Vingt ans après les pionnières de 2003, six ans après le titre de 2017, les filles de l’équipe de France sont de nouveau montées sur la plus haute marche du podium, ce dimanche, en battant la Norvège par 31 à 28 (20-17) en finale du championnat du monde IHF 2023. Elles ont conclu, notamment grâce à une première période de haute volée, une compétition où elles n’auront pas perdu un seul match.

Le sept de départ : Comme lors de la demi-finale gagnante face à la Suède, le staff choisir de laisser Oriane Ondono et Camille Depuiset en tribunes. Olivier Krumbholz reste fidèle à son sept de départ habituel, avec Laura Glauser dans les buts, Pauletta Foppa sur le poste de pivot et la paire Alicia Toublanc – Chloé Valentini dans les ailes. C’est la triplette Laura Flippes – Grâce Zaadi Deuna – Estelle Nze Minko qui est alignée d’entrée sur la base arrière.

Un rythme échevelé pour commencer

Comme lors de la demi-finale face à la Suède, mais contrairement au match du tour principal à Trondheim, l’équipe de France joue ce soir en blanc. La Norvège, qui a revêtu un inhabituel maillot bleu, donne le coup d’envoi dans une Jyske Bank Boxen remplie. Laura Glauser se signale immédiatement avec un bel arrêt à six mètres, et Chloé Valentini inscrit le premier but français dans la foulée. Les Bleues sont parfaitement rentrées dans leur partie et trouvent immédiatement des solutions en attaque. Elles ont même un peu de réussite, puisque les tirs de Tamara Horacek et Laura Flippes sont touchées par la gardienne norvégienne mais finissent tout de même au fond des filets (3-3, 5′). Les deux équipes s’échangent coup pour coup et aucune ne prend le dessus dans ce début de match. La Norvégienne Henny Reistad, comme attendu, est au four et au moulin, mais les ailières françaises ne ratent rien. Alicia Toublanc et Chloé Valentini, d’un beau lob, trompent Silje Solberg. Mais sur une perte de balle de Laura Flippes, Bakkerud donne pour la première fois de la soirée deux buts d’avance à la Norvège (5-7, 10′). Olivier Krumbholz entame ses premières rotations, avec les entrées d’Orlane Kanor, Léna Grandveau et Méline Nocandy sur le terrain. Dans la foulée, Tamara Horacek réussit le premier pénalty bleu de la soirée, mais Pauletta Foppa écope aussi de la première sanction disciplinaire, rendant inévitable l’arrivée de Sarah Bouktit sur le 40×20. Quelques instants plus tard, Chloé Valentini intercepte une passe pour marquer dans le but vide et remettre tout le monde à égalité (9-9, 14′). La sortie de Henny Reistad semble, au moins pour quelques instants, bouleverser les équilibres norvégiens. Les Françaises n’hésitent pas à punir les pertes de balle adverses, avec Sarah Bouktit et Léna Grandveau à la manoeuvre. Orlane Kanor n’est pas en reste. D’un missile à dix mètres, elle punit une défense scandinave passive, remet la France devant et force l’équipe adverse à prendre son premier temps-mort (13-12, 17′). Si Nora Mork ne rate pour l’instant rien à sept mètres, les Françaises continuent à tenir le rythme de folie de la rencontre. Coralie Lassource rate ? Pas de problème, puisque Pauletta Foppa gratte un ballon avant d’envoyer Lucie Granier finir le travail en montée de balle. Quelques secondes après que Laura Flippes ait offert, pour la première fois de la soirée, deux buts d’avance aux Bleues, Olivier Krumbholz pose son premier temps-mort (15-14, 22′). Estelle Nze Minko montre la voie, d’abord avec un tir en appui en bout de possession, puis sur une interception conclue face à Katrine Lunde. La France compte un temps trois buts d’avance, après que Tamara Horacek convertisse son deuxième pénalty de la soirée, et même quatre, alors que Méline Nocandy conclut une percée dont elle a le secret. Lucie Granier rate le ballon du +5, butant sur Lunde, mais les Tricolores continuent leur marche en avant. Elles rentrent au vestiaire avec trois buts d’avantage, malgré le dernier échec d’Alicia Toublanc, cinq secondes avant la pause (20-17, MT).

Solides en seconde période

Olivier Krumbholz fait le choix de lander Hadatou Sako à la reprise de la seconde période, tandis que Léna Grandveau sur le poste d’arrière droite est le seul changement notable parmi les joueuses de champ. Alicia Toublanc montre qu’elle ne compte pas ralentir le rythme en inscrivant le premier but français au bout de trente secondes. Léna Grandveau, touchée à la main, doit quitter ses partenaires et c’est Déborah Lassource qui fait ses premiers pas dans la finale. Cette sortie coincide avec un petit passage à vide pour les Françaises. Tamara Horacek rate le premier jet de sept mètres de la rencontre, tandis que les Norvégiennes montent tous les ballons. Il faut tout le sang-froid de Sarah Bouktit, encore sur penalty, pour les maintenir à distance (22-19, 35′). Pour une main au visage de Nora Mork, Estelle Nze Minko est exclue pour deux minutes, mais Hatadou Sako veille et stoppe la tentative de Skogrand. C’est encore elle qui détourne la tentative de Stine Oftedal , avant que Pauletta Foppa aille chercher un penalty que Sarah Bouktit transforme (25-21, 41′). Les défenses prennent le pas sur les attaques, dans une deuxième période complètement différente de la première. Les buts se marquent désormais sur des exploits individuels, et les Françaises en font à la pelle. Pauletta Foppa s’arrache pour inscrire un but et Hatadou Sako s’interpose face à Henny Raistad. A un quart d’heure de la fin, les Bleues sont toujours devant (26-23, 46′). Mais les Norvégiennes, poussées par le public danois, ont le vent en poupe. Lunde stoppe le sept-mètres de Sarah Bouktit avant que Camilla Herrem ne remette son équipe à une longueur. Après un temps-mort d’Olivier Krumbholz, Orlane Kanor sort un tir incroyable pour conserver un maigre avantage. En infériorité numérique, Léna Grandveau sort le grand jeu : un but après un beau un-contre-un, avant une interception sur l’engagement norvégien (28-25, 52′). C’est encore elle qui se glisse dans le dos de la défense pour redonner quatre buts d’avance aux Bleues, réduisant au silence la salle toute parée de rouge. La Nantaise décale encore Alicia Toublanc sur contre-attaque, mais celle-ci trouve la barre transversale alors qu’elle avait l’opportunité de donner cinq buts d’avance à la France. Le momentum change tout de suite de sens et la Norvège, grâce à Camilla Herrem, recolle à deux longueurs à cinq minutes de la fn (29-27, 55′). Léna Grandveau, malgré ses 20 ans, s’occupe de tout. Elle claque deux buts, dont un en appui en fin de possession, avant que Hatadou Sako ne fasse la différence avec un arrêt face à Skogrand. Les Norvégiennes perdent un dernier ballon, et le banc français peut exulter : la troisième étoile sera bientôt brodée sur la tunique tricolore. Le titre de champion du monde, qui avait échappé aux Bleues il y a deux ans, reviendra bien dans l’avion pour Roissy lundi matin. Car vingt ans après leurs ainées, les filles de l’équipe de France sont championnes du monde ! (31-28, FM)

Statistiques


France – Norvège : 31-28 (20-17)
Herning, Jyske Bank Boxen – 11000 spectateurs
Arbitres : Bojan Lah et David Sok (SLO)

France 
Entraîneur :
Olivier Krumbholz
Gardiennes : Glauser (4 arrêts / 20 tirs dont 0/4 pén), Sako (4 arrêts / 16 tirs dont 1/4 pén)- Nocandy (1/2), Toublanc (2/4), Valentini (4/5), C. Lassource (0/1), Zaadi Deuna (0/1), Flippes (2/2), O. Kanor (4/6), Horacek (5/6 dont 3/4 pén), D. Lassource, Foppa (1/1), Nze Minko (3/5), Granier (1/2), Bouktit (3/4 dont 1/2 pén), Grandveau (5/6)
Exclusions temporaires : Foppa (13′), C. Lassource (23′), Nze Minko (37′), Kanor (49′)

Norvège
Entraîneur :
Thorir Hergeirsson
Gardiennes : S. Solberg (2 arrêts / 16 tirs dont 0/4 pén), Lunde (7 arrêts / 23 tirs dont 2/3 pén) – Aardahl (1/3), Skogrand (0/2), Mork (8/10 dont 7/7 pén), S. Oftedal (6/7), Brattset Dale, Breistol, Ingstad, Bakkerud (2/2), Novak, Herrem (4/4), S. Solberg-Isaksen, Reistad (5/6 dont 0/1 pén), Hovden (2/2), Deila
Exclusions temporaires : Bakkerud (12′, 33′), Deila (28′)

DÉCLARATIONS

Olivier Krumbholz : Elles n’ont même pas tenté le rouge à lèvres avec moi ! Il y a énormément de plaisir et de joie, surtout pour les jeunes joueuses, celles qui n’avaient jamais connu ça. Il y en a un paquet qui n’étaient pas là en 2017. Tout le groupe a mis tous les ingrédients, on a passé le niveau supérieur de discipline et c’était obligatoire quand on voit le niveau du match d’aujourd’hui. On a été très, très bien, on fait moins d’erreurs qu’elles et à la fin, on gagne. Ce que fait Léna, c’est irréel, clairement, c’est elle qui fait basculer le match. Il fallait oser, des fois, il y a des choses qui se passent et on ne sait pas trop d’où ça vient, c’était un soir comme ça. Quand on voit des joueuses de son accabit, ou de celui de Sarah Bouktit, on se dit quand même que le futur a plutôt une bonne tête en équipe de France. Maintenant, il faut que les filles continuent à bosser si elles veulent arriver à faire le doublé. Mais on va les laisser savourer ce soir d’abord…

Hatadou Sako : Ce qui m’arrive c’est beau ! Ca valide quelque part la décision que j’ai prise il y a quatre ans. Je savais que tout ne serait pas simple mais aussi qu’avec les Bleues, il y avait un truc à faire. Ce soir, on a toutes tiré dans le même sens, comme depuis le début de la compétition. On m’a toujours donné la sensation que je comptais, que je pouvais apporter quelque chose à l’équipe. Je n’avais pas participé au premier match contre la Norvège, donc quand je rentre, je sais qu’on compte sur moi et que je me dois de donner le meilleur de moi-même. J’ai attendu ce moment là depuis si longtemps, je ne pouvais pas laisser tomber les filles et le staff. Et quand je fais le dernier arrêt, franchement, c’est fou dans ma tête. Trop d’émotions, trop de choses…incroyable !

Laura Flippes : Les filles qui emmènent le rouge à lèvres l’avaient dans leur sac alors on en a profité ! Ce qui se passe, c’est incroyable, on a du mal à réaliser, c’est un truc de fou. On a du aller chercher la victoire et le titre, il ne nous a pas été donné. Mais on a été super rigoureuses, on fait un match incroyable, une compétition où on ne perd pas un match donc franchement, on mérite ce qui nous arrive. C’est la victoire d’un groupe, d’une vraie équipe et pas seulement de quelques individualités. Si on perd un soldat, un autre est derrière pour prendre le relais. Pendant ce Mondial, on a montré qu’on avait la meilleure équipe du monde. On bat la Norvège deux fois en une semaine alors qu’il a parfois fallu attendre trois ans pour le faire…Forcément, ça donne confiance pour les Jeux, on a trouvé de la stabilité dans le jeu et de la stabilité émotionnelle à tous les niveaux. Mais on va d’abord savourer, profiter d’un peu de repos avant de commencer à y penser.

LA LISTE

Gardiennes : Camille DEPUISET (Metz Handball) – Laura GLAUSER (CSM Bucarest) – Hatadou SAKO (Metz Handball) 
Ailières gauches : Coralie LASSOURCE (Brest Bretagne Handball) – Chloé VALENTINI (Metz Handball) 
Arrières gauches : Orlane KANOR (Rapid Bucarest) – Estelle NZE MINKO (cap) (Gyor Audi ETO KC) 
Demi-centres : Léna GRANDVEAU (Neptunes de Nantes) – Tamara HORACEK (Neptunes de Nantes) – Méline NOCANDY (Paris 92) – Grace ZAADI DEUNA (CSM Bucarest) 
Pivots : Sarah BOUKTIT (Metz Handball) – Pauletta FOPPA (Brest Bretagne Handball) – Oriane ONDONO (Neptunes de Nantes) 
Arrières droites : Laura FLIPPES (CSM Bucarest) – Déborah LASSOURCE (Paris 92) – Océane SERCIEN-UGOLIN (Vipers Kristiansand)
Ailières droites : Lucie GRANIER (Metz Handball) – Alicia TOUBLANC (Brest Bretagne Handball) 

LE STAFF

Entraîneur : Olivier KRUMBHOLZ
Adjoint : Sébastien GARDILLOU
Entraîneure des gardiennes : Amandine LEYNAUD
Préparation physique : Pierre TERZI
Médecin : Cindy CONORT
Kinésithérapeutes : Cezare COCUZZA, Célestin DAILLY et Pierre GILLET
Analyste vidéo : David BURGUIN et Christophe CAILLABET
Psychologue : Pascal NIGGEL

Communication et relations médias : Diane PROUHET
Directeur Technique National : Pascal BOURGEAIS
Chef de délégation : Rémy LÉVY

RÉSULTATS ET PROGRAMME

Mondial IHF 2023 [Danemark, Norvège, Suède]
Jeudi 30 novembre au dimanche 17 décembre 2023 :

Tour préliminaire à Stavanger :
30 novembre à 20h30 :
France – Angola 30-29
02 décembre à 18h00 : Islande – France 22-31
04 décembre à 21h00 : France – Slovénie 31-27

Tour principal à Trondheim :

06 décembre à 18h00 : France – Autriche 41-27

08 décembre à 18h00 : Corée du Sud – France 22-32

10 décembre à 20h30 : France – Norvège 24-23

Quart de finale à Trondheim :

12 décembre à 17h30 : France – République tchèque 33-22

Demi-finale à Herning :

15 décembre à 21h00 : France – Suède 37-28

Finale à Herning

17 décembre à 19h00 : France – Norvège 31-28