La nouvelle saison de la Ligue féminine de handball s’ouvre avec une nouvelle formule de compétition, fruit d’un travail collectif engagé la saison dernière. Pour Nodjialem Myaro, la présidente de la LFH, cette évolution témoigne aussi de la maturité grandissante de la LFH et, parallèlement, elle pose la question de la reconnaissance accordée au sport féminin.

La réussite de la nouvelle saison est-elle déjà en partie conditionnée par le travail réalisé la saison dernière autour de la réforme des play-offs et des play-downs de la Ligue Butagaz Énergie?

Oui, clairement. Même si on ne peut évidemment pas présager de ce qui va se passer cette saison, la saison qui arrive est, d’une certaine manière, le reflet de tout le travail de collaboration réalisé au cours de la saison écoulée.

La nouvelle formule de compétition découle certes d’une période de tension, notamment avec le passage à douze clubs. Mais une fois la décision actée, et avec le décalage d’une saison accordé pour permettre aux clubs de mieux se préparer, tout le monde s’est mis autour de la table pour construire ensemble la meilleure formule possible.

L’objectif est d’avoir une compétition ambitieuse, compétitive, et attractive sur le plan événementiel. Avec davantage de visibilité, notamment grâce au partenariat avec beIN SPORTS et au développement de la diffusion, on essaie de faire en sorte que les différents éléments se rejoignent : une compétition qui a davantage d’élan, qui est davantage montrée et qui puisse aussi attirer des partenaires économiques.

Si cette nouvelle formule fonctionne et qu’elle suscite de l’intérêt auprès du public et des partenaires, alors on aura vraiment réussi à créer cette dynamique.

Est-ce que cette capacité à se réformer et à construire collectivement est aussi le signe d’une certaine maturité de la LFH ?

Certainement. Pour cette nouvelle saison, on commence d’une manière plus mature. La LFH a aujourd’hui 17 ans. Comme dans toute croissance, on évolue, on grandit et on gagne progressivement en maturité. Il y a quelques années, une réforme de cette ampleur aurait peut-être été construite davantage au niveau fédéral, avec moins d’adhésion collective. Là, on s’est retrouvés face à une situation nouvelle et on s’est demandé : « Qu’est-ce qu’on fait ? Est-ce qu’on le construit ensemble ou pas ? » Tout le monde s’est mis autour de la table et a participé à la construction de cette nouvelle formule. Pour moi, c’est effectivement un signe de maturité.

Le manque de reconnaissance accordé au Metz Handball après son succès en Ligue des champions a-t-il révélé un problème plus large concernant la place du sport féminin ?

Il y a une vraie frustration. Bien sûr, il y a eu un concours de circonstances : le PSG et Metz se sont imposés à Budapest pour s’adjuger une même compétition européenne majeure. Le PSG a été reçu à l’Élysée. Forcément, cela pose la question de savoir pourquoi les garçons sont reçus et pourquoi une équipe féminine qui réalise également une performance exceptionnelle ne le serait pas.

Mais au-delà de la comparaison avec le PSG, il faut surtout regarder le parcours de Metz. C’est un club qui travaille depuis des années, qui a construit quelque chose et qui a remporté une compétition historique. Il y a aussi ce doublé si on inclut Dijon dans la réflexion.

Quand on parle d’égalité entre les femmes et les hommes, il faut aussi être capable de valoriser les réussites du sport féminin. Lorsqu’un club féminin atteint le sommet de l’Europe, il faut pouvoir le mettre en avant et l’accompagner encore davantage. C’est une manière de dire : « On vous voit, on vous reconnaît. »

La reconnaissance est essentielle. C’est même la base. Ne pas reconnaître une performance de cette ampleur n’envoie pas, selon moi, un bon message pour le sport féminin.

Il n’est jamais trop tard. À ce jour, aucune réponse spécifique n’a été apportée concernant cette réception. Des échanges ont bien eu lieu sur d’autres sujets, notamment le calendrier, mais cela ne signifie pas qu’il soit trop tard. Si le calendrier n’était pas le bon, cela peut être un argument compréhensible : on ne connaît pas les agendas des ministres. Ce serait sans doute moins spontané qu’une réception organisée immédiatement après le succès, mais il y a toujours la possibilité de faire quelque chose. Réparer les choses, ce n’est pas mal non plus.