Élu en charge des Pôles territorial et Beach Handball, le président de la Ligue de Normandie est venu soutenir l’équipe de France féminine de Beach en stage la semaine passée à la Maison du handball à Créteil. L’occasion d’évoquer l’actualité de la discipline, et notamment la réorganisation des compétitions nationales.

L’équipe d’Allemagne, double championne du monde, a partagé un stage avec l’équipe de France féminine la semaine passée à la Maison du handball. Le Beach allemand est-il l’exemple à suivre ?

Nous avons établi une véritable collaboration avec l’Allemagne, au niveau des équipes jeunes et seniors, et nous en sommes particulièrement fiers. Nous procédons à des échanges chaque année, et c’est évidemment un excellent moyen de progression. L’Allemagne aujourd’hui est la nation de référence, et nous avons besoin de ces confrontations à très haut niveau pour continuer à grandir, nous améliorer, et parvenir à nous installer à notre tour sur le grand échiquier européen et mondial.

As-tu déjà senti les premiers bénéfices de cette collaboration ?

L’année dernière, l’équipe féminine nous avait rejoints à Rennes et les filles ont réalisé derrière un bon parcours à l’Euro, et loupé de peu l’accès aux demi-finales. Les garçons se sont aussi retrouvés à Châteauroux, et ils se sont qualifiés pour la première fois au Championnat du monde. Nous accueillerons au mois de juin les jeunes, toujours à Châteauroux, et je suis sûr que ce sera pour nous tous un excellent moyen de préparer l’Euro.

On comprend aisément les motivations de la France à se préparer avec l’Allemagne. Mais quel bénéfice en retirent les Allemandes ?

Elles aiment ces moments de retrouvailles avec des rencontres à haute intensité qui leur permettent de continuer à progresser. L’équipe de France dispose d’une bonne qualité de jeu, mais elle a une marge de progression énorme, notamment dans les moments-clés, les moments de vérité. Nous sommes capables aujourd’hui de rivaliser avec la plupart des nations mondiales, mais il nous faut franchir un cap dans la gestion de ces moments-là. Et au-delà de l’aspect sportif, les Allemandes trouvent chez nous une vraie amitié, on la ressent dans la relation entre les staffs. Et puis il y a aussi l’aspect culturel. Je me souviens l’an passé à Rennes d’un atelier autour de la conception des galettes bretonnes qui avait fait passer un excellent moment à toutes les joueuses.

Les filles ne se sont malheureusement pas qualifiées pour le Championnat du monde de Zagreb, mais les garçons, eux, participeront donc à leur premier Mondial. Quels seront leurs objectifs ?

Toujours les mêmes : performer et essayer d’accéder aux quarts de finale. Nous n’avons toujours pas décroché de médaille dans les compétitions internationales, et je suis convaincu que le travail effectué depuis plusieurs saisons va bientôt payer.

La collaboration avec les clubs de handball est-elle la clé ?

C’est un élément à prendre en compte, oui. Nous sommes dépendants des joueurs de très haut niveau, ceux de Liqui Moly Starligue et de Proligue. Je suis convaincu que les joueurs qui performent au Beach seront plus performants à 7.

Les deux médailles à l’Euro des U16 féminines semblent indiquer que les différentes politiques fédérales commencent à porter leurs fruits…

Elles commencent à porter leurs fruits, oui. Je tiens d’ailleurs à souligner le gros travail effectué dans les territoires pour le développement du Beach Handball.

Justement, vous avez décidé de réformer les compétitions fédérales. Peux-tu expliquer le nouveau système ?

Nous avons souhaité calquer notre système sur le PPF. Il y avait jusqu’à présent des Intercomités pour les jeunes et la Coupe de France pour les adultes. Il y aura désormais trois niveaux de compétition : des Intercomités pour les générations 2011-2012, des Interligues pour celles de 2008 à 2010, et le Beach Handball Tour pour les adultes. Pour les deux premières, qui doivent faciliter la détection des meilleurs potentiels, il y aura des phases territoriales et intersecteurs, puis une phase finale. Pour le Beach Handball Tour, nous aurons cinq étapes réparties dans cinq territoires et le vainqueur, aux points, sera déclaré champion de France.

Les finales des Intercomités et des Interligues se dérouleront-elles à Châteauroux ?

Absolument, et je tiens d’ailleurs à remercier la Ligue Centre Val-de-Loire pour la qualité de son organisation à la Plaine Départementale des sports, l’engagement de tous, les bénévoles, les salariés, le département, le Comité de l’Indre pour la réussite de cette opération. Année après année, le niveau de jeu augmente et je trouve que les jeunes prennent de plus en plus de plaisir à venir au Beach et à vivre ces moments. Au travers de ces deux compétitions, comme je le disais, la priorité est de favoriser la pratique pour le plus grand nombre, mais aussi de détecter les meilleurs potentiels afin de renouveler les équipes de France jeunes.

Et il y aura donc cette nouvelle compétition fédérale, le Beach Handball Tour. Comment va-t-elle se dérouler ?

En cinq étapes avec des points attribués à chacune d’entre-elles. La première se déroulera à Vesseaux (23-24 mai), la deuxième à Ajaccio (5-7 juin), la troisième à Lacanau (12-14 juin), la quatrième à Saint-Nazaire (27-28 juin), et la dernière à Brest (11-12 juillet). Celles d’Ajaccio, Lacanau et Brest seront accolées aux EBT (European Beach Tour). De nombreux clubs ont déjà annoncé leur participation, et nous avons eu plusieurs candidatures pour l’organisation. L’objectif est d’avoir huit équipes garçons et huit équipes filles à chaque étape. Je n’ai aucun doute sur la réussite. Il y a de plus en plus de clubs en France, de plus en plus de licenciés.

Justement, combien y a-t-il de licences compétitives aujourd’hui ?

Au moment de cet entretien, 174, contre 119 l’an passé à la même époque. Mais au terme de la dernière saison, il y en avait 601, parce que le chiffre augmente forcément avec l’arrivée des beaux jours.

Les installations sont-elles à la hauteur de cet élan ?

Certains territoires ont fait des investissements portés par les collectivités sur des halles couvertes, des terrains… D’autres, comme l’Auvergne Rhône-Alpes par exemple, ne disposent pas de surface littorale, mais sont très dynamiques dans le développement. L’Île-de-France également.

L’IHF vient aussi de créer une nouvelle catégorie avec les U18/U19, et même un Mondial de la catégorie en 2027. Qu’en penses-tu ?

Tout ce qui participe au développement de la discipline est une bonne chose. Mais je ne sais pas si beaucoup de Fédérations seront capables de financer autant de compétitions. Et puis on apprend ça en pleine olympiade, c’est compliqué. Il faudrait un peu plus de stabilité pour une meilleure visibilité.

Qu’est-ce qui permettrait à la France, justement, d’avoir une meilleure visibilité ?

Le Beach Handball Tour est une première étape. Et puis nous allons continuer à structurer, à développer le Beach dans les territoires. Nous avons également besoin de médailles à l’international pour asseoir encore plus notre crédibilité. Ce que j’aime par-dessus tout, c’est le plaisir que l’activité procure et l’attrait grandissant.

Pour les athlètes comme pour les arbitres…

Oui, et je tiens à souligner le gros travail de Jérôme Rolland, membre du Pôle Beach et délégué IHF et EHF qui intervient dans les territoires pour détecter, former. Nous avons une paire composée par Dylan Gazeux et Julien Blanco à l’IHF, et une autre avec Corentin Loyer et Matis Verdier à l’EHF. Il y a la même attention portée aux OTM (Officiels de tables de marque) et aux délégués. C’est vraiment notre richesse et nous en sommes fiers.