Au milieu des supporters messins venus acclamer leurs championnes d’Europe, l’ailière droite de Metz HB et des Bleues rayonne. Au lendemain de la victoire au Final Four, Lucie Granier loue la capacité de l’équipe messine à triompher après avoir connu des échecs à répétition à Budapest.
En arrivant à Metz, au contact des supporters, te rends-tu compte davantage de la portée de l’exploit ?
Oui, je dirais que oui. On s’en rend compte quand on voit une partie des supporters faire le déplacement, quand une autre partie se retrouve aux Frigos pour nous suivre, et aussi à travers tous les messages que nous recevons.
Je ne sais pas si je réalise pleinement que nous sommes championnes d’Europe, mais ce dont je me rends compte, c’est à quel point nous sommes entourées. Et ça, ce n’est pas nouveau : c’est le cas depuis le début.
Qu’est-ce qui a changé dans votre approche ? Sont-ce les échecs précédents qui vous ont construites ?
Je pense que ça en fait partie. L’histoire et l’apprentissage se construisent à travers les expériences que l’on vit. Nous avons essayé d’apprendre de nos erreurs, aussi bien dans l’instant, pendant les matchs, qu’en amont.
À Budapest, la journaliste de l’EHF m’a demandé quelles étaient les clés de notre réussite, si nous avions trouvé la recette pour gagner ces matchs. Mais finalement, comme Manu nous l’a rappelé dans le vestiaire, il n’y a pas de formule magique.
Les clés, c’est nous. C’est ce que nous décidons de faire de nos expériences. Toutes ces situations ont forgé notre caractère.
Quels objectifs se fixe-t-on après une telle consécration ? Dans un mois, il faudra déjà repartir au travail…
D’abord, nous allons essayer de profiter un peu. De rester sur notre nuage quelques jours. La saison va tellement vite, avec tant de compétitions qui s’enchaînent. J’adore ça, mais la conséquence, c’est qu’on ne prend jamais vraiment le temps de savourer.
Alors nous allons profiter de cette coupe, de cette médaille, puis nous repartirons. Un grand monsieur, Olivier Krumbholz, disait que lorsqu’on atteint le sommet d’une montagne, il faut ensuite redescendre. Et si l’on veut gagner un nouveau titre, il faut repartir à l’ascension d’une autre montagne.
Il faut garder l’humilité de se dire que ce n’est pas parce qu’on a gagné aujourd’hui que l’on gagnera demain. Le travail devra être refait. Pas totalement à zéro, parce que nous conserverons les souvenirs et l’expérience accumulée, mais presque.