Le gardien de l’équipe de France revient sur ses performances depuis le début de l’EHF EURO 2026. Rémi Desbonnet évoque aussi le style très offensif des Bleus qui modifie le rôle des gardiens.

Une hiérarchie semble se dessiner au poste, avec Charles qui débute les matchs. Toi qui étais titulaire l’an dernier, comment tu vis cette situation ?
Je suis dans une situation un peu particulière, avec cette longue période sans jouer et un retour qui s’est fait pendant la préparation. Donc déjà, être ici, c’était un premier objectif, et je suis reconnaissant d’avoir pu le valider. Ensuite, évidemment, quand tu es là, tu as envie d’être performant. J’ai envie d’être plus décisif que ce que j’ai été depuis le début de la compétition. Mais une compétition avec l’équipe de France est longue, l’expérience me l’a appris. Aujourd’hui, Charles commence les matchs et il le fait très bien. J’ai eu mon moment aussi, notamment contre le Danemark, où j’aurais aimé être plus décisif. Je reste très confiant, en moi, en l’équipe et dans le staff. Que ce soit lui ou moi, l’objectif est clair : être décisif dans les matchs couperets qui arrivent.

On a l’impression qu’il y a énormément de tirs dans les matchs des Bleus. Plus de possessions, plus de shoots, donc mécaniquement des pourcentages qui baissent pour les gardiens. Ça change quelque chose pour toi ?
Pour les observateurs extérieurs, oui, ça change forcément la lecture des stats. Après, dans mon cas personnel, c’est quelque chose que je connais bien. Quand je suis sur le terrain, j’impulse souvent un jeu rapide, des relances, ce qui fait qu’on passe plus de temps en défense. Donc ce ratio-là, je le connais depuis longtemps. Ce que je retiens surtout, c’est qu’on n’a jamais marqué autant de buts. On est capables d’en mettre 35, 40 à tout le monde. Et il y a deux façons de voir le hand : soit tu encaisses un but de moins, soit tu en marques un de plus pour gagner. Collectivement, sans aucune démagogie, ce qui nous anime, c’est gagner. Même si c’est 43–42. En tant que gardien, ce n’est pas ce qu’on préfère, mais à la fin, si on est champions d’Europe, on signe tous.

Globalement, sur toute la compétition, on a l’impression que les pourcentages des gardiens sont en baisse. Tu le ressens aussi ?
Honnêtement, je reste très centré sur ma construction personnelle et sur le fait de retrouver du rythme. Je ne me compare pas trop aux autres. Il y a évidemment des performances énormes de gardiens, on en voit tous. Mais il y a aussi des matchs où le score s’envole. Le rythme et la densité physique montent chaque année, mais cette saison, j’ai l’impression qu’on atteint un vrai paroxysme. Dans notre équipe encore plus. Quand tu passes plus de temps dans ta zone, mécaniquement, tu encaisses plus de tirs. C’est plus exigeant.