À l’occasion du Movember, le docteur Fabien Forte, membre de la commission médicale de la FFHandball, sensibilise les hommes, en particulier les plus jeunes, au dépistage des cancers.
On parle beaucoup d’Octobre Rose pour la prévention du cancer du sein. Movember, c’est un peu le pendant masculin, non ?
Exactement. Movember, c’est un mouvement qui vise à sensibiliser au dépistage des cancers masculins, notamment le cancer de la prostate, mais aussi les cancers du testicule et de la verge. L’objectif, c’est d’inciter les hommes à se faire dépister, car comme pour le cancer du sein, un diagnostic précoce augmente considérablement les chances de guérison. On parle souvent de la vaccination HPV pour les jeunes filles, mais elle concerne aussi les garçons. Le papillomavirus peut être responsable de cancers génitaux chez les hommes.
C’est pourquoi il est essentiel de sensibiliser à la vaccination et à l’autopalpation, comme on le fait chez les femmes avec le sein. L’idée, c’est d’être attentif à soi et de consulter dès qu’un doute apparaît.
Il n’y a pas de dépistage de masse comme pour le cancer du sein. Pour la prostate, c’est une démarche individuelle, à discuter avec son médecin. Cela peut passer par un toucher rectal ou un dosage du PSA (antigène prostatique). Pour le testicule, il s’agit plutôt d’autopalpation et de vigilance. L’important, c’est d’en parler à son médecin pour évaluer le bénéfice du dépistage selon les facteurs de risque personnels.
La moustache, c’est le symbole de Movember. Pourquoi ce choix ?
Au départ, la moustache était un signe distinctif. Il y a une vingtaine d’années, ce n’était pas forcément à la mode. Le fait de la porter suscitait la question : “Pourquoi tu portes la moustache ?” Cela permettait d’expliquer la démarche et de sensibiliser au dépistage des cancers masculins. Aujourd’hui, avec le retour des barbes et moustaches, c’est peut-être moins marquant, mais le symbole reste fort.
Est-ce que le fait que ces cancers concernent l’appareil génital masculin rend le sujet plus difficile à aborder ?
Oui, c’est certain. Tout ce qui touche à la sexualité ou à l’appareil génital reste encore tabou.
Pour le cancer du sein, c’est différent : bien qu’il soit sexuellement identifié, il est plus facilement abordé dans l’espace public. Et puis, Octobre Rose est une campagne plus ancienne, plus installée, avec une communication très développée. Movember, lui, a encore besoin de se faire une place.
Octobre Rose est fortement soutenu par des partenaires comme la Caisse d’Épargne. Movember semble moins visible sur ce plan ?
Oui, c’est vrai car pour Movember, il n’y a pas encore de partenaire institutionnel fort, donc moins de visibilité. L’idée serait d’impliquer davantage la FFHandball et ses joueurs masculins pour faire passer le message auprès de tous les pratiquants, jeunes et moins jeunes. Ce serait un vrai levier de sensibilisation. C’est important, parce qu’on a souvent tendance à croire, quand on est jeune, qu’on n’est pas concerné par le cancer. Pourtant, certains cancers comme celui du testicule ou ceux liés au papillomavirus touchent des hommes jeunes. Le sport permet de normaliser le discours, de briser les tabous et de rendre le message plus accessible.