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J.O. masculin 2008
Article extrait du n°111 (septembre 2008) du magazine HandMag - Rédactrice : Émeline Henique.

Les clés du paradis
L’épopée dorée des Experts s’est principalement construite au fil des semaines qui ont précédé le rendez-vous pékinois et au fil des minutes de ce tournoi olympique. Mais elle trouve ses plus antiques fondements bien avant. Dans ces rendez-vous manqués, dans une tradition accouchée par les générations Bronzées - Barjots - Costauds, et dans un collectif définitivement taillé pour les sommets. Retour - en sept thèmes - sur un périple devenu légende.

L'héritage de Barcelone
L’image était forte, et chargée de symboles, d’émotions, quand quelques minutes après le sacre, les Experts ont rendu hommage à Jackson Richardson sur le parquet du National Indoor Stadium de Pékin. Oui, l’instant était magique. Divin, même. Tant il était attendu, désiré depuis si longtemps. « Depuis seize ans », précise Joël Abati, doyen de la troupe dorée à Pékin. Depuis qu’une joyeuse bande avait offert au handball français du bronze, conquis sous les latitudes barcelonaises. Déjà, face à l’Islande. C’était à l’âge de pierre, l’âge où tout était à faire, à construire. Les Bronzés - Costantini aux manettes - emmenés par les Volle, Gardent, Richardson, Stoecklin, venaient de poser les fondations, d’ouvrir la route. Jamais récompensée avant cette escapade espagnole, l’équipe de France de handball avance alors à grands pas. Vice-champions du monde en 1993 en Suède, les Bronzés deviennent Barjots au moment du sacre mondial en Islande, en 1995. Après la déception d’Atlanta en 1996, des visages disparaissent « mais l’âme reste », comme le dit si souvent l’exemplaire capitaine des Experts, Olivier Girault. Après trois années de « disette », les Costauds se couvrent de gloire en devenant, pour la seconde fois, champions du monde, à Paris en 2001. Daniel Costantini fait alors ses adieux à la scène, c’est Claude Onesta qui prend la relève et décroche deux médailles de bronze au mondiaux du Portugal (2003) et Tunisie (2005). Avant d’écrire un nouveau chapitre au palmarès avec le sacre européen, en Suisse, en 2006. Et l’Or suprême en 2008. En seize années, l’équipe de France n’a manqué aucun rendez-vous international. Elle a participé aux cinq dernières olympiades et aux huit championnats du Monde et d’Europe. Plus significatifs encore, les Bleus ont décroché dix médailles (4 d’or, une d’argent et cinq de bronze). « Cette médaille d’or, c’est avant tout le résultat et la récompense d’un gros travail effectué depuis quinze ans », rappelle Thierry Omeyer. Digne héritier, comme ses camarades, de la fièvre barcelonaise.

Les frustrations
Si l’histoire est belle et glorieuse, le parcours jalonné de médailles, certaines épopées ont néanmoins laissé un goût âpre, des souvenirs tristes et douloureux dans les cœurs et les têtes des différentes générations de handballeurs tricolores. On pense bien sûr aux désillusions d’Atlanta en 1996, où tout le monde attendait des Barjots rien de moins qu’un podium. Puis à Sydney, en 2000, dans un contexte certes différent, mais aux conséquences toutes aussi cafardeuses.

Depuis 2001, la génération Onesta n’a pas été épargnée. Les deux premiers rendez-vous internationaux se soldent - certes - par des médailles de bronze. Puis c’est l’or européen en 2006 et la consécration d’une nouvelle génération. Mais le rendez-vous olympique d’Athènes en 2004 - comme ses prédécesseurs - ne réussit pas aux Français. Bien sûr, au moment de retrouver la Russie en quart à Pékin, les réminiscences des échanges grecs ont hanté les esprits. « Je n'ai pas besoin de beaucoup réfléchir pour me souvenir d'Athènes, reconnaissait Onesta à l’aube d’affronter les hommes de Maksimov. Mais c'est une autre histoire, c'était il y a quatre ans, les joueurs ont changé... » La cicatrice de 2004 a - depuis - été gommée. Mais, de tous les traumatismes, de toutes les souffrances, de toutes les plaies, la plus béante, la plus difficile à cicatriser fût sans doute celle du championnat du Monde 2007, en Allemagne. Et cette terrible demi-finale face à la Mannschaft à Cologne. « Mais on apprend à surmonter ces moments, ça nous rend surtout plus forts, promettait en mai dernier, lors du TQO le meilleur joueur du monde version 2007 Nikola Karabatic. Il y a tellement d’autres matches, tellement d’autres opportunités à vivre… » Il ne croyait pas si bien dire…

Le capitaine des Experts, Olivier Girault. (Photo FFHandball / S.Pillaud).

La culture du travail
On se souvient de leurs visages fatigués au Tournoi de qualification organisé à Bercy, en mai. Epuisés par une saison ininterrompue, intense, par la succession des matches en clubs, des compétitions internationales, des rendez-vous qualificatifs. Mais on se souvient - surtout - qu’ils avaient fait le travail. Malgré l’épuisement, malgré l’usure. Ils étaient même sortis invaincus de cette épreuve élémentaire, de ces débats décisifs sur la route de Pékin. Puis, ils avaient évoqué les vacances tout de même. Mais s’étaient retrouvés plus prompts que jamais à l’aube de la saison estivale pour débuter la préparation. Dans la chaleur des Alpes, d’abord, ils ont versé sueur sans avarice. Puis, les trois matches amicaux face à la Russie et l’EuroTournoi n’ont fait que renseigner un peu plus sur la détermination, la mobilisation du groupe. Et cette volonté, cette dynamique ne les a jamais quittés au fil du tournoi olympique. A tel point que quelques minutes après la finale, Claude Onesta, rendait hommage à cette culture du travail, à ses hommes. « Cette équipe est réellement tournée vers le très haut niveau. Après cette médaille, je pense surtout à toutes ces semaines passées ensemble à préparer le rendez-vous. Je les revois en stage, lors de la préparation physique. Je me souviens d’eux, appliqués, assidus, mobilisés. »

La blessure de « Fernand »
Elle aurait pu tout bouleverser. L’équilibre dans le jeu, l’efficacité de la stratégie élaborée par Onesta et son staff, aussi. Lorsque l’arrière droit français – meilleur buteur tricolore de tous les temps – est sorti, grimaçant, la main douloureuse dans les derniers instants de la première période face à la Croatie le 14 août, la terre bleue a tremblé. Malgré le succès encourageant devant les champions olympiques en titre (23-19), la causerie d’après-match était teintée d’inquiétude. « Il va falloir se creuser la tête si Jérôme… Quand on connaît son influence, son poids sur ce côté droit », confiait d’abord Claude Onesta. « On a tous un peu peur pour lui », lâchait, à son tour, Bertrand Gille. Quelques heures plus tard, le forfait du grand Fernand était officialisé. Très vite, le joueur de Barcelone prit la décision de rester à Pékin, pour finir l’aventure qu’il avait commencée. Il se mua en premier supporter, dissimula sa peine, la transforma en encouragements. Très vite aussi, Cédric Burdet - le gaucher - rassura tout son monde. Et on comprit que cette équipe de France était décidément très solide.

Main droite fracturée face à la Croatie lors du 3e match, Jérôme Fernandez s'est ensuite mué en supporter à Pékin. (Photo FFHandball / S.Pillaud).

Fins tacticiens
Plus forts et plus hauts physiquement, les virtuoses français ont aussi été – bien souvent – plus intelligents dans le jeu, dans la guerre tactique avec l’adversaire. Le travail en amont produit par le staff, communiqué et partagé avec les joueurs, a permis aux Bleus de contrecarrer les stratégies adverses, de rester calme, « de ne pas s’affoler », selon les termes du coach. L’exemple le plus saisissant reste le scénario de la demi-finale face à la Croatie. Les Croates et leur jeu lent, leurs attaques interminables. Le schéma était clair. Étouffer Ivano Balic pour étouffer la Croatie, d’abord. Puis ne pas laisser les hommes de Lino Cervar s’adonner à leur pratique favorite, les contraindre à bouger plus que de raison. Et même quand Bertrand Gille, chargé de monter la garde auprès de Balic, a reçu sa deuxième exclusion temporaire, l’équation n’a pas été faussée. Nikola Karabatic, puis Daniel Narcisse ont pris le relais. « On ne s’est pas affolé », résumait ce dernier. Les Bleus, jamais. Leurs adversaires, c’est une autre histoire…

Chercheurs d’Or
Jérôme Fernandez avait imaginé le scénario parfait au crépuscule d’un Tournoi de qualification olympique brillamment orchestré par les Bleus. « Passer le premier tour tranquillement pour se concentrer sur le quart. Ensuite, faire le rouleau-compresseur comme en 2006 lors du sacre européen et, dans l’euphorie, décrocher l’or. » Il avait aussi confié que l’objectif, à Pékin, serait d’une clarté sans pareil. « Se hisser, au moins, en demi-finale. » Au moins. Cet esprit conquérant, ce désir farouche, cette fureur de vivre le plus longtemps, de vaincre, surtout, n’a jamais quitté les Bleus en terre de Chine. Déjà, face au Danemark, dans la dernière répétition, ils s’étaient appliqués à répéter les gammes, à huiler, affûter les outils. Par la suite, ils n’ont jamais dévié de la trajectoire. Après chaque opposition, ils demeuraient concentrés, impénétrables, obsédés, même, par le travail bien fait. Par la réussite. Leur seul pas de côté fût cet échange indécis, sans vie, avec la Pologne (30-30), qui ne mit pas davantage de cœur à l’ouvrage que les Bleus. Mais un écart, minime, et sans conséquence. Juste que ces Experts ne voulaient pas choisir le prochain adversaire. Quand bien même on aurait pu comprendre qu’ils veuillent éviter la Russie. Et bien non. « Quand on veut l’or, on doit pouvoir battre tout le monde », coupait Girault. On aurait compris, aussi, qu’ils se laissent aller à quelques effusions, quelques moments de contentement après la victoire face aux Russes, justement. Encore plus, après la Croatie. Il y eut bien des yeux rougis. Quelques mots teintés de joie, de bonheur. Mais le discours, lui, demeurait égal. « Maintenant, le plus difficile sera de gagner cette finale », annonçait Abalo. « On va se reconnecter sur ce dernier match », ajoutait Karabatic. Rien, non, n’aurait pu déjouer leurs plans, fausser la mélodie. Ils la voulaient trop, depuis trop longtemps, cette breloque dorée. Et ils la méritaient, surtout.

Ensemble
Ce mot est presque devenu leur hymne. Ensemble. Soudés, unis dans une même souffrance, dans les mêmes sacrifices, les mêmes combats. Jamais les Français ne se sont éparpillés. Et toujours, ils ont rappelé à l’ordre, précisé la pensée : « non, je ne suis pas un héros », clama ainsi Daniel Narcisse, auteur d’un but mythique face aux Croates en demi-finale avant de louer l’effort, le travail collectif, la force de la masse plutôt que les prouesses individuelles. Cédric Burdet, lui aussi rayonnant devant Balic et ses camarades, ne dit pas autre chose : « Je savais que Daniel serait sous haute surveillance. J’ai profité de cette opportunité. La force de cette équipe, la raison de ses succès, c’est son impressionnante complémentarité. » Contrairement à l’Euro en Norvège et - dans une moindre mesure - au Championnat du monde 2007, Claude Onesta a changé la distribution des cartes. Et décidé de mettre tout le monde à contribution dès les premiers échanges avec le Brésil. Il est d’ailleurs de ceux qui racontent le mieux cette communion, ce plaisir de vivre les uns à côté des autres, d’avancer main dans la main : « Je crois que chacun a fait abstraction de tous les egos, de toutes les envies individuelles pour se fondre dans la dimension collective. Mais pas celle où personne ne vit, au contraire, c'est l'auberge espagnole. Tout le monde vient, apporte son histoire, la raconte aux autres... La relation entre le staff et l'équipe est également particulière. Nous sommes constamment dans l'échange. Il n'y a pas ceux qui obéissent et ceux qui décident. »

Il y a ceux qui avancent en ordre de bataille. Il y a cet équilibre, cette capacité à trouver les ressources au fond de chacun. Ainsi, tour à tour, les Bleus se sont substitués, sacrifiés, puis révélés aux moments les plus opportuns. Pour apporter la pierre de plus. Que ce soit le capitaine Girault - catalyseur - Mickael Guigou - pourtant diminué mais toujours paré à servir la cause, ne serait-ce que quelques minutes. Que ce soit Didier Dinart - l’inamovible - ou Daouda Karaboué, doublure de luxe. Que ce soit Christophe Kempé ou Cédric Paty, acharnés. Que ce soit Cédric Burdet, opportuniste et brillant, ou Daniel Narcisse, aérien et décisif. Que ce soit Luc Abalo - magicien - ou Omeyer, démentiel. Que ce soit Bertrand Gille, monstrueux ou son frère Guillaume, enthousiaste. Que ce soit Jérôme Fernandez, triste sire mais grand seigneur. Que ce soit Abati - l’éternel. Que ce soit, évidemment, Nikola Karabatic, demi-centre altruiste au fil des jours, puis buteur infernal de la finale. Que ce soit le staff, aux petits soins, capable - aussi - de les laisser voguer au vent jusqu’au bout du rêve. Jusqu’à ce graal, jusqu’à ce podium où ils ont refusé de monter autrement qu’à quinze. Autrement qu’avec le grand Fernand. Autrement qu’ensemble.

Résultats :
Tour préliminaire : France
- Brésil : 34-26 / France - Chine : 33-19 / France - Croatie : 23-19 / France - Espagne : 28-21 / France - Pologne : 30-30
Quarts de finale : France - Russie : 27-24
Demi-finale : France - Croatie : 25-23 / Islande - Espagne : 36-30
Finale : France - Islande : 28-23

 
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