Doyenne des internationales, Jeanine Claire s’est éteinte vendredi passé dans sa 96e année. Ailière gauche, Jeanine avait débuté sa carrière en bleu par une victoire à Paris, le 10 mai 1952, face à la Sarre, par 9 à 0… Unique succès d’une carrière internationale jalonnée par des sélections à 11 et à 7.
La FFHandball présente ses condoléances émues à ses fils Eric et Patrick, à l’ensemble de sa famille et à ses ami.es du Club France.
À partir de 1952, Jeanine avait honoré 8 sélections : les cinq premières en hand à 11 puis les trois suivantes en hand à 7.
Elle avait découvert le handball sur le bitume de la Croix de Berny alors qu’elle vivait chez sa tante, colocataire de Marguerite Viala. Cette tante qui lui a refusé sa première sélection, un match contre les Pays-Bas à Villemomble, parce qu’elle n’avait pas encore 18 ans. Jeanine Caire s’est vite rattrapée. Elle a été la première internationale à évoluer à onze puis à sept, entre 1952 et 1956. Elle a connu les matchs dans la boue crampons aux pieds, le Mondial 56 en RFA, le passage en salle, qui l’a, un temps, contrariée. Rapide, adroite, dotée d’un bon sens du jeu, elle préférait la liberté du onze, le jeu à l’instinct, les grands espaces qu’elle dévorait depuis son poste d’ailière.
Jeanine Caire a inauguré les premiers tirs en suspension, se délectait des tirs « à la ras paillette ». Son père était footballeur à l’OM, sa mère recordwoman du monde du 110 m haies, discipline aujourd’hui abandonnée. Elle a adoré le handball. A l’US Métro puis à l’école Simon-Siegel. A la Seyne-sur-Mer évidemment. Elle avait convaincu Aimé Martin, le président du RC Toulon de créer un club dans l’enceinte même du stade Mayol ! S’il y a du handball aujourd’hui dans ce coin de France, c’est grâce à Jeanine Caire. (Texte rédigé par Philippe Pailhoriès à paraître dans le prochain numéro de HandMag dédié aux équipes de France).
Extrait d’un entretien* à retrouver ici : https://www.ffhandball.fr/club-france-handball/
Lise Cardin : Avec l’équipe de France, il me semble que vous m’aviez dit, être allée en Grande-Bretagne ?
Jeanine Caire : Alors ça, c’est vraiment de l’anecdote ça et ce n’est pas du handball mais c’était avec des filles de l’équipe de France. Aujourd’hui, je peux le raconter c’est vieux plus personne ne dira rien. Ce sont les Wolf, un jour, qui m’appellent et qui me disent : « Tu as envie d’aller en Angleterre jouer au foot ? » Une connaissance d’un ami lui avait demandé s’il y avait une équipe de France de football, je n’ai pas cherché plus loin, je serais partie n’importe où pour m’amuser alors j’ai dit : « Oui, d’accord ».
On a fait cela deux années de suite, on a fait un tour des équipes, on nous prenait pour l’équipe de France de football. Il y avait du monde qui venait nous voir jouer, mais forcément quand on jouait contre l’équipe championne d’Angleterre on ne pouvait pas gagner ce n’était pas notre sport mais quel souvenir merveilleux.
Lise Cardin : Et jamais vous n’aviez dit faire du handball ?
Jeanine Caire : Jamais de la vie, on croyait qu’on était footballeuses. Il ne fallait jamais le dire et puis une des sœurs Wolf a rencontré une de ses élèves sur l’île de Man, ce n’était vraiment pas de chance.
Lise Cardin : Et finalement la Fédération française de handball n’a jamais su cette histoire ?
Jeanine Caire : Je n’en sais rien si elle l’a su, en tout cas, elle ne nous a jamais rien dit.
*Interviewée réalisée par Lise Cardin dans le cadre de sa thèse le 5 avril 2017 à Gentilly. Remis en forme en avril 2025 par le Club France handball et Jeanine Caire avec l’aide de Melvin Issardier son petit-fils.