Le week-end de Pâques verra les Trophées Michel Barbot – anciennement Intercomités – évoluer vers une nouvelle formule, avec non plus des finalités nationales uniques, mais sept plateaux différents, chez les filles et les garçons. Pour un plaisir identique, mais une encore meilleure détection des jeunes talents.

C’est une belle et emblématique page de l’histoire fédérale qui s’est tournée en juin passée, du côté du Palais des Sports d’Orléans. Après près de trente ans d’existence est venue l’heure de dire au revoir finalités nationales des Intercomités, un modèle certes historique mais dont le format ne correspondait plus aux enjeux d’aujourd’hui. Mis en place au milieu des années 90 par la Direction Technique Nationale, l’événement regroupant tous les jeunes licenciés de France a évolué, offrant des finalités nationales tous les mois de juin à trente-quatre équipes, filles et garçons confondus. « Mais le contexte a évolué, on retrouvait souvent les mêmes équipes dans ces Intercomités, avec des comités souvent représentés du fait de leur grand bassin de population », explique Eric Baradat, le responsable du Plan de Performance Fédéral Féminin (PPF) à la FFHandball.

A alors germé, il y a quelques années, l’idée d’une refonte de la compétition avec deux mots d’ordre : une détection des jeunes talents améliorée, et la conservation du plaisir pour les jeunes licenciés. « Quand on a fait les bilans, on s’est rendu compte que seulement 12 à 20% – selon les années – des individus présents dans les stages nationaux U16 étaient passés par les finalités Intercomités », continue Eric Baradat, qui a oeuvré comme l’ensemble des techniciens du PPF à la modernisation du processus, en poursuivant deux objectifs : « Le premier, tous les licenciés doivent être égaux face à la détection, qu’ils viennent de comités comprenant seulement une poignée de clubs ou des plus grands comités. La détection est un droit du licencié et nous tenions à ce que chacun en bénéficie. » Mais hors de question, néanmoins, de se focaliser uniquement sur le côté technique et détection de la compétition, bien que l’organisation des Trophées Michel Barbot en soit l’objectif premier. « Nous tenions aussi que tous les participants aient la même joie de participer aux Trophées Michel Barbot. Même si, comme lors de tout changement, on a pu rencontrer des réticences, je reste persuadé que tout le monde va y trouver son compte en voyant les jeunes être heureux à l’heure de soulever les quatorze trophées. »

Car il n’y aura plus un trophée masculin et un féminin, mais bien sept pour chaque, soit quatorze trophées Michel Barbot, tous décernés le weekend du 4 et 5 avril. Les comités ultramarins seront, comme auparavant, conviés à la fête. Le  Trophée Franck Chong Pan se disputera, en amont, à la Maison du handball, avant que les différentes équipes soient reversées dans les différentes finalités des Trophées Michel Barbot. « Cette nouvelle organisation permet à ce que chaque jeune licencié ait la possibilité de participer et d’être détecté, soit sous la bannière de son comité, soit au sein des équipes de regroupement. Nous avons comme mission d’aller gratter le terrain afin de ne laisser passer aucun talent de demain, continue Eric Baradat. Un joueur ou une joueuse d’un comité qui ne performait pas aux anciens Intercomités pouvait passer entre les mailles du filet auparavant. Notre objectif est que les mailles soient plus resserrées pour continuer à gratter le terrain toujours plus en profondeur. »

Sur le terrain, pour les jeunes, il n’y aura pas de différence notable. L’organisation sera un tantinet moins complexe qu’elle ne pouvait l’être dans l’Orléanais le premier weekend de juin, le déplacement peut-être un peu moins loin, mais pour le reste, les sensations resteront les mêmes. « C’était important de ne pas banaliser ce weekend, qui reste pour les licenciés un grand moment dans leur pratique. Nous voulons que le changement soit bénéfique pour la détection des jeunes filles et des jeunes garçons, mais que pour eux, le format soit tout aussi riche en émotions » continue Eric Baradat, dont la tâche, ainsi que celle de ses collègues du PPF, ne sera pas simple, avec sept plateaux à observer. Le tout, sous le regard bienveillant de Michel Barbot, l’ancien manager des équipes de France, qui nous a quittés en 2022. « Je souhaite que ces Trophées soient un moment festif, de rencontres et de convivialité, dans l’esprit de Michel Barbot, le père fondateur de la détection en France. Même si cette nouvelle orientation n’a pas été facile à décider, nous sommes persuadés que tout le monde n’en tirera que du positif », termine le responsable du PPF féminin.