À l’initiative de Priscillia Delanoix-Liegeard, la Ligue de Normandie a mis en place un dispositif de mentorat reposant sur une relation de proximité entre un arbitre expérimenté (mentor) et un jeune arbitre (mentoré). Au total, 11 binômes ont été constitués, répartis entre le secteur féminin et masculin, dont cinq binômes féminins. Une action menée lors de la saison 2025-2026 distinguée par le Prix des Postiers La Poste de l’Arbitrage 2026.

Ce samedi 17 octobre, la deuxième saison de ce dispositif de mentorat sera lancée par la Ligue de Normandie. Elle sera le prolongement d’une première saison qui a démontré son efficacité pour fidéliser les jeunes arbitres. Les jeunes accompagnés ont principalement entre 15 et 17 ans, les plus âgés ayant 18 ans. Les 11 binômes étaient répartis entre le secteur féminin et masculin, dont cinq binômes féminins. Un arbitre masculin a bénéficié également d’un suivi individualisé. Le suivi personnel permet de répondre rapidement aux difficultés rencontrées sur le terrain, de partager l’expérience des mentors et d’aider les jeunes arbitres à se projeter dans leur parcours. Et in fine, de favoriser la fidélisation du mentoré par une accentuation du sentiment d’appartenance à un groupe qui lui ressemble. Aussi d’ajouter des temps de cohésion indispensables à son épanouissement, et une considération de son investissement en qualité d’arbitres. C’est fort de son expérience personnelle que Priscillia Delanoix-Liegeard a imaginé ce dispositif original. « Les problèmes rencontrés lors de certains matchs peuvent également être démotivants pour les jeunes. Je suis moi-même arbitre et, lorsque j’ai commencé, mon père m’accompagnait régulièrement. Son soutien a été très important pour moi. J’ai donc voulu permettre à d’autres jeunes de bénéficier d’un accompagnement similaire, avant, pendant et après leurs rencontres. Et ainsi de revenir sur la genèse de cette opération : en faisant un état des lieux, nous nous sommes rendu compte que la principale difficulté était de fidéliser les jeunes arbitres. Pour les inciter à poursuivre, il fallait pouvoir les valoriser et les accompagner. Des encadrants peuvent parfois se déplacer sur les matchs, mais ils ne peuvent pas être présents partout ni intervenir immédiatement lorsqu’un problème survient. L’idée est donc de créer un lien de proximité entre les jeunes arbitres et des personnes expérimentées. »

Les tenues permettent d’ailleurs de distinguer facilement les différents acteurs : les bénévoles en tee-shirt blanc (dont Priscilla), les mentors un tee-shirt bleu foncé et les jeunes arbitres un tee-shirt bleu clair. (Photo DR).

Une reconnaissance nationale : le Prix des Postiers La Poste de l’Arbitrage 2026.

« C’est une grande satisfaction de voir ce projet reconnu à l’échelle nationale. C’est aussi une forme de reconnaissance pour tout le temps consacré à sa mise en place et à son suivi. Je n’ai pas porté cette action seule : la Ligue m’a accompagnée tout au long du projet, précise Priscillia Delanoix-Liegeard. Il faut aussi souligner l’engagement des bénévoles et des personnes qui poursuivent leur investissement d’une saison à l’autre. » L’action bénévole de Priscilla est à relever : arbitre et animatrice de l’école de handball dans son club de l’Amicale Laïque Buquet Elbeuf, elle est également administratrice auprès de la Ligue et responsable du pôle féminisation, en plus de son activité professionnelle. Sans l’engagement des bénévoles, ce type de dispositif ne verrait pas le jour.

Des mentors motivés.

À ce jour, les binômes poursuivent leur parcours, à l’exception des études qui conduisent à la séparation de quelques-uns. « Pour les jeunes, nous privilégions les profils inscrits dans le parcours de performance fédéral (PPF), qui représentent pour nous des arbitres à potentiel. Si nous avons besoin de compléter les binômes, nous pouvons nous tourner vers les arbitres féminines ou solliciter les comités afin qu’ils nous orientent vers d’autres jeunes susceptibles de progresser, rapporte Priscillia Delanoix-Liegeard. Les mentors ne sont pas désignés d’office. Nous avions lancé un appel à candidatures auprès des arbitres de plus de 25 ans ainsi qu’aux arbitres nationaux susceptibles de s’engager. Les personnes qui se sont manifestées le font donc volontairement, avec l’envie de s’investir dans le projet. »