Le capitaine de l’équipe de France est l’invité de l’entretien du lundi en ouverture de la nouvelle saison des Bleus.
Après un si long break, que ressent-on lorsqu’on renfile la tenue bleue de l’équipe de France ?
C’est vrai que le temps a été long. Je suis très content de retrouver l’équipe et le staff, à la Maison du handball. Nous allons reprendre avec Talant et donner de la continuité au travail qui avait été fait sur les derniers rassemblements.
Pendant cette période, comment reste-t-on connecté à l’équipe de France ?
On reste connecté dans un premier temps avec les échanges entre nous, avec les échanges aussi qu’on peut avoir avec le staff. Et en même temps, on sait que le temps passe vite, les rassemblements sont rapides et courts. Mine de rien, on parle de notre dernière semaine avant le début de préparation pour un championnat du monde. Donc on va essayer d’optimiser ce temps-là parce que le Mondial c’est déjà presque demain.
Alors cette semaine internationale est consacrée aux qualifications à l’EHF Euro 2028. À la fois des matchs à remporter et un travail à mener en vue du Mondial…
Un petit peu des deux, forcément, ça a de l’importance parce que si on veut jouer l’Euro 2028, il faudra forcément se qualifier. L’objectif sera de gagner les matchs qui nous attendent et de nous centrer sur ces deux matchs-là. Mais on sait en même temps aussi que c’est une semaine où on doit profiter pour continuer de travailler, d’avancer dans ce projet-là avec Talant, de manière à être le plus opérationnel possible pour le championnat du monde.
Que peut-on attendre de ce premier match contre la Roumanie ?
L’idée est de retrouver des repères et de montrer que l’on maîtrise un peu plus le jeu demandé par Talant. Continuer à engager de la confiance, retrouver aussi le public français, porter à nouveau le maillot bleu, tout cela compte pour les joueurs.
Ce France – Roumanie, marquera des retrouvailles très particulières puisque la fédération roumaine a annoncé tout récemment la nomination de Cédric Sorhaindo au poste d’adjoint…
C’est un clin d’œil du destin. Tchouf a grandement contribué à l’histoire de l’équipe de France. Il a ensuite passé ses diplômes d’entraîneur et le retrouver sur le banc pour cette première expérience, c’est assez sympa. Cela montre aussi que le temps passe, qu’il a avancé personnellement dans sa vie et dans sa carrière. Jeudi, à Aix-en-Provence, on lui souhaitera évidemment le meilleur, même si sur ce match-là on souhaite une victoire de l’équipe de France.
Tu évoques sa formation d’entraîneur, c’est quelque chose qui anime aussi ton quotidien. Où en es-tu dans le process engagé avec l’IFFE ?
Dans un premier temps, même si j’espère jouer quelques années encore (Combien ? Le temps le dira) j’ai exprimé l’envie de me former. Ma volonté est de rester un joueur de très haut niveau et de commencer à préparer l’avenir. Je suis vraiment content de suivre la formation du niveau T5 dans lequel je me suis engagé. Je suis en train de passer des examens pour valider certains blocs de la formation. J’espère avancer au fur et à mesure des années pour préparer l’après et pour pouvoir basculer, par la suite, sur un effectif en club ou en sélection. Cela dépendra des opportunités à ce moment-là. C’est un domaine dans lequel j’ai envie de me dédier pleinement.
Depuis un an déjà, après ton passage à Veszprém, tu as retrouvé Barcelone. En quoi est-ce bénéfique pour toi d’avoir retrouvé tes repères en catalogne ?
L’expérience de Veszprém a été super enrichissante. J’en garde de très très bons souvenirs que ce soit personnel, sportifs ou avec ma famille qui était présente avec moi. Ça nous a fait évoluer, grandir, c’est une expérience qui a beaucoup compté. Et c’est vrai que d’être revenu à Barcelone, c’était particulier, il y avait beaucoup d’attentes. C’était un sacré défi de pouvoir convaincre à nouveau les dirigeants et le staff qui étaient déjà présents lors de mon premier passage. Je suis très heureux d’avoir fait une super saison l’année dernière et d’avoir remporté beaucoup de titres, notamment la Ligue des champions. Mais c’est vrai que le fait de revenir, d’avoir un contrat longue durée, ça permet d’avoir une stabilité, d’être confiant aussi pour l’avenir, de continuer à jouer et à performer dans le plus grand club du monde.
Pour revenir à l’équipe de France, il y a eu cet échec marquant lors du dernier Euro qui a entraîné le départ de Guillaume Gille et de Yohan Delattre. Depuis l’arrivée de Talant Dujshebaev et de Guillaume Joli, comment l’équipe de France évolue t’elle, à la fois dans son quotidien et dans le travail technique ?
Ce qui me parait important, avec le vécu et l’expérience, c’est de pouvoir s’adapter aux demandes de l’entraîneur. Gino avait son fonctionnement et je pense que l’effectif a toujours été en capacité de s’adapter à ce que lui souhaitait dans la vie de groupe et sur le terrain. Aujourd’hui, on est sur quelque chose de différent avec Talant, un entraîneur qui est peut-être plus axé sur la tactique par exemple. C’est à nous, les joueurs, de nous adapter à lui, même s’il fait aussi les efforts de son côté pour apprendre à connaître l’ensemble des joueurs et des mouvements qu’on pouvait utiliser par le passé. Mais je pense que c’est important justement de trouver cet équilibre là parce qu’au final, c’est l’entraîneur qui dirige. Des règles sont mises en place. À nous de les respecter. Cela se fait dans une ambiance totalement saine et avec pour objectif justement de performer sur la prochaine compétition et sur les années à venir.
Talant a effectué de gros progrès en langue française. La communication lors des entrainements s’effectue encore en langue espagnole. Pour toi, ce n’est pas déstabilisant, bien au contraire, non ?
C’est vrai que l’espagnol est une langue particulière à la fois dans le handball et dans mon quotidien. Talant apprend le français le plus rapidement possible. Il fait énormément d’efforts. Nous, on en fait aussi de notre côté et notamment pour les joueurs qui parlent espagnol pour essayer de traduire au maximum aux joueurs qui ne le comprennent pas. Guillaume Joli est aussi là pour remplir cette mission. Mais ça nous responsabilise et cela nous oblige à être concentré, à être assidus, à avoir une rigueur permanente. C’est ce qui caractérise aussi, je pense, Talant, donc l’un dans l’autre, on s’y retrouve tous.
As-tu, ainsi que l’ensemble des joueurs, bien conscience que dans deux mois, l’équipe de France va jouer une partie de son avenir olympique ?
Oui, bien sûr. Plus les années défilent, plus on mesure l’importance des compétitions. Ce Mondial offre la possibilité de se qualifier pour les Jeux et, en même temps, d’essayer de reconquérir en ajoutant une nouvelle étoile. Je pense que cela fait rêver tout le monde. C’est l’objectif affiché par Talant lors des premiers échanges qu’on avait eus avec lui. Nous sommes, comme les années passées, vraiment sur un objectif commun. Mais en tout cas, l’objectif est affiché et on mesure l’importance justement de ce Mondial pour ces deux raisons-là. Et j’espère qu’on sera en capacité de jouer les premiers rôles au mois de janvier.
Si les Bleus se qualifient pour le tour principal, il est probable d’y retrouver notamment la Croatie et l’Espagne, deux équipes qui vous ont fait souffrir sur le Mondial 2025 puis sur l’Euro 2026. Êtes-vous déjà animé par un sentiment de revanche ?
Oui c’est vrai mais dans un premier temps évidemment il faut jouer tous les matchs et l’objectif sera de se qualifier pour ce tour principal et alors de rencontrer des adversaires de haut calibre, donc comme le sont la Croatie et l’Espagne. Avec Talant, la forme de travail qu’il a au quotidien, il n’y a aucun doute sur le fait que dans la préparation en amont, tout sera fait pour justement pouvoir performer face à ses adversaires-là. Après ça reste du très haut niveau, ça reste aussi du sport, il peut tout se passer. Nous aurons le temps de nous y préparer, mais c’est vrai que ça va arriver assez vite et il faudra avoir le maximum d’armes possibles dans notre. Si on souhaite être champion du monde, il va falloir qu’on soit en capacité d’adapter notre jeu aussi face à des nations qui jouent de manière différente.
L’équipe du Danemark est quadruple championne du monde en titre. Il serait temps de mettre fin à leur série, non ?
Le Danemark est une très grande nation, c’est la réalité. Elle l’a démontré sur les dernières compétitions en figurant parmi les meilleures équipes, si ce n’est la meilleure en termes de résultats comptables, c’est à souligner. Les Danois se situent dans une période glorieuse comme l’ont été les Experts par le passé. À nous maintenant d’essayer de les déstabiliser et de ne pas faire perdurer cette série-là. Et nous, de notre côté, que l’on puisse retrouver notre superbe afin que le handball français puisse briller de nouveau.