Au lendemain de leur revers initial, les Bleues ont arraché un piètre match nul au bout d’une rencontre indigeste face au Brésil, 19-19 (10-7). Si le résultat n’est pas rédhibitoire, la qualité du jeu est autrement plus préoccupante. Le retour sur terre est brutal depuis deux jours. Prochain match à suivre mardi à 11h sur beIN SPORTS, face à l’Australie.

La nuit a certainement été courte pour les filles de l’équipe de France, seulement de retour en cours de soirée à leur hôtel samedi. Et forcément meurtries par cette entrée en matière négligée devant de la Corée. Mais pas le temps de tergiverser ni de s’apitoyer sur son sort. En ce dimanche beaucoup moins ensoleillé sur les hauteurs autour de Kumamoto, et même pas 24 heures après leur match d’ouverture, les Bleues devaient pourtant remettre cela… face au Brésil, une autre formation difficile à manœuvrer, elle aussi déjà qualifiée pour le tournoi olympique final de l’été prochain. Une nation également en repérage une semaine plus tôt à Tokyo, étrillée au passage par la bande à Amandine Leynaud, et par ailleurs impuissante face à l’Allemagne lors de ces premiers pas la veille sur ce Mondial. Autrement dit, un match aux couteaux et malheur au perdant dès cette seconde journée de compétition.

Olivier Krumbholz alignait le même sept au coup d’envoi, autour d’Amandine Leynaud, Pauline Coatanea, Camille Ayglon-Saurina, Grâce Zaadi Deuna, Manon Houette, Béatrice Edwige et Estelle Nze-Minko. Mais le scénario était différent, avec une entame favorable aux Auriverde (2-0, 6e), puis une prise en main progressive du tableau d’affichage par les Françaises (3-2, 9e ; 4-4, 18e ; 4-6, 19e ; 6-9, 26e).

Merci capitaine
Les trois longueurs du premier acte allaient vite se révéler insuffisantes au retour des vestiaires. En effet, au bout de six minutes, l’avantage était annihilé par le retour tonitruant de Brésiliennes survoltées. Pendant ce temps-là, la France se débattait dans ses travers offensifs subitement revenus. Entre un flanc droit inoffensif, un côté gauche plein de peps mais totalement hors de position, et des meneuses trop alternatives pour être dangereuses. Sans parler d’un axe central le plus souvent bouché et un manque criant de continuité pour pousser les ballons jusqu’aux ailes. Du coup, il fallait sans remettre à la défense afin de se maintenir au moins à flot côté score (11-11, 36e ; 13-13, 41e ; 15-15 ; 17-17, 56e), et surtout une Amandine Leynaud des grands soirs, à défaut de réussir pleinement à maîtriser les menaces adverses. Car passée la demi-heure, c’est une équipe sur le reculoir et en manque évident de rythme et de repères qui faisait face à nouveau au Brésil. Les démons de la veille étaient de retour au pire des moments. En face, le coach espagnol avait judicieusement sorti de sa poche la demoiselle du Fleury Loiret, Bruna de Paula, qui se rappelait au bon souvenir de la Ligue Butagaz Énergie, et mettait notamment au supplice une Estelle Nze Minko symbole des timings défaillants chez les Tricolores. L’arrière de Györ quittait d’ailleurs prématurément ses partenaires sur une troisième exclusion à l’entrée du money-time. Mais alors que l’on pensait qu’Alexandra Lacrabère avait encore sauvé la mise à ses partenaires (18-19, 59e). Eduarda Amorim rappelait à l’autre bout du terrain qu’elle restait une référence à son poste (19-19). Match nul. Balle au centre. Tout reste à faire pour un ensemble tricolore décidément fragile et plus que jamais dos au mur !

AGC

Les 12 arrêts (43 %) de la capitaine Amandine Leynaud ont évité une deuxième défaite à l’équipe de France (Photo FFHandball / S.Pillaud)

MONDIAL 2019 – Tour préliminaire
1er décembre : Brésil – France : 19-19 (7-10)

STATISTIQUES :
Arbitres : MM. Lah et Sok (Slovénie)
À Yamaga, City Overall Gymnasium – 2 000 spectateurs

Bresil : Gardiennes : Arenhart (0/1 jet de 7m), Arruda (tout le match, 5/22 arrêts, 1 but) – Joueuses de champ : de Paula (3/6), Martinez (0/1 dont 0/1), T. Araujo (3/4), Rodrigues (3/4 dont 1/1), Amorim (2/7), L. Araujo (1/1), de Castro (3/3 dont 1/1), Vieira (0/2), Menin, Anastacio, Matieli (2/4), Fachinello, Costa (1/2), Bolzan (0/1) – Exclusions temporaires : T. Araujo (24e et 37e), Amorim (25e).

France : Gardiennes : Leynaud (tout le match, 15/34 arrêts dont 1/2), Gabriel – Joueuses de champ : Nocandy (1/2), Coatanea, Ayglon-Saurina (1/3), Bouquet (3/4), Pineau, N’Gouan (0/1), Zaadi Deuna (2/3 dont 1/1), Houette (1/1), Sercien Ugolin (0/1), Flippes (3/3), Kanor (1/6), Edwige (3/3), Nze Minko (2/4), Lacrabère (2/4 dont 1/1) – Exclusions temporaires : Nze Minko (3e, 44e, 58e), N’Gouan (20e), Edwige (41e) – Carton rouge : Nze Minko (58e).

DÉCLARATIONS :
Olivier Krumbholz : Nous avons eu ce soir de très bons passages en défense. Mais l’attaque plonge manifestement, en placée notamment, avec des filles vraiment en difficulté. Il n’y a pas de continuité dans notre jeu et des filles qui refusent le tir, alors qu’en face le Brésil nous a posé énormément de problèmes avec ces profils de débordement. On n’y est pas et l’on ne sait pas pourquoi, malgré nos discussions et notre travail. Notre jeu se délite à la moindre difficulté. J’ai l’impression d’être revenu sept ou huit ans en arrière, lorsque l’on ramait à ce point en attaque. Nous sommes hésitants sur le terrain. Je n’arrive pas à me l’expliquer. Les ingrédients devaient être là pour battre cette équipe du Brésil. La sensation est désagréable que l’on aurait pu gagner ces deux matches-là, sans aucun problème en jouant comme depuis deux ans. Il y a un petit malaise. Ce n’est pas toujours facile car les filles sont pleines de bonne volonté, mais il manque la clef. Le match de l’Australie va nous permettre de jouer dans des conditions plus favorables. Ce sera peut-être le déclic pour la suite.

Camille Ayglon-Saurina : C’est un peu compliqué à analyser. Même si l’on ne prend que 19 buts, Amandine nous sort énormément de ballons, et le score est plutôt flatteur défensivement. Nous avons pourtant su mettre les ingrédients en première, beaucoup moins en deuxième. En attaque et sur nos montées de balle, nous avons subi la pression au fil de la rencontre. Nous voulions nous lâcher aujourd’hui sur le terrain, c’est encore raté. Nous avons vraiment trop de mal à mettre de la continuité dans notre jeu, trop peu de ballons arrivent à l’aile. Tout le contraire de ce que l’on a produit ces derniers temps. Il y a tellement de choses à améliorer. Nous n’avons plus le choix, ni toutes les cartes en mains. On ne sait même pas si des succès sur l’Allemagne et le Danemark suffiraient. Nous n’en sommes pas là et surtout très loin du compte en ce moment.

Grâce Zaadi : Je n’ai pas de mots et aucune analyse à chaud, je suis particulièrement dégoutée. Hormis l’aspect handball, il y a le physique et l’agressivité notamment qui ne relèvent pas de la tactique, et je trouve déjà que l’on a été défaillantes sur ces points-là. Je ne comprends pas ce qui se passe sur le terrain, on n’arrive pas à se lancer ou trouver des solutions. Je sors frustrée d’un tel match, on peut ne pas produire un beau jeu, mais on doit au moins relever le défi physique. C’est notre identité, notre ADN, nous sommes normalement des filles orgueilleuses, et nous avons perdu cette âme sur le terrain. Cela me rend triste. On perd par exemple trop de duels défensifs. C’est une question d’entraide aussi.

La frustration et la déception d’Estelle Nze-Minko qui n’a pas terminé la rencontre après sa 3e exclusion temporaire. (Photo FFHandball / S.Pillaud)

LA SÉLECTION : Gardiennes : Catherine GABRIEL (Nantes LA) – Amandine LEYNAUD (c) (Györ, Hongrie) / Ailières gauches : Chloé BOUQUET (ES Besançon) – Manon HOUETTE (Metz HB) / Arrières gauches : Orlane KANOR (Metz HB) – Estelle NZE-MINKO (Györ, Hongrie) / Demi-centres : Méline NOCANDY (Metz HB) – Allison PINEAU (Paris 92) – Grace ZAADI (Metz HB) / Pivots : Béatrice EDWIGE (Györ, Hongrie) – Astride N’GOUAN (Metz HB) / Arrières droites : Camille AYGLON-SAURINA (Nantes LA) – Alexandra LACRABÈRE (Fleury-Loiret) – Océane SERCIEN-UGOLIN (Paris 92) / Ailières droites : Pauline COATANEA (Brest Bretagne HB) – Laura FLIPPES (Metz HB)
Joueuses en réserve : Roxanne FRANK (ES Besançon) – Tamara HORACEK (Paris 92) – Pauletta FOPPA (Brest Bretagne HB) – Gnonsiane NIOMBLA (Siofok, Hongrie).

LE STAFF : Entraîneur : Olivier KRUMBHOLZ / Adjoints : Sébastien GARDILLOU et Christophe CAILLABET / Analyste Vidéo : David BURGUIN / Préparation physique : Pierre TERZI / Médecin : Cindy CONORT / Kinésithérapeutes : Célestin DAILLY, Pierre GILLET et Guillaume ROUSSELIN / Préparateur mental : Richard OUVRARD / Directeur Technique National : Philippe BANA / Assistant : Philippe RAJAU / Relation Media : Diane PROUHET.

MONDIAL IHF 2019, à Kumamoto (Japon) du 30 novembre au 15 décembre
Le tirage :
Groupe A : Pays-Bas, Norvège, Serbie, Slovénie, Angola, Cuba
Groupe B : France, Danemark, Allemagne, Corée, Brésil, Australie
Groupe C : Roumanie, Hongrie, Monténégro, Espagne, Sénégal, Kazakhstan
Groupe D : Russie, Suède, Japon, Chine, Argentine, République du Congo

Le programme : en direct sur beIN SPORTS
Tour préliminaire : 30 novembre au 6 décembre

30 novembre : France – Corée : 27-29 (13-12)
1er décembre : Brésil – France : 19-19 (7-10)
3 décembre à 19h (HF : 11h) : France – Australie
4 décembre à 19h (HF : 11h) : Allemagne – France
6 décembre à 20h30 (HF : 12h30) : France – Danemark (et sur TMC)

Tour principal : 8 au 11 décembre
Demi-finales : 13 décembre
Finales : 15 décembre