Le match décisif face à l’Allemagne ravive le souvenir des J.O. de Paris et en particulier pour Dika Mem qui a confié, devant les médias, vouloir prendre sa revanche sur cet épisode douloureux.
Le dernier match face à l’Allemagne et la défaite en quarts de finale aux J.O. revient dans toutes les têtes. Que représente ce rendez-vous pour toi après la dramaturgie qui a marqué ce match ?
L’après J.O. a été un moment compliqué pour moi. Ça a pris du temps, mais j’ai réussi à faire le switch, en club comme en équipe de France. Aujourd’hui, c’est derrière moi. Si je dois prendre les derniers ballons, je les prendrai. Mon focus n’est plus du tout sur ce qui s’est passé il y a deux ans. Même si je marque le but de la fin, cela ne nous fera pas gagner les J.O., le rêve de tous de gagner à la maison. C’est un autre contexte, mais il y aura un peu un esprit de revanche, pour moi, c’est sûr.
Ce qui m’a le plus touché à l’époque, ce n’est pas l’opinion du grand public ou des médias. Ce sont plutôt certaines réactions de personnes qui connaissent le haut niveau, parfois d’anciens joueurs. Heureusement, j’ai aussi reçu énormément de soutien de la part des joueurs, actuels et anciens, et ça m’a beaucoup aidé.
Comment abordez-vous ce match difficile face à l’Allemagne ?
C’est une très belle équipe, avec de la profondeur à tous les postes, deux très bons gardiens, des joueurs jeunes déjà expérimentés, beaucoup étaient aux Jeux. Ce sera un gros quart de finale, très engagé. Ils veulent aller en demi-finales, nous aussi. Ce que j’ai dit au groupe ce matin ? C’est simple : de switcher. L’Euro est une compétition très dure. J’ai pris l’exemple de la Suède en 2018 : ils perdent des matchs et vont en finale. L’Euro est une compétition super compliquée : on n’avait plus notre destin entre nos mains et les dieux du sport nous ont donnés une chance pour jouer l’Allemagne. On n’a plus le temps de rester bloqué sur l’Espagne. Il fallait en parler, et d’essayer de comprendre ce qui n’a pas fonctionné pour préparer la suite.
Depuis les J.O. et la retraite internationale de grands anciens, comment ton rôle évolue-t-il dans le groupe ? Et comment te sens-tu dans cet Euro avec des performances irrégulières ?
J’ai un rôle important en équipe de France depuis plusieurs années, depuis Tokyo notamment. Mais c’est vrai qu’avec le renouvellement du groupe, certains jeunes viennent peut-être plus facilement vers moi aujourd’hui. À titre individuel, ce n’est pas ma meilleure compétition, c’est vrai. Il y a des hauts et des bas. Je suis en quête de stabilité, un mot qu’on m’a beaucoup inculqué depuis mes jeunes années. Mais je ne suis pas inquiet. Je sais ce que je peux apporter, physiquement je me sens bien, et les grands matchs, c’est ce qu’on aime jouer. Mercredi, je donnerai tout.