Les meilleures éléments des générations 2010 et 2011 seront rassemblées, la semaine prochaine, à la Maison du Handball pour un premier stage national. Une soixantaine d’entre elles sont convoquées, pour un large tour d’horizon avant de voir la sélection réduite dans un futur proche, afin de former la future équipe de France U16F.

Alors que les plus grandes sont en préparation des championnats du monde prévus cet été, les plus jeunes pousses du handball français féminin vont connaitre leurs premières émotions à la Maison du Handball. Du 20 au 24 avril, ce sont une soixantaine des meilleurs éléments des générations 2010 et 2011 qui vont être rassemblées, pour un large tour d’horizon. Deux jeunes Belges et une jeune Tunisienne se joindront à elles dans le cadre des accords de coopération avec leurs fédérations respectives. « On a affaire à un panel de joueuses très hétéroclite, avec des joueuses qu’on connait très bien pour les avoir déjà eu pendant les Rassemblements Inter-Générationels [RIG] et d’autres qu’on a presque découvertes pendant les Interligues », souligne Eric Baradat, le responsable du Parcours de Performance Fédéral (PPF) féminin à la FFHandball. « On brasse très large, avec une soixantaine de joueuses, toutes à des niveaux différents de pratique, avec des caractéristiques différentes et qui vont, également, évoluer de façon très différentes dans les années à venir. »

Les RIG et les stages nationaux U16F sont deux systèmes complémentaires mis en place par la Direction Technique Nationale au sein du PPF afin de prospecter au plus large possible et de maximiser le renouvellement des élites du handball. « Nous avons trois niveaux d’évaluation : le premier, ce sont des filles que nous pensons très prospectives, bien identifiées et à qui on voit un avenir au plus haut niveau. Le second, ce sont des joueuses performantes aujourd’hui, mais dont la marge de manoeuvre nous parait plus restreinte, notamment à cause d’une maturité physique précoce. Le troisième, ce sont des joueuses dont on pense qu’elles ont une chance de percer, avec lesquelles il faut travailler mais au sujet desquelles nous n’avons aucune certitude », détaille le responsable du PPF. Les RIG offrent également des moments propices au travail individualisé pour les joueuses dites « prospects », celles qu’il pouvait être compliqué d’intégrer dans des collectifs compétition par le passé, sous peine de les décourager car moins performantes immédiatement. Avec des séances de travail personnalisés et sans opposition, elles arrivent désormais à intégrer des groupes compétition sur le moyen-terme. « Fatou Karamoko est une joueuse passée par les RIG, Nina Dury a fait les RIG et les stages nationaux et, à l’époque, Manon Errard n’était classée que parmi les prospects », énumère Eric Baradat, comme une preuve du bien-fondé du système.

Nina Dury, aujourd’hui internationale A, est une des joueuses de l’équipe de France A passées par les stages nationaux U16F – Photo FFHandball – Brool Video

Pendant les cinq jours à la Maison du Handball, les différents techniciens fédéraux vont évaluer les soixante joueuses sur divers critères. Le plus important reste bien sûr le physique, avec un point de détail crucial : « L’explosivité du train inférieur. Une fille qui n’est pas explosive au niveau des jambes n’a quasiment aucune chance d’aller au haut niveau. » Mais de nombreux filtres vont être apposés à l’observation des joueuses âgées de 15 et 16 ans. « Le champ émotionnel en est un. Une joueuse qui vient au stage avec quatre copines du pôle sera sans doute plus à l’aise qu’une autre qui ne connait personne », détaille Eric Baradat. « On essaye de regarder les joueuses dans leur globalité et leur quotidien. Depuis combien de temps la joueuse fait du handball ? Quel est son parcours de vie et son projet dans le handball ? » L’évaluation sera conduite, comme tous les ans, par un nouveau technicien responsable de pôle féminin. Cette année, c’est Vincent Legars qui aura la charge de la sélection nationale, même si, sur ce stage, il sera épaulé par plusieurs techniciens, dont Olivier De La Fuente, le sélectionneur des U18F, et Eric Baradat, celui des U20F.

Passée cette semaine d’évaluation et d’observation, Vincent Legars réduira son groupe à vingt-deux joueuses pour le prochain rassemblement à la mi-juin, puis à seize pour l’EHF European Championship, qui se tiendra en Suède à la fin juin. « Les huit à dix joueuses les plus prospectives en feront partie, entourées de joueuses que Vincent choisira comme étant celles les plus à même de faire gagner, à l’instant T, l’équipe de France », prédit Eric Baradat. Le but de cette première compétition ? Engranger des expériences utiles pour la suite. « Il faut que ces joueuses appréhendent le fait de jouer avec le maillot de l’équipe de France, qu’elles apprennent à gagner aussi », ajoute le responsable du PPF féminin, avant de terminer : « Mais toutes ces filles, qu’elles soient prises en juin ou pas, devront garder en tête que ce stage n’est qu’un point d’étape. Personne ne sera élu ou éliminé de quoi que ce soit à la fin de cette semaine. »

PROGRAMME ET RÉSULTATS

Stage National Excellence à la Maison du Handball : du 20 au 24 avril 2026

Stage de préparation à l’European Open Championship à la MDH : du 15 au 21 juin 2026


EHF European Open Championship à Gothenburg, Suède : du 28 juin au 04 juillet 2026

Groupe A : Hongrie, Croatie, République tchèque, Islande, Lituanie
Groupe B : Espagne, Pays-Bas, Serbie, Iles Féroé, Géorgie
Groupe C : France, Suède, Roumanie, Slovaquie, Finlande
Groupe D : Allemagne, Suisse, Norvège, Portugal, Turquie