Après l’annonce de la sélection des dix-huit joueurs ce lundi midi, le capitaine de l’équipe de France, Ludovic Fabregas, présente les objectifs sur l’EHF EURO 2026 qui débutera jeudi face à la République tchèque (18h, en direct sur beIN SPORTS).

Après cette série de matchs de préparation, quel bilan tirez-vous avant le début de la compétition ?

On a réalisé une très bonne préparation. Les matchs nous ont apporté beaucoup d’enseignements. Tout n’a pas été parfait, bien sûr, mais il y a eu énormément de choses intéressantes pour la suite. On a bien travaillé, l’état d’esprit a été très bon, aussi bien entre les joueurs qu’avec le staff. Tous ces points positifs vont clairement nous servir pour ce début de championnat qui arrive très vite.

Au poste de pivot, l’arrêt de Luka Karabatic change forcément les équilibres. Comment l’équipe s’est-elle adaptée ?

On s’est adaptés assez rapidement. On a un trio complémentaire. Nicolas (Tournat) apporte beaucoup offensivement, dans un registre différent du mien. Karl (Konan), lui, a un rôle essentiel, notamment défensivement. Il est un peu le patron dans ce secteur, celui qui « a les clés du camion ». Cette complémentarité sera importante dans la quête du titre européen, qui reste notre objectif principal.

Aymeric Minne semble désormais bien installé dans le groupe. Comment analysez-vous son intégration et votre relation avec lui ?

Aymeric, je le connais depuis longtemps, notamment grâce aux équipes de France jeunes. Il a su s’installer progressivement chez les A. Il a eu un rôle important à un moment clé du tournoi, notamment après l’absence de Nedim Remili, et il a gagné son temps de jeu grâce à ses performances sur les derniers matchs.

Sur le plan humain, on échange beaucoup. On essaie de développer des automatismes, d’avoir une relation de jeu plus forte. Il apporte énormément au collectif, que ce soit avec moi ou avec les autres. Il fait aussi le lien avec les joueurs qu’il connaît bien en club, notamment à Nantes.

Le niveau international semble de plus en plus homogène. Comment abordez-vous ce défi ?

Le niveau ne cesse d’augmenter, il y a de moins en moins d’écarts entre les nations. Mais c’est aussi ce qui rend le défi passionnant. On a la volonté d’écrire notre propre histoire avec ce groupe et de continuer à enrichir le palmarès du handball français. Évidemment, la concurrence est énorme, les équipes en face ont souvent le même objectif que nous. Ce n’est jamais simple. Mais c’est peut-être aussi ce qui nous différencie d’autres nations, voire d’autres sports. L’équipe de France est mise en avant quand elle gagne, et quand elle ne gagne pas, elle reçoit beaucoup de critiques. C’est le prix à payer pour être à ce niveau-là.

Quand on porte le maillot de l’équipe de France, il y a un devoir de résultat. On sait que l’objectif est difficile, mais on va tout faire pour aller chercher un nouveau sacre européen, ce qui serait historique après celui de 2024.

Le bronze lors du dernier Mondial a-t-il marqué un tournant pour ce groupe ?

Oui, clairement. Cette médaille a été importante pour nous. Le groupe a eu besoin de se construire, de rebondir.

Médiatiquement, au vu de tout ce que vous avez gagné, on a parfois l’impression que chaque compétition doit être un titre mondial. Est-ce que cet héritage peut devenir lourd à porter ?

Je ne dirais pas que c’est lourd, mais c’est une exigence. Quand tu entres en équipe de France, tu sais que tu as ce devoir de résultat. Tu connais l’histoire du handball français, donc forcément il y a une pression, des attentes très fortes.

C’est un défi que chacun doit relever, individuellement et collectivement, quand il porte le maillot bleu. Nous aussi, on a envie de marquer notre empreinte dans cette histoire. On en a les qualités.

Si tu repenses à l’EHF EURO 2024, qu’est-ce qui reste le plus difficile pour toi : certains matchs marquants, les conditions, les coups durs ?

Un peu tout, en réalité. Chaque compétition est différente, et on vit à chaque fois des moments particuliers, sur le terrain comme en dehors.

Je me souviens d’un Euro où on n’avait peut-être pas le jeu le plus spectaculaire ou le plus fluide, mais on l’avait remporté en restant invaincus. Gagner un championnat d’Europe sans perdre un match, ce n’est pas rien. Même s’il y a eu un match nul face à la Suisse, on était invaincus, et c’est quelque chose dont on était très fiers.

Aujourd’hui, le contexte est différent…

Oui, totalement. C’est une autre compétition, avec d’autres joueurs, dans un autre contexte. On va jouer la Norvège en Norvège, et potentiellement le Danemark au Danemark. Ce sera encore un cran au-dessus, encore plus difficile. Mais avec la volonté qu’on a, on peut aller chercher le titre. C’est l’état d’esprit du groupe. On est fiers de ce qu’on a fait par le passé, mais surtout très impatients d’écrire la suite.