comme cette cinquième place est un très bon résultat. »

Il restera une dernière compétition, l’été prochain, à cette génération pour boucler la boucle. Le championnat du monde U21 sera encore l’occasion pour l’équipe de France de progresser, elle qui est passée de douzième à l’EHF EURO U18 il y a deux ans à cinquième le semaine passée, en passant par une neuvième place au Mondial U19 l’été dernier. « Cette progression est le signe que nos joueurs ont peut-être une maturité plus tardive, du fait qu’ils jouent en club à des niveaux moindres que certains de leurs adversaires. J’ai bon espoir que la progression continue sur la saison prochaine », continue Guillaume Joli, qui suit ces garçons depuis leurs débuts en équipe de France il y a cinq ans. Le sélectionneur n’a d’ailleurs pas caché son émotion dimanche soir, à l’heure de remercier son groupe et de lui souhaiter de bonnes vacances bien méritées. « Ce sont des garçons que j’ai vu grandir et auprès desquels je prends du plaisir à entrainer. J’ai eu, cette saison, un rôle différent, en faisant le lien entre eux et l’équipe de France A, et il se peut que cela reste comme ça dans le futur. Une chose est sûre, on finit l’année et l’aventure commune de ce mois sur une très belle note », termine l’ancien ailier droit. Fier du travail accompli par son staff, ses joueurs et l’ensemble du camp bleu-blanc-rouge.

LE GROUPE

Gardiens : Timothé RISS (Dunkerque Grand Littoral) ; Wilson SCHULTZ (Pays d’Aix Université)
Ailiers gauches : Yoni PEYRABOUT (HBC Nantais) ; Noé THUILLIER (Limoges Hand 87)
Arrières gauches : Kenissa TRIAU-BETARE (Saran Loiret Handball)

Demi-centres : Alexandre BARADAT (Cesson Rennes, aussi arrière gauche) ; Sacha DURASNEL (Mainvilliers-Chartres Handball) ; Thomas OMEYER (Paris Saint-Germain Handball) ; Lucas RICHARD (SCO Angers)
Pivots : Victor GILDAS (Chambéry Savoie HB) ; Vincent GRESS HAYET (Saran Loiret HB) ; Cyprien SOL (Fenix Toulouse Handball) ; Salomon SONKO-BASIN (Saran Loiret Handball)
Arrières droits : Antoine CURCIO (Saint-Raphaël Var Handball) ; Samuel DUPUY (Saran Loiret HB) ; Tiago MARTIANO-KREMER (US Creteil HB)
Ailiers droits : Théo DUCAP (Paris Saint-Germain HB) ; Loan FELIX-ANDRIEU (Chambéry Savoie HB)

PROGRAMME ET RÉSULTATS de l’EHF EURO U20

EHF EURO U20M en Roumanie : du mercredi 8 au dimanche 19 juillet

Groupe A : Allemagne, Portugal, France, Grèce

Groupe B : Serbie, Suisse, Iles Féroé, Turquie

Groupe C : Islande, Espagne, Autriche, Lettonie

Groupe D : Danemark, Norvège, Croatie, Macédoine du Nord

Groupe E : Suède, Roumanie, Israël, Bosnie-Herzégovine

Groupe F : Hongrie, Slovénie, Tchéquie, Pologne

Tour préliminaire (à Cluj-Napoca, Roumanie)
Mercredi 08 juillet : Allemagne – France : 31-30 (16-15)

Jeudi 09 juillet : France – Grèce : 31-27 (14-10)

Samedi 11 juillet : Portugal – France : 29-30 (13-17)

Classement : Allemagne 6pts ; France 4pts ; Portugal 2pts ; Grèce 0pt

Tour principal (à Cluj-Napoca, Roumanie)

Lundi 13 juillet : France – îles Féroé : 38-23 (19-14) ; Allemagne – Suisse 32-30 (15-15)

Mardi 14 juillet : Suisse – France : 29-26 (14-10) ; îles Féroé -Allemagne 30-34 (17-19)

Classement : Allemagne 6 points ; Suisse 4 points ; France 2 points ; îles Féroé 0 point

Tableau final

Quart de finale : Suède – France 39-28 (21-10)

Matchs de classement

Vendredi 17 juillet : France – Suisse 34-30 (19-17)

Dimanche 19 juillet : France – Allemagne 36-35 t.a.b. (17-12, 32-32)

LE STAFF

Sélectionneur : Guillaume JOLI / Entraineurs adjoints : Jérémy ROUSSEL – Nathan HUBAUD / Expert des gardiens de but : Yohann PLOQUIN / Préparateur physique : Arnaud GAILLARD / Médecin : Éric RENAUD / Kinésithérapeute : Thomas SPINARDI / Chef de délégation : Alexis HUAULME